Pourquoi les Syriens ne retourneront-ils pas en Turquie ? : L'analyse frappante d'Arapkirli
Le débat sur le retour ou non des réfugiés syriens, dont le nombre se compte en millions en Turquie, reste au cœur de l'actualité. Dans un article consacré à ce sujet, le journaliste Zafer Arapkirli explique en détail pourquoi les Syriens ne retourneront pas dans leur pays.
12punto
Selon Zafer Arapkirli, la raison pour laquelle les Syriens sont venus en Turquie n'est pas une opposition au régime d'Assad.
Les Syriens ont fui leur pays en raison de la guerre civile, des organisations terroristes (Daech, Al-Qaïda, Al-Nosra, etc.) et de l'effondrement social.
Dans sa publication, Arapkirli souligne que la société syrienne possédait par le passé une structure laïque, mais que ceux qui refusaient de vivre sous le joug des groupes charia apparus après la guerre civile ont été contraints à l'exil.
Arapkirli, qui affirme que le « nouveau régime » en Syrie est façonné par une idéologie charia et djihadiste, soutient que dans ces conditions, il ne faut pas s'attendre à ce que les Syriens retournent dans leur pays.
Par ailleurs, Arapkirli estime que les manifestations symboliques de retour organisées ne proposent aucune solution réelle, précisant que les Syriens continueront de rester en Turquie et que le fardeau économique actuel pèsera toujours sur les citoyens turcs.
Prenant sa propre situation économique comme exemple, le journaliste remet en question les priorités de dépenses de l'État.
Arapkirli, qui souligne que les citoyens turcs paient des prix élevés pour des besoins fondamentaux comme les médicaments, critique le fait que les dépenses liées aux réfugiés ne soient pas partagées par la communauté internationale.
Arapkirli a exposé avec des arguments concrets pourquoi le retour des Syriens n'est pas possible.
VOICI LA PUBLICATION D'ARAPKIRLI
LES SYRIENS VONT-ILS RENTRER ?
— Zafer Arapkirli (@ZaferArapkirli) 9 décembre 2024
Je vais le dire sans détour. Non.
La raison est très simple.
Pourquoi, de qui ont-ils fui ?
D'Assad ? Non.
Ce n'est pas parce qu'ils ne pouvaient plus supporter leur dictateur, qu'ils avaient pourtant toléré pendant tant d'années (50 ans avec son père) et avec qui ils vivaient très bien, mais parce qu'une guerre civile a éclaté dans le pays...
LES SYRIENS VONT-ILS RENTRER ?
Je vais le dire sans détour. Non.
La raison est très simple.
Pourquoi, de qui ont-ils fui ?
D'Assad ? Non.
Ce n'est pas parce qu'ils ne pouvaient plus supporter leur dictateur, qu'ils avaient pourtant toléré pendant tant d'années (50 ans avec son père) et avec qui ils vivaient très bien, mais parce qu'une guerre civile a éclaté et que beaucoup ne voulaient pas vivre avec des partisans de la charia comme Daech, Al-Qaïda, HTS, Al-Nosra, etc. Car la société syrienne était, tant bien que mal, une société laïque.
Et maintenant ?
Une nouvelle phase de la guerre civile commence à peine. Et le « nouveau régime » à Damas est profondément charia et djihadiste.
À votre place, rentreriez-vous ?
Que personne ne se leurre, ni ne nous leurre.
Ils vont faire des manifestations aux frontières avec trois ou quatre personnes (disons trois ou quatre cents) pour faire de la poudre aux yeux et créer une perception. Mais nous ne tomberons pas dans le panneau, évidemment.
Ils vont continuer à vivre ici tranquillement. Et nous, nous continuerons à les nourrir avec nos impôts.
Je n'ai rien à dire à ceux qui me traiteront de « raciste » ou autre à cause de ce que j'écris. Ceux qui ne me connaissent pas peuvent le dire.
Aujourd'hui, parce que j'ai parlé de l'État kurde « de facto » à notre frontière, même un ami socialiste qui me connaît très bien a été injuste et a essayé de me rappeler le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » :) Qu'il soit en paix.
En tant que citoyen, je m'oppose simplement aux mauvaises décisions dans ce pays, aux mauvaises priorités de dépenses, au fait que l'argent qui n'est pas dépensé pour moi le soit pour les réfugiés, et que le fardeau international soit supporté par mon seul pays.
J'ai payé 750 TL pour une boîte de médicaments (dont je sais pertinemment qu'ils sont donnés gratuitement aux réfugiés) alors que je suis un retraité sans emploi.
Que personne ne me raconte des fables de La Fontaine.