Le budget englouti par les intérêts est alimenté par les impôts prélevés sur la population
Le budget de l'administration centrale a enregistré un déficit record au cours des quatre premiers mois de l'année. Alors qu'une part importante des dépenses est consacrée aux intérêts, la majeure partie des recettes fiscales provient de la taxe spéciale sur la consommation (ÖTV) et de la taxe sur la valeur ajoutée (KDV).
12punto
Selon les données budgétaires publiées par le ministère du Trésor et des Finances, le budget de l'administration centrale a affiché un déficit de 885,5 milliards de livres turques au cours des quatre premiers mois de l'année. Le déficit enregistré pour le seul mois d'avril s'élève à 174,7 milliards de TL. Les recettes budgétaires ont atteint 957,4 milliards de livres, tandis que les dépenses se sont élevées à 1,13 billion de livres.
LES DÉPENSES D'INTÉRÊTS DÉPASSENT LA SANTÉ ET L'ÉDUCATION
Le poste le plus frappant du budget concerne les dépenses d'intérêts. Entre janvier et avril, un total de 724,6 milliards de livres a été versé en intérêts. Cela représente une augmentation de 98,8 % par rapport à la même période de l'année précédente. Rien qu'en avril, 260,6 milliards de livres ont été consacrés au paiement des intérêts, contre 114 milliards de livres au cours du même mois l'an dernier. Ainsi, alors que 15 livres sur chaque tranche de 100 livres dépensées en avril 2024 allaient aux intérêts, ce ratio est passé à 23 livres cette année.
Des montants de 360,6 milliards de TL ont été alloués aux services de santé et 584,6 milliards de TL aux services d'éducation. Cependant, les dépenses d'intérêts ont surpassé ces services publics fondamentaux.
LE FARDEAU FISCAL REPOSE SUR LES ÉPAULES DE LA POPULATION
Au cours des quatre premiers mois de 2025, 2,81 billions de livres d'impôts ont été collectés. Les recettes fiscales ont augmenté de 53 % par rapport à la même période de l'année précédente. La taxe spéciale sur la consommation (ÖTV) et la taxe sur la valeur ajoutée (KDV) représentent 53,2 % de ces revenus, soit 1,49 billion de livres.
Les revenus issus de la BSMV (taxe sur les opérations bancaires et d'assurance) ont atteint 122,9 milliards de livres sur la période janvier-avril. Les revenus générés par ce poste ont enregistré une hausse de 80 % par rapport à la même période de l'année dernière.
LE GASPILLAGE PERSISTE : LES FRAIS DE LOCATION DE VÉHICULES ET D'AVIONS AUGMENTENT
Les dépenses publiques liées à la location de véhicules et d'avions ont également continué de croître. Au cours des quatre premiers mois de l'année, les dépenses de location de véhicules ont totalisé 1,32 milliard de livres. La répartition mensuelle est la suivante :
Janvier : 185,7 millions de TL
Février : 336,9 millions de TL
Mars : 416,1 millions de TL
Avril : 382,2 millions de TL
Sur la même période, les dépenses de location d'avions ont atteint un total de 925,6 millions de TL. En avril, 254,6 millions de TL ont été dépensés pour ce poste. Ainsi, les dépenses totales pour la location de véhicules et d'avions ont atteint 2,25 milliards de TL. Ce montant était de 2,08 milliards de livres à la même période l'an dernier.
L'année dernière, au cours de la période janvier-avril, les dépenses consacrées aux travaux d'impression et de reliure avaient atteint 1,25 milliard de livres. Bien qu'aucun détail n'ait été fourni sur les données de cette année, ce poste continue d'être au centre des débats sur le gaspillage.
L'IMPACT DES ÉLECTIONS SUR LA REPRÉSENTATION ET LA PROMOTION
Les dépenses de représentation, de promotion et d'accueil sont également notables. Le total des dépenses pour ce poste sur la période janvier-avril s'est élevé à 267,8 millions de TL. Rien qu'en avril, 82,8 millions de livres ont été dépensés.
En mars 2024, période durant laquelle se sont tenues les élections locales, les dépenses pour ce poste avaient atteint 714,5 millions de TL. Ce bond observé durant la période électorale a mis en lumière les dépenses publiques effectuées à des fins de propagande.
RECORD POUR LES FONDS SECRETS
La dépense la plus importante de l'année concernant les fonds secrets, utilisés par la présidence et non soumis à audit, a eu lieu en avril. Ce mois-là, 1,64 milliard de livres ont été dépensés en fonds secrets. Le total pour la période janvier-avril a atteint 4,96 milliards de livres.
LES DÉPENSES DU PALAIS NE S'ARRÊTENT PAS
Les dépenses effectuées sur le budget de la présidence restent également à un niveau élevé. Au cours des quatre premiers mois de l'année, les dépenses du Palais ont atteint 5,36 milliards de TL. 32 % de l'allocation initiale ont été consommés au cours de cette période. En moyenne, 1,34 milliard de TL ont été dépensés par mois. Cela équivaut à une dépense d'environ 31 000 livres par minute.