Plan d'urgence séisme en 6 points : Appel d'Ekrem İmamoğlu et de Naci Görür

S'exprimant lors de la cérémonie de signature du protocole du paquet de soutien financier à la transformation urbaine İBB-KİPTAŞ, le maire de la municipalité métropolitaine d'Istanbul (İBB), Ekrem İmamoğlu, a souligné la nécessité de mettre de côté les calculs politiques et d'agir de manière concertée pour dissiper l'anxiété liée aux séismes.

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La cérémonie de signature du protocole du paquet de soutien financier à la transformation urbaine İBB-KİPTAŞ, organisée par la municipalité métropolitaine d'Istanbul (İBB), s'est tenue au siège de la municipalité à Saraçhane. S'exprimant lors de l'événement, le maire de l'İBB, Ekrem İmamoğlu, a évoqué l'anniversaire du séisme de Marmara du 17 août 1999, affirmant que le pays n'avait pas tiré suffisamment de leçons et n'avait pas pris les mesures nécessaires face aux risques sismiques. M. İmamoğlu a déclaré : « Pour garantir que notre nation vive en paix dans des bâtiments sûrs, loin de l'anxiété liée aux séismes, nous devons oublier tous les calculs politiques. Considérons les choses ainsi. Unissons nos forces et faisons tout ce qui est nécessaire ensemble. » 

L'AVERTISSEMENT DE NACİ GÖRÜR

Le sismologue Naci Görür a, quant à lui, partagé sur son compte de réseau social l'appel à un plan séisme lancé par la Chambre des ingénieurs géologues de l'Union des chambres d'ingénieurs et d'architectes de Turquie (TMMOB).

Voici cette déclaration : 

25E ANNIVERSAIRE DU SÉISME DU 17 AOÛT 1999

NOUS NE VOULONS PLUS DIRE QUE NOUS AVIONS RAISON !!

LES MOTS NE SUFFISENT PLUS !!!

PLACE À L'ACTION

Notre pays est entré dans le XXIe siècle en pansant les plaies ouvertes par les séismes survenus les 17 août et 12 novembre 1999, connus dans l'opinion publique sous le nom de séismes de Kocaeli et de Düzce. Au cours des 25 années qui ont suivi, nous avons continué à échouer face aux séismes survenus aux quatre coins de la Turquie : Bingöl, Elazığ, Van, İzmir, Kahramanmaraş... La Chambre des ingénieurs géologues de la TMMOB, les doyens de la profession d'ingénieur géologue et nos professeurs ont lancé des avertissements répétés avant tous ces séismes. Ils ont préparé des rapports. Cependant, ils n'ont pas été pris en compte. Malheureusement, cette situation nous montre non seulement une faille GÉOLOGIQUE dans la géographie du pays, mais aussi les failles qui déchirent notre vie économique, sociale et politique.

En tant qu'ingénieurs géologues ;

Nous réaffirmons que les causes menant aux effets dévastateurs des catastrophes ne sont pas indépendantes des conditions socio-économiques et des choix politiques du pays, et que la garantie de la sécurité face aux catastrophes est, comme tous les autres phénomènes sociaux, un domaine de détermination politique. Pour remédier à notre absence de politique nationale en matière de catastrophes, telle que résumée dans les constats ci-dessus, nous proposons la préparation urgente d'un plan stratégique séisme qui orientera toutes les ressources aux niveaux social et administratif vers l'objectif de réduction des risques, assurera la coordination entre les personnes et les institutions, définira des objectifs et des principes à court, moyen et long terme dans les domaines de la législation, de la structuration institutionnelle, de l'éducation, de la santé, etc., et définira également les processus de contrôle à chaque étape.

Et nous partageons le plan d'action à suivre point par point :

1- En créant des zones de peuplement résistantes aux séismes, nous veillerons à ce que toutes les zones de peuplement de notre pays soient construites pour résister aux séismes, comme c'est le cas en Californie, au Japon, au Mexique, au Brésil, en Argentine, en Italie, en Chine et en Indonésie. Des études de micro-zonage des villes doivent être réalisées/achevées, et l'utilisation de l'espace, le zonage, l'occupation et tout le développement physique doivent être planifiés en fonction des données de ces études.

2- Le système de failles susceptible de produire des séismes menaçant nos villes doit être analysé selon les études de micro-zonage, les cartes des risques sismiques doivent être mises à jour et des analyses de dommages prévisionnels doivent être présentées.

3- En plus des cartes des risques sismiques, des cartes de sensibilité et de risque de glissement de terrain, des cartes de risque d'avalanche et des cartes d'inondation doivent être produites et utilisées comme données dans les processus de planification. Bien entendu, toutes ces analyses doivent être effectuées avant que le séisme ne survienne et des travaux d'ingénierie de réduction des dommages doivent être réalisés de toute urgence face aux dangers identifiés. Afin de minimiser les dommages et les pertes en vies humaines lors d'un séisme, des analyses scientifiques et détaillées doivent être effectuées sous les rubriques : population, infrastructures, parc immobilier, écosystème/environnement et économie.

4- Une importance doit être accordée à la structuration administrative pour mener à bien et développer les processus nécessaires, notamment pour nos 24 villes situées sur le tracé des lignes de faille et nos 30 municipalités métropolitaines représentant environ 75 % de la population du pays, afin de garantir la réalisation, le contrôle et la supervision des études géologiques et géotechniques nécessaires à la bonne exécution des projets d'infrastructures urbaines/rurales (routes, eau, égouts, ponts, barrages, etc.) et des bâtiments, ainsi que pour la gestion de l'approvisionnement en eau urbaine, la recherche et la mise en évidence des ressources et réserves d'eaux souterraines, la protection des bassins d'eaux souterraines et l'utilisation optimale des ressources géothermiques et des eaux minérales naturelles.

5- Conformément à la loi n° 4708 sur l'inspection des bâtiments, les fonctions des organismes d'inspection des bâtiments dans le cadre du contrôle doivent être exercées par un processus d'inspection sur site.

6- Considérant que la vie et nos activités vitales se déroulent dans notre environnement géologique, et afin de créer une prise de conscience de cet environnement et de permettre une perception correcte des phénomènes naturels, le cours de géologie doit être intégré aux programmes éducatifs dès l'enseignement primaire, et le phénomène des catastrophes doit être correctement intégré à chaque étape du système éducatif formel et informel.