Dernière minute... Le tribunal rejette la décision de la Cour constitutionnelle concernant Tayfun Kahraman
La 13e Cour d'assises d'Istanbul a rejeté la demande de révision du procès de Tayfun Kahraman, détenu dans le cadre de l'affaire Gezi, malgré la décision de la Cour constitutionnelle reconnaissant une violation de ses droits.
12punto
La 13e Cour d'assises d'Istanbul a rejeté la demande de « révision du procès » déposée en faveur de Tayfun Kahraman, détenu dans le cadre de l'affaire Gezi, suite à la décision de la Cour constitutionnelle (AYM) reconnaissant une violation de ses droits.
Le tribunal n'a pas suivi la décision de la Cour constitutionnelle.
QUE S'EST-IL PASSÉ ?
La Cour constitutionnelle (AYM) a publié les motifs de sa décision reconnaissant une violation des droits de l'urbaniste Tayfun Kahraman, condamné à 18 ans de prison dans l'affaire Gezi.
Dans sa décision, la Haute Cour a souligné que les tribunaux n'avaient pas déterminé quels messages sur les réseaux sociaux ou quelles déclarations à la presse, utilisés comme motifs de condamnation, contenaient des expressions incitant à la violence ou à la tentative de renversement du gouvernement, et qu'il n'était pas établi quels actes de violence ils auraient provoqués.
La décision note qu'il n'est pas possible de comprendre quel rôle actif a été attribué à Kahraman dans la survenue des événements violents, précisant : « La simple existence d'actes de violence survenus lors d'une manifestation ou d'un rassemblement ne suffit pas à tenir des individus pour directement responsables, tant qu'un lien de causalité n'est pas établi entre leurs propres actions et ces actes de violence.
Les tribunaux doivent exposer clairement, dans les motifs de leurs jugements, quels actes de l'accusé peuvent être qualifiés de tentative de renversement du gouvernement par la force et la violence ».
La Cour constitutionnelle a conclu que le « droit à un procès équitable » de Kahraman, dans le cadre du droit à un procès conforme à l'équité, avait été violé et a ordonné la révision du procès.
Par ailleurs, il est à noter que la Haute Cour a insisté dans sa décision sur le fait que « l'appréciation appartient au tribunal ». La décision stipule : « Cette décision de reconnaissance de violation des droits est indépendante des résultats du litige et ne signifie pas qu'un acquittement ou une condamnation doive être prononcé lors du nouveau procès qui sera organisé suite à cette décision ».