Les Mères du samedi réclament justice pour Mehmet Zeki Doğan
Les Mères du samedi, qui recherchent leurs proches disparus en garde à vue, se sont réunies pour la 1004e semaine sur la place Galatasaray afin de réclamer justice pour Mehmet Zeki Doğan, disparu il y a 30 ans à Hakkari.
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Les Mères du samedi, qui demandent des comptes sur le sort de leurs proches disparus en garde à vue et exigent le jugement des responsables, manifestent depuis 1995 à Beyoğlu, Istanbul. Elles ont déposé des œillets sur la place Galatasaray avant de lire leur déclaration.
Cette semaine, les Mères du samedi ont réclamé justice pour Mehmet Zeki Doğan.
Voici la déclaration des Mères du samedi :
"Nous n'avons pas oublié Mehmet Zeki Doğan, 30 ans après sa disparition en garde à vue.
Dans les démocraties, il est essentiel que le peuple participe à la gestion, tant sur le plan politique qu'administratif. C'est pourquoi il ne suffit pas d'exercer son droit de vote ou d'éligibilité ; les citoyens doivent également participer à la gouvernance par une délibération libre et égale.
C'est pour cette raison que l'on appelle démocratie les systèmes où les citoyens disposent de canaux pour atteindre les décideurs et les influencer.
Il n'est possible de fonder des espoirs sur le processus récemment qualifié de « normalisation » et introduit dans l'agenda public que si ceux qui dirigent l'État se tournent vers le droit et les droits humains.
On ne peut parler de « normalisation » sans s'éloigner des conditions anormales où les décisions de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) et de la Cour constitutionnelle (AYM) ne sont pas appliquées, où la Constitution ne suffit pas à protéger les droits et libertés individuels, et où le citoyen ne trouve aucun interlocuteur pour transmettre ses demandes aux décideurs. Car la norme, dans la gestion de l'État, est de fonder l'action sur les droits humains, la primauté du droit et les demandes des citoyens.
Si l'on parle d'une « normalisation », notre exigence d'une application intégrale des décisions de la Cour constitutionnelle doit d'abord être satisfaite. Le ministre de l'Intérieur, qui ajoute de nouvelles injustices à celles que nous subissons depuis 29 ans, doit cesser de laisser sans réponse toutes nos demandes de rendez-vous."