Neuf pays créent une nouvelle institution de financement de la défense
Neuf pays, dont la Turquie, ont convenu de créer une nouvelle banque internationale afin de financer les investissements dans l'industrie de défense. L'institution vise à fournir des ressources à long terme et à faible coût pour les projets de défense.
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La Turquie, le Canada, le Luxembourg, l'Ukraine et six autres pays ont décidé de créer une institution financière internationale destinée à soutenir l'industrie de la défense et de la sécurité. La nouvelle entité, baptisée Defence, Security and Resilience Bank (DSRB), offrira des possibilités de financement à long terme et à faible coût pour les investissements dans le secteur de la défense.
Cette initiative, annoncée par les dirigeants lors du sommet, devrait aider les gouvernements à gérer efficacement la hausse rapide des dépenses de défense et à faciliter l'allocation des ressources vers la production d'armements, l'industrialisation et les infrastructures de sécurité critiques. Le modèle de cette banque, dédiée au secteur de la défense, s'inspire des banques de développement qui ont joué un rôle clé dans la reconstruction de l'Europe de l'Est par le passé, tout en se concentrant exclusivement sur la défense et la sécurité.
Parmi les principales raisons de la création de cette institution figurent la récente augmentation rapide des dépenses de défense et les difficultés rencontrées par les fournisseurs, notamment les petites et moyennes entreprises, pour obtenir des financements. Bien que les grandes institutions financières s'intéressent à certains domaines, l'approche des banques et des investisseurs à travers l'Europe vis-à-vis du secteur de la défense reste prudente. La DSRB est censée combler cette lacune.
Grâce aux notations de crédit des pays membres, la banque lèvera des fonds à des conditions avantageuses sur les marchés internationaux et utilisera ces ressources pour financer des projets de l'industrie de défense. Elle offrira également des garanties aux banques commerciales pour les prêts accordés au secteur de la défense et fournira un financement direct pour des projets stratégiques.
Les fonds de la nouvelle banque devraient être orientés vers des domaines tels que la production d'armes et de munitions, les installations de défense, la cybersécurité et les infrastructures critiques. Il est ainsi prévu de développer la capacité de production de l'industrie de défense et de réduire l'impact des fluctuations budgétaires sur les entreprises.
Certains États, dont la Finlande, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Pologne, ont annoncé de nouveaux plans de coopération visant à accélérer les investissements dans la défense et à améliorer les processus d'approvisionnement conjoints. Par ailleurs, il a été rapporté que des pays aux dépenses de défense importantes, comme les États-Unis et l'Allemagne, suivent de près la DSRB et que leur adhésion future à cette banque est à l'ordre du jour.
Les pays soutenant la DSRB affirment que cette initiative augmentera la production de défense et renforcera la dissuasion. Cependant, les critiques soulignent que des mécanismes de financement similaires existent déjà au sein de l'Union européenne et de l'OTAN.
L'ACCÈS AU CAPITAL POUR LES MEMBRES VA AUGMENTER
Le Premier ministre canadien Mark Carney a souligné les points suivants concernant le processus de création de la banque :
"En tant que dirigeants du Canada, de l'Albanie, de la Belgique, de la Grèce, de la Lettonie, du Luxembourg, de la Roumanie, de la Turquie et de l'Ukraine, nous nous réunissons aujourd'hui lors du sommet de l'OTAN à Ankara pour annoncer notre intention de créer la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (la Banque).
Alors que les Alliés augmentent leurs investissements dans le secteur de la défense, étendent leurs capacités industrielles et accélèrent la production d'équipements critiques, nous sommes conscients de la nécessité de mobiliser des capitaux publics et privés à grande échelle pour réaliser nos priorités en matière de défense, de sécurité et de résilience.
Nous réaffirmons notre détermination commune à travailler ensemble pour établir la Banque. La négociation réussie des articles de l'accord à Montréal nous a permis de franchir l'étape nécessaire pour avancer ensemble.
Fondée sur une base de crédit solide, la Banque vise à élargir l'accès au capital dans les pays membres, à réduire les coûts de financement et à encourager l'expansion des capacités industrielles.
Nous tenons à souligner que la Banque vise à compléter, et non à dupliquer, les autres outils nationaux et multilatéraux visant à accroître la production de défense.
Nous sommes déterminés à assurer le leadership nécessaire pour faire avancer la création de la Banque à la vitesse requise par le contexte géopolitique actuel, afin qu'elle puisse être opérationnelle dès 2027.
Le Canada prend l'initiative de créer la nouvelle Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience. Il s'agit d'une nouvelle institution qui changera la donne et permettra aux pays de mobiliser et de déployer plus rapidement davantage de capitaux privés pour participer au financement de notre défense et de notre sécurité collectives. Aujourd'hui, au sommet de l'OTAN, huit de nos alliés et partenaires ont confirmé qu'ils se joignaient à nous pour créer la Banque."