Le jeu du « médiateur » entre propriétaires et locataires
En cas de litige entre propriétaire et locataire, les parties qui font appel à un médiateur ne paient rien si aucun accord n'est trouvé, mais elles sont tenues de verser des honoraires en cas de conciliation.
12punto
La hausse rapide des loyers a mis les propriétaires et les locataires face à face devant les tribunaux. Suite à ces différends, le système de médiation a été mis en place comme solution.
Alors que le système de médiation est entré en vigueur pour résoudre les litiges, depuis le 1er septembre 2023, un propriétaire ou un locataire ne peut plus intenter une action en justice directement sans avoir préalablement sollicité un médiateur.
Dans ce système, les parties qui recourent à la médiation ne paient rien en l'absence d'accord, mais sont soumises à des frais en cas de conciliation. Il est indiqué que certains propriétaires et locataires déclarent « ne pas avoir trouvé d'accord » afin d'éviter de payer les honoraires du médiateur, et poursuivent le processus entre eux.
AVERTISSEMENT AUX PARTIES
Selon les informations du journal Hürriyet, l'expert en droit immobilier, l'avocat Ali Güvenç Kiraz, a mis en garde contre le fait que ce choix pourrait entraîner des problèmes importants :
« Si un accord est trouvé devant le médiateur après paiement des honoraires, le procès-verbal de conciliation établi par le médiateur a force exécutoire. En d'autres termes, il équivaut à une décision de justice. Comme on le sait, il existe une condition de 5 ans pour les actions en fixation de loyer. Si un accord est trouvé via la médiation, le propriétaire ne peut pas intenter de procès pendant 5 ans. Cependant, si après la demande de médiation, les parties parviennent à un accord externe et déterminent le nouveau montant du loyer par le biais d'un protocole additionnel entre elles, ce protocole ne sera pas considéré comme ayant force exécutoire pour le propriétaire, ce qui lui permettra d'intenter à nouveau une action en fixation de loyer. »
QUE SE PASSE-T-IL EN CAS D'ACCORD ?
Les honoraires de médiation sont déterminés par des pourcentages variables selon le montant de l'accord. En cas de conciliation, un modèle est appliqué où le taux diminue à mesure que le montant augmente : 6 % pour la partie du montant convenu allant jusqu'à 200 000 TL, 5 % pour les 320 000 TL suivants, et 4 % pour les 520 000 TL suivants.
En cas d'accord, le paiement peut être réparti entre les parties ou il peut être décidé que l'une des parties prenne en charge la totalité. En l'absence de disposition contraire, les frais sont partagés à parts égales entre les parties.
Dans la médiation volontaire, il est également possible que le médiateur demande ses honoraires et frais aux parties avant le début du processus de médiation. Si une personne se rend dans un cabinet d'avocats pour intenter une action en justice et bénéficie de services juridiques, les honoraires correspondants sont exclus de ces frais.
QUE SE PASSE-T-IL EN CAS D'ABSENCE D'ACCORD ?
Si les parties ne parviennent pas à un accord et que les réunions durent moins de deux heures, les honoraires de médiation sont pris en charge par le budget du ministère de la Justice. Dans ce cas, aucun paiement n'est effectué au médiateur lors de la première étape. À l'issue du processus judiciaire, qui dure en moyenne 2 ans, la partie perdante paie les frais à l'État en fonction du taux d'acceptation ou de rejet.
Si les entretiens durent plus de deux heures, des honoraires de médiation supplémentaires de 580 TL par heure et par partie sont fixés.
Ce barème est déterminé par le ministère de la Justice. Si les parties souhaitent poursuivre les entretiens au-delà de 2 heures et acceptent de payer les frais, ces derniers sont répartis entre elles. Si elles refusent, un procès-verbal de non-conciliation est établi par le médiateur. »