Attention aux changements fréquents de poste au travail ! Une décision exemplaire de la Cour de cassation...

La Cour de cassation a qualifié de harcèlement moral le changement fréquent du lieu de travail d'un employé et l'attribution de tâches incompatibles avec sa carrière.

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Un jeune homme travaillant comme opérateur informatique dans un hôpital public pour le compte d'une entreprise sous-traitante a résilié son contrat, alléguant que son employeur changeait constamment son lieu de travail, le forçait à effectuer des tâches qui ne relevaient pas de ses fonctions et le soumettait à du harcèlement moral (mobbing).

Le travailleur lésé a saisi le tribunal du travail pour réclamer le paiement de ses indemnités de licenciement et de ses congés payés. L'avocat de l'entreprise défenderesse a rejeté ces allégations. Le tribunal a jugé que l'allégation du plaignant concernant le harcèlement moral n'était pas établie et qu'elle relevait simplement d'un mécontentement lié aux pratiques de l'entreprise. Suite au recours formé par le plaignant, la 7e chambre civile de la Cour de cassation a été saisie.

LA DÉCISION DU TRIBUNAL ANNULÉE

Dans sa décision, la Cour a rappelé qu'il était établi que le plaignant, employé en tant qu'opérateur informatique, avait vu son lieu de travail changer fréquemment. Il a été souligné que le plaignant avait été affecté en dernier lieu à un poste devant la porte du bloc opératoire, une tâche sans rapport avec ses fonctions précédentes et incompatible avec sa carrière. Il a été rappelé que, selon les témoignages des témoins du plaignant, ces changements avaient été effectués dans le but de pousser le plaignant à la démission. Qualifiant ces pratiques de harcèlement moral, la Cour a annulé la décision du tribunal.

UNE DÉCISION EXEMPLAIRE !

Lors du nouveau procès, le tribunal du travail a conclu que le plaignant avait bien été victime de harcèlement moral. Il a été rappelé que le lieu de travail du plaignant avait été fréquemment modifié et qu'il avait finalement été affecté à un poste devant la porte du bloc opératoire, une tâche sans rapport avec ses fonctions et incompatible avec sa carrière. Le tribunal a ordonné le paiement des indemnités de licenciement au motif que le plaignant avait été victime de harcèlement moral. Cette fois, l'avocat de la défense a fait appel de la décision, saisissant la 9e chambre civile de la Cour de cassation. La chambre a confirmé la décision du tribunal du travail, qualifiant de harcèlement moral le fait d'assigner un employé à une tâche incompatible avec sa carrière.