Analyse de l'économie turque par Fitch
Dans les tests de résistance menés par l'agence de notation internationale Fitch, les coussins de fonds propres de 9 grandes banques turques ont été examinés face aux taux de change et aux taux de créances douteuses. Les conclusions révèlent que le secteur bancaire conserve globalement sa solidité, à moins d'une hausse brutale du taux de change et du taux de créances douteuses.
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Dans une nouvelle analyse publiée par Fitch, la résilience des fonds propres de 9 banques de premier plan en Turquie a été testée selon différentes conditions économiques. Dans le scénario de base, il est prévu que le taux de change dollar/livre turque atteigne 49,5 et que le taux de créances douteuses (NPL) s'établisse à 3,4 % d'ici fin 2026. Le rapport souligne que la volatilité des devises et la hausse des créances douteuses constituent les risques les plus déterminants pour la capacité de paiement des banques.
Dans l'environnement de stress le plus modéré, si le taux de change atteint 60 et que le taux de NPL augmente de 2,5 points, aucune banque ne violerait ses obligations légales en matière de fonds propres. Toutefois, des avertissements ont été réitérés concernant la possibilité d'une forte volatilité des taux de change et d'une détérioration sensible de la qualité du crédit. Dans le scénario le plus difficile, où le dollar/livre turque grimperait à 75 et le taux de créances douteuses augmenterait de 7,5 points, il a été noté qu'une banque verrait son ratio de fonds propres de base tomber en dessous du seuil minimal de 4,5 %.
L'analyse souligne que les coussins de fonds propres des banques publiques, au-delà du niveau minimal fixé par les régulateurs, sont à des niveaux inférieurs à ceux des banques privées. Selon Fitch, cette différence s'explique par le fait que les banques publiques disposent initialement d'une position de capital plus faible et que leurs avantages en termes de bénéfice d'exploitation avant dépréciation sont limités. En moyenne, le ratio du coussin de fonds propres des banques publiques par rapport à leurs crédits bruts a été calculé à 5,5 %, contre 7,2 % pour les banques privées.
L'analyse de Fitch a déterminé que chaque dépréciation de 10 % de la livre turque entraînerait une baisse d'environ 50 points de base du ratio total de fonds propres de base des 9 banques testées. Chaque augmentation de 1 % des créances douteuses entraîne également une baisse moyenne de 46 points de base du ratio CET1.
Alors que le taux de créances douteuses était de 2,5 % dans le secteur bancaire fin 2025, il est passé à 2,7 % à la mi-avril 2026. L'agence s'attend à ce que ce taux augmente encore tout au long de l'année, notamment en raison des crédits individuels non garantis et des portefeuilles de PME. Si les tensions géopolitiques régionales persistent, il est estimé que les pressions pourraient s'accentuer dans tous les domaines du secteur bancaire.
Fitch a également précisé que le soutien des actionnaires pour les banques à capitaux étrangers et le soutien potentiel des autorités turques pour les banques publiques sont inclus dans leurs notations de crédit, mais que ces mécanismes n'ont pas été pris en compte dans les résultats des tests de résistance.