Bahadır Selim Dilek analyse les propos d'Erdoğan sur une éventuelle intervention en Israël : « Des balles à blanc »
Le journaliste et écrivain Bahadır Selim Dilek, expert en politique étrangère, était l'invité de Mustafa Büyüksipahi dans l'émission Gündem 12 sur 12punto. M. Dilek a livré une analyse percutante sur la sortie d'Erdoğan affirmant : « Nous pourrions entrer en Israël ».
12punto
Dans l'émission consacrée à la crise israélienne, qui occupe le devant de la scène tant en Turquie que dans le monde, le journaliste Bahadır Selim Dilek a analysé les propos d'Erdoğan selon lesquels « nous pourrions entrer en Israël ».
Quel est l'objectif des propos controversés d'Erdoğan ?
VOICI LE COMMENTAIRE DE BAHADIR DİLEK SUR LA DÉCLARATION D'ERDOĞAN :
« En réalité, ce que dit M. Erdoğan n'a aucune valeur ! Ce n'est cohérent ni avec la politique étrangère, ou plus précisément avec la rationalité de la politique étrangère, ni avec les réalités actuelles, ni avec la politique internationale...
Par conséquent, le but de ces déclarations est purement de renforcer sa propre politique intérieure, de rallier son électorat qui commence à se désagréger et, d'une certaine manière, de polariser davantage la société. Il y parvient en rassemblant derrière lui les segments nationalistes, conservateurs et religieux, tout en diabolisant l'autre camp.
Pour cela, il utilise Israël comme un outil, rien de plus ! Pourquoi ai-je parlé de querelle de façade ? Erdoğan agit ainsi, mais cela sert surtout les intérêts de Netanyahou en Israël. Netanyahou est, à peu de choses près, le reflet d'Erdoğan en Israël si l'on regarde la politique... Lui aussi instrumentalise la politique étrangère pour rassembler son électorat derrière lui, pour les aligner, et c'est ainsi qu'il parvient à rester au pouvoir ; il le fait depuis des années et l'applique avec succès.
Tout comme Erdoğan le fait depuis 2002, cette instrumentalisation excessive de la politique étrangère fait perdre tout sérieux à la situation. Si les propos tenus par Erdoğan avaient été prononcés dans un pays normal et dans des conditions normales, il aurait fallu en assumer les conséquences. Cela marquerait un point de non-retour : après avoir prononcé une telle phrase, vous envoyez des navires au large d'Israël et vous lancez une opération militaire ou une opération d'intimidation dissuasive en conséquence.
C'est ce qui devrait se passer. En d'autres termes, quand vous tirez à blanc, il est évident que vous ne toucherez personne. Il s'agit ici de balles à blanc, ce qui revient à dire : "Je ne toucherai personne...". Erdoğan a tellement pris l'habitude de dire cela que cela n'a plus aucune crédibilité... »