Réaction de l'Union des barreaux de Turquie face au projet de loi sur les « agents d'influence »

L'Union des barreaux de Turquie a exprimé son inquiétude concernant le projet de loi, débattu au Parlement et connu dans l'opinion publique sous le nom de réglementation sur les « agents d'influence », soulignant qu'il contient des incertitudes juridiques susceptibles d'entraîner des violations des droits.

12punto

L'article 16 du projet de loi, composé de 23 articles, suscite la controverse. Qualifié de réglementation sur les « agents d'influence », il ajoute une nouvelle définition d'infraction au Code pénal turc, dans la section « Crimes contre les secrets d'État et espionnage », sous l'intitulé « Commettre des crimes contre la sécurité ou les intérêts politiques de l'État ».

L'AKP a soutenu que cette réglementation était nécessaire pour « lutter contre un nouveau type d'espionnage ».

L'opposition et les organisations professionnelles de la presse ont, quant à elles, critiqué le projet, craignant qu'il ne « se transforme en chasse aux sorcières en raison de ses formulations vagues ». 

L'Union des barreaux de Turquie a publié une déclaration à ce sujet. 

Voici la déclaration de l'Union des barreaux concernant les agents d'influence : 

« L'article 16 du projet de loi portant modification de la loi sur le notariat et de certaines autres lois, adopté par la Commission de la justice de la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMM) et dont l'examen devrait débuter cette semaine en séance plénière, ajoute au Code pénal turc l'article 309/A, intitulé 'Commettre des crimes contre la sécurité ou les intérêts politiques de l'État', connu dans l'opinion publique sous le nom de réglementation sur les 'agents d'influence'.

L'expression 'intérêts stratégiques d'un État ou d'une organisation étrangère' figurant dans le projet est une formulation qui n'existe pas dans notre système de droit pénal et qui permet des interprétations arbitraires. Il est évident que cette expression n'est pas juridiquement prévisible. Dans un État de droit démocratique, il est impossible d'accepter l'inclusion, dans le domaine du droit pénal qui concerne étroitement la liberté et la sécurité individuelles ainsi que la liberté d'expression, de termes vagues, ambigus et obscurs dont l'interprétation n'est pas prévisible.

Nous demandons que ces éléments soient pris en compte lors de l'examen du projet de loi en séance plénière de la TBMM, et qu'une réglementation manifestement contraire au droit et susceptible de provoquer des violations des droits ne soit pas mise en œuvre par notre haute Assemblée. Nous informons le public que nous suivons de près cette réglementation et le processus législatif. »