Concerne tous ceux qui ont de l'argent à la banque : en vigueur dans 5 jours
Le compte à rebours a commencé pour la nouvelle réglementation du Conseil d'enquête sur les crimes financiers (MASAK), qui concerne des millions de personnes et d'entreprises. À partir du 1er janvier, pour tout transfert d'argent égal ou supérieur à 200 000 livres turques, il sera obligatoire de déclarer en détail la source des fonds et le motif du transfert.
12punto
Le communiqué du Conseil d'enquête sur les crimes financiers (MASAK), qui couvre une large partie de la population possédant un compte bancaire en Turquie, entrera en application à partir du 1er janvier 2026.
La réglementation, qui fait l'objet de discussions depuis un certain temps concernant les limites à respecter pour les transactions financières quotidiennes et les modalités de réalisation des transferts d'argent de gros montants, entrera en vigueur le premier jour de la nouvelle année.
Selon les informations relayées par NTV, les transferts d'argent effectués après cette date seront réalisés sur la base de déclarations et de justificatifs, conformément aux règles établies.
Avec ce communiqué préparé par le MASAK, sous l'égide du ministère du Trésor et des Finances, les mouvements financiers seront surveillés plus étroitement.
POURQUOI CETTE RÉGLEMENTATION A-T-ELLE ÉTÉ MISE À L'ORDRE DU JOUR ?
La recrudescence récente des opérations de blanchiment d'argent, de financement du terrorisme et de paris illégaux a rendu nécessaire le renforcement des contrôles par le MASAK. Une modification complète a été préparée afin de lutter plus efficacement contre l'économie informelle et de garantir que les transactions effectuées en Turquie ne constituent pas des éléments criminels au regard des critères du « Groupe d'action financière » (GAFI). Les mesures prises ont été façonnées conformément aux recommandations du Groupe d'action financière, dont la Turquie est membre.
QUI EST CONCERNÉ ?
La réglementation concernera toutes les personnes physiques et morales détenant des comptes bancaires et sera applicable à partir du 1er janvier 2026.
Il est précisé que ces mesures, prises dans le but d'harmoniser les flux financiers en Turquie avec le système financier mondial, n'auront aucun impact négatif sur les personnes effectuant des transactions dans un cadre légal. Les opérations liées à des activités illégales seront, quant à elles, suivies par le MASAK.
QUEL EST L'OBJECTIF ?
Cette nouvelle réglementation vise à prévenir le blanchiment des produits du crime, à lutter contre le financement du terrorisme et à combattre plus efficacement l'économie informelle.
UNE NOUVELLE ÈRE POUR LES VIREMENTS ET LES EFT
Grâce à l'infrastructure numérique du système bancaire turc, les transactions peuvent être effectuées instantanément. Avec la réglementation du MASAK, la transparence de ces opérations sera accrue. À partir du 1er janvier 2026, il ne suffira plus d'inscrire des expressions générales telles que « paiement », « argent » ou « dette » dans la section motif des virements et des transactions EFT.
Les banques ainsi que les établissements de paiement et de monnaie électronique proposeront des intitulés permettant aux clients de sélectionner l'objet de leur transaction lors du transfert.
Ces intitulés seront les suivants :
Paiement pour achat immobilier
Paiement pour achat de véhicule motorisé
Prêt / remboursement de dette
Cadeau / don / aide
Paiement d'impôts / taxes / redevances
Paiement d'indemnités / assurance
Paiement pour services d'avocat / conseil / expertise
Paiement de frais de santé
Crypto / actif numérique
Paiement pour jeux de hasard / paris
Paiement pour divertissement / réseaux sociaux
Si l'opération de transfert ne correspond pas à ces options, l'intitulé « autre » devra être sélectionné et une explication d'au moins 20 caractères sera exigée.
LES MOUVEMENTS D'ARGENT DE GROS MONTANTS SOUS SURVEILLANCE
Le MASAK ne se limitera pas aux explications et aux intitulés, mais surveillera également les mouvements d'argent de gros montants. Les transactions en espèces seront également contrôlées dans ce cadre, et les mouvements d'espèces dépassant les montants déterminés seront suivis de près. Plus le montant de la transaction sera élevé, plus les obligations déclaratives seront importantes.
UN NOUVEAU SYSTÈME DE CONTRÔLE POUR LES TRANSACTIONS EN ESPÈCES
Alors qu'il est estimé que l'utilisation d'espèces occupe une place importante dans l'économie informelle en raison de la difficulté de son suivi, le MASAK vise, avec cette nouvelle réglementation, à contrôler plus strictement les mouvements d'espèces au-delà d'un certain montant. Dans ce système conçu de manière graduelle, l'obligation de déclaration s'étendra à mesure que le montant de la transaction augmentera.
EXIGENCE DE JUSTIFICATIFS POUR LES GROS MONTANTS
Bien que la portée des « documents justificatifs » requis pour les transactions de 20 millions de livres turques et plus ne soit pas encore précisée, la demande de documents officiels sera à l'ordre du jour. Les titres de propriété pour les achats immobiliers, les documents notariés pour les ventes de véhicules et les factures pour les achats de biens pourront être acceptés comme documents justificatifs.
PAS D'APPROBATION SANS JUSTIFICATIF
En cas de non-présentation des documents requis, les banques n'effectueront pas le transfert d'argent. Aucune flexibilité ne sera appliquée à cet égard.
EXCEPTIONS ET EXONÉRATIONS PRÉVUES DANS LA RÉGLEMENTATION
Le MASAK a également prévu des exceptions et des exonérations pour certaines transactions effectuées dans le cours normal de la vie quotidienne.
Aucun justificatif ne sera exigé pour les transferts entre comptes personnels au sein d'une même banque. Les transactions impliquant des institutions publiques seront également exemptées de l'obligation de justificatif. Les opérations effectuées dans le cadre des relations interbancaires et de banque correspondante, ainsi que les transactions en espèces effectuées via des distributeurs automatiques (GAB) ne dépassant pas 200 000 livres turques, seront exclues du champ d'application de la réglementation.
Cependant, il est précisé que le MASAK pourra intervenir en cas d'abus de ces exceptions. Par exemple, si des transactions par GAB inférieures à 200 000 livres turques sont répétées de nombreuses fois sur une courte période, des mesures supplémentaires pourraient être envisagées. Bien que ces chiffres soient donnés à titre indicatif, le MASAK ne dispose pas d'une limite fixe quant au nombre de transactions.