Querelle au sein de l'AKP sur la libération des jeunes : des avis divergents au sein du parti... 'Ils pourraient en sortir gagnants'
Des évaluations remarquables circulent dans les coulisses de l'AKP concernant l'arrestation du candidat du CHP à la présidence et maire de la municipalité métropolitaine d'Istanbul, Ekrem İmamoğlu. Parallèlement, des opinions divergentes ont émergé au sein du parti concernant les jeunes placés en garde à vue à la suite des manifestations en soutien à İmamoğlu. Voici les détails...
12punto
L'arrestation du maire d'Istanbul et candidat du CHP à la présidence, Ekrem İmamoğlu, ainsi que l'incarcération de jeunes manifestants, sont devenues les sujets les plus débattus ces derniers jours. Concernant la suite du processus judiciaire, les sondages effectués dans les coulisses du pouvoir ont abouti à des commentaires qualifiant la situation d'« extrêmement éloignée de l'idéal et de la légalité ».
La chroniqueuse de Nefes, Nuray Babacak, a rapporté ce qui se dit dans les coulisses de l'AKP. Selon elle, malgré les divergences d'opinion au sein du parti, voici le point de vue de ceux qui sont directement impliqués dans le processus :
- Aucun résultat n'est attendu à court terme concernant le processus judiciaire visant İmamoğlu et son équipe. Les commentaires suggèrent qu'« une libération rapide pour des raisons politiques donnerait l'impression que la montagne a accouché d'une souris concernant les accusations, ce qu'ils ne souhaitent pas ». Il semble que la mise en scène construite autour des allégations de corruption soit destinée à se poursuivre.
- Le commentaire le plus frappant concernait les présidents des tribunaux. Il est rapporté que ces derniers sont influencés par le climat et le contexte ambiant, et qu'ils évitent de prendre des décisions contraires à l'atmosphère générale.
- Un responsable politique a commenté : « Il n'est pas nécessaire qu'il y ait une pression directe. Les décisions sont fortement influencées par le climat actuel. Tant que le vent ne soufflera pas en faveur de la libération d'Ekrem İmamoğlu, aucun président de tribunal n'osera prendre une telle décision. »
Par ailleurs, des discussions ont eu lieu à huis clos concernant le processus de libération des jeunes. En effet, d'un point de vue juridique, la peine prononcée par le tribunal devrait correspondre à la durée de détention provisoire déjà effectuée.
Cependant, les délits reprochés aux jeunes en raison de leurs actions ne sont pas passibles de peines de prison ferme. Si leur détention se prolonge, ils pourraient, selon les dispositions pénales, se retrouver en position de « créanciers » vis-à-vis de l'État, ce qui entraînerait d'autres conséquences juridiques.
Selon la loi sur l'exécution des peines, si aucun dommage n'a été causé à autrui, il est impossible de maintenir en détention un suspect pour des délits qui ne sont pas passibles d'une peine d'emprisonnement ferme. Pour les délits n'entraînant pas de privation de liberté, chaque jour passé en détention les place dans une situation où ils deviennent créanciers.
Ce point fait l'objet de débats tant au sein du palais de justice qu'au ministère. On s'attend à ce que toutes les personnes ayant participé aux manifestations soient libérées sur la base de cette approche, à l'exception de celles impliquées dans des actes de violence ayant causé des blessures...
QUE S'EST-IL PASSÉ ?
Dans le cadre de l'opération menée contre la municipalité d'Istanbul, le maire d'Istanbul et candidat du CHP à la présidence, Ekrem İmamoğlu, avait été arrêté pour des allégations de « corruption ». İmamoğlu est actuellement détenu à la prison de Silivri.
Avant son arrestation, six enquêtes avaient été ouvertes à l'encontre d'İmamoğlu. Son diplôme avait été annulé un jour avant son arrestation. Le président du CHP, Özgür Özel, a affirmé que toutes les accusations portées contre lui étaient de nature politique.