Le président général du BİRTEK SEN, Mehmet Türkmen, a été placé en détention provisoire

Le président général du Syndicat des travailleurs du textile, du tissage et du cuir (BİRTEK SEN), Mehmet Türkmen, interpellé hier, a été placé en détention provisoire par le tribunal. Le BİRTEK SEN avait lancé un mouvement de protestation à Gaziantep contre les bas salaires. Suite à l'interdiction des manifestations des travailleurs par le gouvernorat de Gaziantep, M. Türkmen a été placé en garde à vue par le parquet pour « violation de la liberté de travail » et « incitation à commettre un crime ».

12punto

Le président général du BİRTEK SEN, Mehmet Türkmen, a été entendu par la police après son interpellation hier (16 février) au siège du syndicat. Une fois les procédures terminées, M. Türkmen a été déféré au parquet dans la matinée. Après son interrogatoire, il a été présenté au juge avec les chefs d'accusation de « violation de la liberté de travail » et d'« incitation à commettre un crime », et a été placé en détention provisoire par le tribunal.

Lors de la manifestation, un patron a réprimandé M. Türkmen en lui lançant : « Vous êtes un homme qui court après quelque chose qui n'existe pas. » M. Türkmen a répondu à l'individu : « Vous pensez que tout le monde est comme vous. »

M. Türkmen avait été interpellé le 14 février pour « violation de la liberté de travail » et « incitation à commettre un crime ». Libéré après un premier interrogatoire vendredi, il a été de nouveau interpellé dimanche par la police pour être interrogé, puis déféré au parquet.

Il a été précisé que M. Türkmen avait été interpellé puis libéré le 14 février, suite aux interdictions imposées par le gouvernorat après les manifestations organisées contre les bas salaires dans la zone industrielle organisée de Gaziantep. Interpellé à nouveau hier soir, M. Türkmen a été entendu sur les accusations de « violation de la liberté de travail » et d'« incitation à commettre un crime ». Le tribunal a ordonné son placement en détention provisoire.

QUE S'EST-IL PASSÉ ?

M. Türkmen a été déféré au parquet après la fin des procédures policières. Dans le cadre de l'enquête, des questions lui ont été posées concernant ses publications sur les réseaux sociaux. M. Türkmen avait été entendu par la police après son interpellation hier au siège du syndicat. Une fois les procédures terminées, M. Türkmen a été déféré au parquet dans la matinée.

Il a été précisé que M. Türkmen avait été interpellé puis libéré le 14 février, suite aux interdictions imposées par le gouvernorat après les manifestations organisées contre les bas salaires dans la zone industrielle organisée de Gaziantep. Interpellé à nouveau hier soir, M. Türkmen a été entendu sur les accusations de « violation de la liberté de travail » et d'« incitation à commettre un crime ».

Selon les informations publiées par le journal Evrensel, M. Türkmen a été interrogé par la police sur ses publications sur les réseaux sociaux. Il a été appris que ses déclarations concernant ses appels aux travailleurs dans ses publications ont été recueillies.

Avant d'être interpellé, Mehmet Türkmen avait déclaré sur son compte de réseau social : « Je suis à nouveau interpellé à la demande des patrons. Je suis arrêté à la porte du syndicat alors que j'étais en réunion avec les travailleurs. Je reviendrai ! La lutte continue. »

APPEL AU SOUTIEN DU SYNDICAT

Le BİRTEK-SEN a publié une déclaration concernant l'enquête en cours, affirmant qu'il s'agit d'une ingérence dans le droit à la syndicalisation. Réagissant à la décision de justice, le BİRTEK-SEN a appelé à soutenir M. Türkmen.

Dans la déclaration du syndicat, il est indiqué ce qui suit :

« Cette enquête ouverte est une attaque directe contre le droit à la syndicalisation. Appeler les travailleurs à se syndiquer, à agir ensemble et à s'organiser est un droit constitutionnel et le devoir de tout syndicaliste. Cette enquête n'a pas été lancée uniquement contre Mehmet Türkmen, mais contre la lutte de la classe ouvrière d'Antep, travaillant dans des conditions précaires et de misère, pour réclamer ses droits face aux patrons. Lancer une enquête au nom du patron, même sans plainte de sa part, revient à fouler aux pieds le droit pour le compte des patrons. Imposer d'abord une interdiction par le gouvernorat aux travailleurs qui veulent améliorer leur quotidien, puis essayer d'emprisonner leurs syndicalistes, est en soi un crime. D'autre part, cette approche envers le président général de notre syndicat, qui appelle toutes les parties à discuter des revendications des travailleurs et qui exprime à chaque occasion sa volonté de négocier, envoie également le message que les revendications des travailleurs ne seront pas prises en compte.

L'histoire de la lutte de la classe ouvrière a montré que les interdictions, la répression et les arrestations ne peuvent entraver la quête de droits de la classe. Face à cette enquête, qui est une attaque manifeste contre les droits syndicaux, nous appelons l'ensemble de l'opinion publique turque favorable au travail à soutenir la libération de notre président général Mehmet Türkmen, la levée de l'interdiction du gouvernorat et l'acceptation des revendications des travailleurs, contre l'utilisation de la justice comme un bâton contre les travailleurs. »