AIEA : Nous œuvrons à prévenir la prolifération des armes nucléaires au Moyen-Orient

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, a qualifié d'inquiétants les discours sur l'utilisation d'armes nucléaires au Moyen-Orient, déclarant : « L'Agence s'efforce de faire appliquer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires dans la région. Les propos irresponsables concernant l'usage d'armes nucléaires se sont propagés à d'autres pays. »

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Le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est réuni au siège des Nations unies (ONU) à Vienne, en Autriche.

À l'issue de la réunion, le directeur général de l'AIEA, Rafael Mariano Grossi, a répondu aux questions des journalistes.

« UNE IRRESPONSABILITÉ INACCEPTABLE »

Répondant à une question sur la possibilité que les activités nucléaires non contrôlées d'Israël et ses armes nucléaires hors de tout contrôle complexifient davantage la situation au Moyen-Orient, M. Grossi a exprimé son inquiétude face aux développements dans la région, réitérant que « les discours irresponsables sur l'utilisation d'armes nucléaires sont inacceptables ».

M. Grossi a souligné que la menace d'utiliser des armes nucléaires contre Gaza proférée en novembre 2023 par le ministre israélien d'extrême droite du Patrimoine, Amihai Eliyahu, a eu un effet domino dans la région, affirmant que de tels discours doivent cesser.

« L'Agence s'efforce de faire appliquer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires dans la région. Les propos irresponsables concernant l'usage d'armes nucléaires se sont propagés à d'autres pays », a déclaré M. Grossi, rappelant que les armes nucléaires sont interdites par le droit international.

ACTIVITÉS NUCLÉAIRES DE L'IRAN

Abordant les activités nucléaires de l'Iran, M. Grossi a indiqué que le stock d'uranium enrichi continue d'augmenter dans ce pays, que le gouvernement de Téhéran n'applique pas le Protocole additionnel depuis environ trois ans et que, durant cette période, l'Agence n'a pas pu obtenir d'accès complémentaire.

M. Grossi a précisé que l'Iran doit mettre en œuvre la mesure appelée « Code 3.1 » dans le cadre de l'Accord de garanties généralisées, ajoutant que cette situation doit être résolue pour que l'Agence soit en mesure de garantir que le programme nucléaire iranien est exclusivement pacifique.

M. Grossi a estimé que « les déclarations publiques sur les capacités techniques de l'Iran à produire des armes nucléaires renforcent mes inquiétudes quant à l'exactitude et à l'exhaustivité des déclarations de l'Iran concernant ses garanties de sécurité ».

Notant que l'arrêt par l'Iran de l'application des décisions prises dans le cadre de la déclaration commune avec l'AIEA le 4 mars 2023 est une source de préoccupation majeure, M. Grossi a partagé l'avis que « cela accroît les doutes sur le respect par l'Iran de ce sur quoi nous nous étions mis d'accord ».

M. Grossi a exprimé son souhait de rencontrer les autorités iraniennes, précisant qu'il agirait sur invitation de Téhéran, et a souligné que ces préoccupations ne peuvent être résolues que par une coopération constructive et significative, appelant une fois de plus l'Iran à coopérer de manière complète et transparente.

CENTRALE NUCLÉAIRE EN UKRAINE

Indiquant que la situation reste instable à la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine, M. Grossi a fait état d'une intensification des combats autour du site ces dernières semaines.

M. Grossi a souligné que les parties respectent les cinq principes fondamentaux qu'il avait précédemment annoncés devant l'Assemblée générale des Nations unies pour éviter un accident nucléaire, mais a noté que des mesures risquant de compromettre certains de ces principes sont parfois prises.

Tout en notant que les experts de l'Agence poursuivent leurs travaux pour assurer la sûreté nucléaire sur place et tentent de prendre les mesures nécessaires face à tout danger potentiel, M. Grossi a déploré que l'équipe sur place ne puisse pas accéder à tous les points de la centrale dans le cadre de ses contrôles de sûreté nucléaire.

M. Grossi a annoncé qu'il se rendrait à Moscou demain avec l'accord des autorités russes, et qu'il mènerait des entretiens de haut niveau sur la sûreté nucléaire, en particulier concernant la centrale de Zaporijjia.