Décision de la Cour de cassation sur l'obligation de soins envers un conjoint malade : le mari jugé gravement fautif

La 2e chambre civile de la Cour de cassation a confirmé la décision d'un tribunal jugeant gravement fautif un mari qui ne s'occupait pas de son épouse souffrant de problèmes de santé.

12punto

La 2e chambre civile de la Cour de cassation a rendu une décision marquante concernant l'obligation d'assistance et de soutien entre époux au sein de l'union conjugale. Le recours en appel du mari, jugé fautif pour ne pas s'être soucié de son épouse souffrant de problèmes de santé et pour ne pas l'avoir soutenue durant son processus de traitement, a été rejeté.

Un homme âgé, ayant saisi le tribunal de la famille, avait demandé le divorce en affirmant que son épouse le méprisait, l'humiliait, l'insultait et l'avait mis à la porte. Le plaignant alléguait également que sa carte de retraite ne lui était pas remise, que sa liberté économique était restreinte et qu'après avoir quitté le domicile, il avait dû vivre un temps dans la rue, se réfugiant dans une mosquée pour se protéger du froid. Dans sa requête, il réclamait également une pension alimentaire provisoire et de secours, ainsi que des dommages et intérêts pour préjudice matériel et moral.

LE TRIBUNAL : LA PARTIE FAUTIVE EST LE PLAIGNANT

L'épouse défenderesse a rejeté ces allégations. Elle a expliqué qu'en raison de ses problèmes de santé, elle était dans l'incapacité de s'occuper de son mari, souffrant d'une perte de vision liée au diabète, et qu'elle n'avait reçu aucun soutien de sa part durant cette période. La femme a précisé que ce sont son frère, sa fille et son gendre qui l'avaient aidée lors de ses hospitalisations et de ses traitements.

La partie défenderesse a soutenu que le plaignant n'avait pas rempli ses obligations découlant de l'union conjugale, qu'il considérait la maladie de son épouse comme une faute et que le fait qu'il séjourne par moments dans le salon de thé qu'il gérait au sein de la mosquée résultait de son refus de s'occuper de son épouse malade.

Le tribunal local a souligné que le fait de vivre séparément ne pouvait être imputé comme une faute à la seule épouse défenderesse. Prenant en compte les témoignages, le tribunal a conclu que le plaignant ne s'était pas soucié de son épouse malade et ne l'avait pas soutenue face à ses problèmes de santé. Pour ces motifs, la demande de divorce a été rejetée et il a été décidé que la pension alimentaire provisoire accordée à la défenderesse serait maintenue jusqu'à ce que la décision devienne définitive.


Le recours en appel contre cette décision a été rejeté par la Cour d'appel régionale. Le mari plaignant a alors porté l'affaire devant la Cour de cassation. La 2e chambre civile de la Cour de cassation a confirmé le jugement, estimant que l'évaluation du tribunal de la famille était fondée.

Ainsi, la haute juridiction a considéré que le fait de ne pas soutenir un conjoint malade et de ne pas se soucier de ses problèmes de santé constitue une faute grave au regard des obligations de l'union conjugale.