Le licenciement arbitraire retoqué par la justice ! L'employeur devra prouver le motif valable de licenciement

Un salarié, licencié de l'usine où il travaillait depuis sept ans en raison de « changements dans les conditions de travail et d'une absence de besoin dans l'organisation de l'entreprise », a porté l'affaire devant les tribunaux. La Cour d'appel régionale, qui a mis un terme à ce litige ayant duré des années, a statué qu'un salarié ne pouvait être licencié sur la base de motifs abstraits et que l'employeur devait prouver le motif valable du licenciement.

İHA

Un salarié travaillant comme analyste de contrôle a été licencié pendant la période de pandémie en raison de changements dans les conditions de travail.

Ayant frappé à la porte du tribunal du travail, le salarié lésé a affirmé avoir été mis à la porte par l'employeur dès la levée de l'interdiction de licenciement. Il a soutenu n'avoir reçu aucun document officiel, que le responsable des ressources humaines lui avait envoyé une capture d'écran d'une notification notariale via WhatsApp, que le licenciement n'était pas conforme à la procédure et, pour toutes ces raisons, a demandé que le licenciement soit déclaré invalide et que sa réintégration soit ordonnée.

L'avocat de l'entreprise défenderesse a, quant à lui, rappelé que le plaignant avait été placé en congé sans solde en raison de la pandémie et que cette situation lui avait été notifiée.

Il a soutenu que le contrat avait été rompu en raison de « changements dans les conditions de travail et d'une absence de besoin dans l'organisation de l'entreprise », et que le salarié avait été licencié à la fin de l'interdiction de licenciement car son travail n'était plus nécessaire. Affirmant que les allégations du plaignant ne reflétaient pas la réalité, il a demandé le rejet de la plainte. Le tribunal a fait droit à la demande. L'avocat de la défense a fait appel de la décision. La chambre civile de la Cour d'appel régionale (BAM) a rendu une décision qui fait jurisprudence. 

La décision souligne que les patrons ne peuvent pas licencier du personnel sur la base de motifs abstraits et arbitraires.

La décision stipule ce qui suit :

"Il ressort de l'examen du dossier que l'employeur défendeur, qui porte la charge de la preuve, n'a pas pu étayer par des documents les points soulevés dans sa requête d'appel. Il est lié par le motif de licenciement indiqué dans la notification de rupture, à savoir les changements dans les conditions de travail et l'absence de besoin dans l'organisation, mais la partie défenderesse n'a présenté aucune preuve qu'une telle décision de gestion ait été prise au sein de l'entreprise, ni qu'une étude sur les effectifs normatifs ait été réalisée. Il est évident qu'elle n'a pas présenté légalement sa décision opérationnelle et qu'elle n'a pas pu prouver que cette décision était exempte d'arbitraire, cohérente, tenant compte des critères de sélection sociale et conforme au principe selon lequel le licenciement doit être l'ultime recours. Estimant que la décision du tribunal de première instance reposait sur une évaluation objective et contenait des motifs juridiques suffisants pour répondre aux arguments d'appel, il a été décidé de rejeter l'appel sur le fond."