La commission créée au sein de la Grande Assemblée nationale de Turquie s'ouvre sur une crise : Constitution, droit ou İmamoğlu ? Le « bras de fer » a commencé !
La commission constitutionnelle, créée au sein de la Grande Assemblée nationale de Turquie et qui travaillera pendant 8 semaines, a fait monter la tension entre l'AKP et le CHP dès le premier jour. Alors que Beştepe cherche un terrain d'entente pour une nouvelle Constitution, le CHP souhaite mettre à l'ordre du jour la question d'İmamoğlu et les pratiques de mise sous tutelle.
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La Commission constitutionnelle, créée au sein de la Grande Assemblée nationale de Turquie et dont les travaux sont prévus pour durer 8 semaines, a fait monter la tension politique dès la première semaine.
Selon l'article d'İsmail Saymaz, le palais présidentiel (Beştepe) nourrit l'espoir que la commission aboutisse à une « nouvelle Constitution pour tous ». Cependant, la détermination du CHP à mettre sur la table les questions des nominations d'administrateurs judiciaires (kayyum) et des maires incarcérés, en commençant par le cas d'Ekrem İmamoğlu, a mis le feu aux poudres.
RÉACTION SÈCHE D'ÖZEL : « JE NE LUI PRÉPARERAIS MÊME PAS UNE OMELETTE »
Le président du CHP, Özgür Özel, a soutenu dans une déclaration faite le 29 juillet que le gouvernement de l'AKP ne présentait pas un profil propice à l'élaboration d'une Constitution.
« On ne peut pas faire une Constitution avec quelqu'un qui ne respecte pas la Constitution. Quelle Constitution avec toi ? Je ne te préparerais même pas une omelette (menemen) », a déclaré Özel, précisant qu'ils participeraient à la commission, mais que cela ne signifiait pas pour autant la rédaction d'une Constitution.
Par ailleurs, lors de son discours à Kahramankazan, Özel a insisté sur les valeurs de la République : « Nous ne laisserons personne planter un clou dans les colonnes de la République. Nous sommes à la fois les fondateurs et les gardiens de ce pays. »
« NOTRE OBJECTIF PREMIER N'EST PAS UNE NOUVELLE CONSTITUTION »
Le président du Parlement, Numan Kurtulmuş, a quant à lui atténué les accents mis sur une nouvelle Constitution, définissant la mission de la commission comme une « volonté de paix sociale et de solution légitime » :
« Nous ne sommes peut-être pas en train de rédiger une nouvelle Constitution au sein de cette commission, mais nous allons formuler des messages de fraternité et agir ensemble. »
Selon Saymaz, une tendance influente au sein du Palais présidentiel soutient que la mission fondamentale de la commission est de « parachever l'élan fondateur de la République ». Selon cette approche, la nouvelle Constitution devrait être construite sur la base d'une conception de la citoyenneté englobant tous les citoyens — Turcs, Kurdes, Alévis, Sunnites — « non pas seulement de nom, mais en droit ».
Cependant, ces cercles ne voient pas d'un bon œil le fait que le CHP porte à l'ordre du jour de la commission la situation du maire d'Istanbul, Ekrem İmamoğlu, les pratiques de mise sous tutelle et les opérations visant les maires.
LE CHP VA DÉBATTRE DES OPÉRATIONS À LA TABLE
Le camp du CHP, quant à lui, souhaite voir la Commission constitutionnelle comme une plateforme de « production de droit et de démocratie ». À l'ordre du jour du CHP figurent :
Les procès visant Ekrem İmamoğlu,
La levée des nominations d'administrateurs judiciaires,
La libération des maires incarcérés.
Il est précisé que ces sujets revêtent autant d'importance que les débats sur la nouvelle Constitution.
UN BRAS DE FER A COMMENCÉ ENTRE L'AKP ET LE CHP
Le champ d'action de la commission ne se limitera pas à la seule Constitution. Il est prévu de développer des propositions dans des domaines tels que les réformes juridiques, la loi sur les partis politiques, le droit électoral, les compétences des administrations locales et la loi sur l'exécution des peines.
Cependant, selon İsmail Saymaz, cette commission sera le théâtre d'un bras de fer entre l'AKP et le CHP, articulé autour de la question : « Constitution, droit ou İmamoğlu ? »