Décision de la Cour de cassation concernant les pauses, impactant des millions de travailleurs

La 9e chambre civile de la Cour de cassation a établi un nouveau critère concernant les temps de pause dans le calcul des heures supplémentaires pour les travailleurs effectuant de longues journées de travail.

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La 9e chambre civile de la Cour de cassation a rendu une décision marquante sur la manière dont les pauses doivent être prises en compte dans le calcul des heures supplémentaires lors de longues périodes de travail. La haute juridiction a statué que, pour les travailleurs dont la durée quotidienne de travail atteint ou dépasse 13 heures, le temps de pause doit être considéré comme étant d'au moins 2 heures.

Selon les informations rapportées par Habertürk, cette décision est susceptible d'influencer directement les calculs effectués dans le cadre des litiges relatifs aux créances salariales et aux indemnités d'heures supplémentaires. En effet, lors du calcul des heures supplémentaires, les tribunaux déduisent le temps de pause de la durée totale passée par le travailleur sur son lieu de travail ; si la durée restante dépasse la limite légale hebdomadaire de 45 heures, l'indemnité d'heures supplémentaires est déterminée sur la base de cet écart.

LES DURÉES DE PAUSE PRÉVUES PAR LA LOI

Selon l'article 68 de la loi sur le travail n° 4857, les durées minimales de pause devant être accordées aux travailleurs varient en fonction de la durée du travail. Ainsi, un temps de pause d'au moins 15 minutes est requis pour les travaux d'une durée de 4 heures ou moins, d'au moins 30 minutes pour les travaux de plus de 4 heures jusqu'à 7,5 heures, et d'au moins 1 heure pour les travaux d'une durée supérieure à 7,5 heures.

Ces durées constituent des seuils légaux minimaux. L'employeur ne peut pas imposer des pauses plus courtes ; toutefois, il est possible d'accorder des pauses plus longues en fonction de la nature du travail et de l'organisation du temps de travail. Les temps de pause ne sont pas comptabilisés comme temps de travail effectif.

Conformément à l'article 63 de la loi sur le travail, la durée quotidienne de travail ne peut, en règle générale, excéder 11 heures. Dans sa jurisprudence antérieure, la Cour de cassation retenait une pause d'au moins 1 heure pour les travaux allant de 7,5 à 11 heures, et d'au moins 1,5 heure pour les travaux dépassant 11 heures.

Dans son arrêt du 11 février 2026, sous le numéro de dossier 2026/552 et le numéro de décision 2026/1099, la 9e chambre civile de la Cour de cassation a réévalué les critères relatifs aux longues journées de travail. La chambre a cassé la décision d'un tribunal local dans le cadre d'une affaire portée par un travailleur, jugeant erroné le calcul des heures supplémentaires effectué par celui-ci.

Le tribunal local avait effectué son calcul en déduisant 1 heure de pause pour une journée de 12 heures (de 08h00 à 20h00), et 1,5 heure pour les journées de 13 et 14 heures (de 08h00 à 21h00 et de 08h00 à 22h00). La Cour de cassation a précisé que pour une journée de 12 heures, la pause doit être fixée à 1,5 heure, et pour les journées de 13 et 14 heures, elle doit être considérée comme étant d'au moins 2 heures.

La haute juridiction a également souligné l'exigence de preuves concrètes dans les cas où le travailleur prétend avoir travaillé sans aucune pause durant toute sa journée. Selon l'approche établie par la Cour de cassation, l'allégation selon laquelle un travailleur aurait travaillé sans aucune pause pour les repas, le thé ou les besoins personnels est jugée contraire au cours normal de la vie ; de telles affirmations doivent être prouvées par des preuves précises et concrètes.