Interdiction de congés pour les travailleurs du tourisme : la décision est officialisée

Selon la nouvelle loi entrée en vigueur avec la signature du président Erdoğan, les travailleurs du secteur touristique ne pourront désormais prendre leur jour de repos que tous les 10 jours, et non plus chaque semaine. De plus, malgré ce rythme de travail intensif, ils ne percevront aucune rémunération pour les heures supplémentaires effectuées.

12punto

Avec la nouvelle réglementation adoptée par la Grande Assemblée nationale de Turquie, les conditions de travail dans le secteur du tourisme ont été radicalement modifiées. Selon la loi entrée en vigueur avec l'approbation du président et président du parti AKP, Recep Tayyip Erdoğan, les employés travaillant dans les établissements d'hébergement certifiés par le ministère de la Culture et du Tourisme ne travailleront plus six jours par semaine, mais dix jours consécutifs. Ils ne pourront prendre leur repos qu'au 11ème jour.

Ce nouveau système met fin au régime de 6 jours de travail suivis d'un jour de repos (6+1), appliqué depuis de nombreuses années dans le secteur, pour instaurer un système de 10+1.

L'un des points les plus marquants de la loi est que si les travailleurs, qui travaillent pendant 10 jours, sont amenés à travailler durant leur jour de repos, ces périodes ne seront pas comptabilisées comme des heures supplémentaires. En d'autres termes, les employés contraints de travailler pendant leur repos hebdomadaire ne recevront aucune rémunération supplémentaire pour ce travail.

Par ailleurs, la loi ne contient aucune disposition précisant quand et comment les jours de repos hebdomadaires non pris devront être accordés.

OFFICIALISÉ

La nouvelle loi est entrée en vigueur au Journal officiel avec la signature du président et président de l'AKP, Erdoğan.

La loi stipule ce qui suit :

ARTICLE 9- Les phrases suivantes ont été ajoutées au premier paragraphe de l'article 46 de la loi sur le travail n° 4857, datée du 22/05/2003.

« Toutefois, le repos hebdomadaire auquel ont droit les travailleurs des établissements d'hébergement certifiés par le ministère de la Culture et du Tourisme dans le cadre de ce paragraphe peut être accordé dans les quatre jours suivant le jour où le droit a été acquis, sur demande écrite ou avec l'accord du travailleur. Dans ce cas, la partie du travail effectué par le travailleur durant son jour de repos hebdomadaire, correspondant à la durée normale de travail quotidien, n'est pas prise en compte dans le calcul des heures supplémentaires. Le travailleur peut retirer son consentement en informant l'employeur par écrit trente jours à l'avance. »

La Constitution et la loi sur le travail garantissent toujours au travailleur un droit à 24 heures de repos ininterrompu tous les 7 jours. Les décisions de la Cour de cassation soulignent également que ce droit ne doit pas être bafoué. Dans la pratique actuelle, un travailleur travaillant durant son repos hebdomadaire reçoit une rémunération équivalente à 1,5 jour d'heures supplémentaires ou se voit accorder un droit à congé. La nouvelle réglementation rend cette pratique caduque.

RÉACTION D'AZIZ ÇELİK : « ESCLAVAGE » ET APPEL À LA COUR CONSTITUTIONNELLE

Le professeur Aziz Çelik, expert en politiques sociales et en économie du travail, a vivement critiqué cette réglementation sur son compte X.

Affirmant que le droit au repos, garanti par la Constitution, est anéanti, M. Çelik a averti que ce système pourrait s'étendre à d'autres secteurs. Il a appelé à saisir la Cour constitutionnelle pour obtenir l'annulation de la loi.

M. Çelik a déclaré :

L'esclavage s'est enraciné dans le secteur du tourisme !

Une semaine de travail de 10 jours et une journée de travail de 11 heures !

La loi qui porte de 6 à 10 jours la période de travail nécessaire pour bénéficier du droit au repos hebdomadaire dans le tourisme a été approuvée par le président et publiée au Journal officiel d'aujourd'hui (14 juillet 2025).

Ainsi, les travailleurs du tourisme perdent leur droit de travailler 6 jours pour 1 jour de repos. Ils ne prendront leur repos hebdomadaire dû non pas au 7ème jour, mais au 11ème jour.

De plus, aucune rémunération pour heures supplémentaires ne sera versée aux travailleurs contraints de travailler durant leur jour de repos.

Cette réglementation constitue une destruction du droit au repos garanti par la Constitution.

La réglementation est contraire aux dispositions constitutionnelles sur le droit au repos et au principe d'égalité.

La réglementation est également contraire aux conventions internationales ratifiées par la Turquie.

Cette mesure est une attaque directe contre le droit au repos hebdomadaire et pourrait se propager à d'autres secteurs.

Avec cette réglementation, l'organisation du travail dans le secteur du tourisme est devenue encore plus arbitraire. Elle est devenue totalement dérégulée.

Comme on le sait, une autre modification apportée par le passé à la loi sur le travail permet d'appliquer une période de compensation de 4 mois, au lieu de 2 mois comme pour les autres travailleurs, ce qui permet de porter la durée de travail quotidienne à 11 heures.

En d'autres termes, travailler 11 heures par jour pendant 4 mois devient légal.

Ce n'est pas surprenant dans un pays où le ministre du Tourisme est lui-même un patron du tourisme ! Le patron veut un travail flexible et sans règles !

Avec la nouvelle réglementation, le secteur du tourisme est désormais passé à un régime de semaine de travail de 10 jours et de journée de travail de 11 heures.

Cette loi, qui fait passer la semaine de 7 à 10 jours, doit être portée devant la Cour constitutionnelle pour être annulée.