WIN International révèle : les femmes ne se sentent en sécurité nulle part dans le monde

Une étude menée par WIN International auprès de 33 866 participants dans 33 pays, axée sur l'égalité des chances entre les sexes et les évolutions mondiales en matière de droits, a révélé que les femmes ne se sentent en sécurité nulle part dans le monde.

İHA

Une étude menée par WIN International auprès de 33 866 participants dans 33 pays s'est penchée sur les évolutions mondiales concernant l'égalité des chances entre les sexes et les droits. En Turquie, l'enquête a été réalisée entre le 20 et le 26 janvier 2024 auprès de 523 personnes via la méthode CATI (entretien téléphonique assisté par ordinateur), abordant des sujets cruciaux tels que l'égalité des genres, la sécurité et la violence.

Selon cette étude, qui constitue une source importante pour comprendre les problèmes les plus fréquemment rencontrés par les femmes dans la société ainsi que les changements et progrès en matière d'égalité des chances et de droits, malgré les avancées vers l'égalité des sexes dans le monde du travail, marcher seule tard le soir reste une source d'inquiétude pour les femmes aujourd'hui, tandis que la violence à l'égard des femmes devient un problème de plus en plus préoccupant chaque année.

LES FEMMES SE SENTENT PLUS VULNÉRABLES TARD LE SOIR

Selon l'étude, 46 % des femmes dans le monde ne se sentent pas en sécurité lorsqu'elles marchent seules dans leur quartier la nuit. 64 % des femmes sur le continent américain, 47 % en Afrique et 45 % en Europe déclarent ne pas se sentir en sécurité.

D'après l'étude, en Turquie, une différence marquée apparaît entre les sexes concernant le sentiment de « se sentir en sécurité » en marchant seul dans son quartier la nuit. Les femmes se sentent en sécurité dans une proportion plus faible (61 %) par rapport aux hommes (76 %). Ces résultats soulignent que les femmes se sentent généralement plus vulnérables lorsqu'elles sont dehors tard le soir et éprouvent des inquiétudes liées à la sécurité, tout en montrant que cette situation repose sur des perceptions de sécurité fondées sur le genre.

LA VIOLENCE À L'ÉGARD DES FEMMES CONTINUE D'AUGMENTER

À l'échelle mondiale, 20 % des participantes ont répondu « oui » à la question « Avez-vous été victime d'une quelconque violence physique ou psychologique ? », soit une augmentation de 4 % par rapport à 2019. Si les réponses des participants varient considérablement selon les régions, ce taux est particulièrement élevé en Afrique, où 49 % des femmes déclarent avoir subi des violences l'année dernière, tandis que dans la région MENA et sur le continent américain, ce taux est respectivement de 27 % et 24 %.

L'étude révèle que les jeunes femmes sont particulièrement touchées par cette situation ; 27 % des femmes âgées de 18 à 24 ans déclarent avoir été victimes de violence, contre 23 % chez les 25-34 ans. Par ailleurs, 19 % des femmes âgées de 18 à 24 ans et 14 % des femmes âgées de 25 à 34 ans indiquent avoir été victimes de harcèlement sexuel.

LES OBSTACLES À L'ÉGALITÉ DES GENRES AU TRAVAIL SONT SURMONTÉS

Bien que les hommes soient globalement plus optimistes que les femmes, on observe une amélioration de la perception de l'égalité des genres dans de nombreux domaines par rapport à 2019. 20 % des femmes et 36 % des hommes ayant participé à l'étude dans différents pays estiment que l'égalité des sexes est assurée sur le lieu de travail.

Selon l'étude, en Turquie, la proportion de personnes pensant qu'il y a moins d'opportunités pour les femmes dans la vie professionnelle est de 49 % dans le groupe total. Lorsqu'on distingue par sexe, ce taux est de 44 % pour les hommes et atteint 55 % chez les femmes. En Turquie, dans le groupe total, la proportion de ceux qui pensent qu'il y a plus d'opportunités pour les femmes est de 28 % ; en examinant par sexe, ce taux est de 36 % chez les hommes, tandis qu'il chute à 21 % chez les femmes.

La proportion de ceux qui pensent que les femmes et les hommes ont les mêmes opportunités en Turquie est de 19 %. Ces résultats soutiennent l'interprétation selon laquelle le problème de l'inégalité des genres en Turquie diffère selon le sexe.

LA TURQUIE A BESOIN D'UNE AMÉLIORATION SÉRIEUSE DANS LE DOMAINE POLITIQUE

Dans le domaine politique, un secteur qui progresse lentement, la proportion de ceux qui croient en l'égalité des genres est passée de 2 % en 2019 à 13 % aujourd'hui. En Turquie, 43 % des participants à l'étude estiment que l'égalité des genres est certainement ou partiellement atteinte dans le domaine politique, tandis que 51 % pensent qu'elle n'est absolument pas ou pas du tout atteinte.

Ces résultats suggèrent qu'un effort sérieux doit être déployé pour accroître la sensibilisation à l'égalité des genres dans la sphère politique turque et pour mettre en œuvre des politiques plus équitables.

L'ÉGALITÉ DES GENRES « À LA MAISON » EN DÉCLIN

L'étude montre qu'alors qu'en 2019, 48 % des personnes pensaient que l'égalité des genres était assurée dans le cadre domestique, ce chiffre est désormais tombé à 40 %.

En Turquie, concernant l'égalité des genres « au sein du foyer », 53 % des participants estiment qu'elle est atteinte, certainement ou dans une certaine mesure. Une différence marquée apparaît également entre les femmes et les hommes sur ce point ; la proportion d'hommes pensant que l'égalité des genres est atteinte ou partiellement atteinte au sein du foyer est de 58 %, alors que ce taux tombe à 48 % chez les femmes. Par ailleurs, 41 % des participants déclarent que l'égalité des genres au sein du foyer n'est pas atteinte ou n'est pas du tout atteinte.