Allégations de vente de munitions militaires à Israël : la colère monte en Espagne

En Espagne, la révélation que des ventes de munitions militaires à Israël se sont poursuivies, malgré les déclarations du ministre des Affaires étrangères Jose Manuel Albares affirmant qu'elles avaient été « suspendues », a suscité une vive réaction.

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Selon une déclaration faite par le "Centro Delas", un institut indépendant spécialisé dans les études internationales sur la paix, et basée sur les données du site de commerce extérieur Comex, il a été révélé qu'une entreprise espagnole a vendu des munitions militaires à Israël en novembre 2023 pour un montant de 987 000 euros.

CRITIQUES SÉVÈRES

Les propos du ministre des Affaires étrangères Albares, qui a répété à maintes reprises dans ses déclarations précédentes que "les ventes d'armes et de munitions militaires à Israël étaient suspendues depuis le 7 octobre, date du début des attaques israéliennes contre Gaza", ont été démentis par les données de Comex, provoquant de vives critiques à l'encontre du gouvernement de coalition, tant de l'extérieur que de l'intérieur.

Le porte-parole parlementaire du parti Sumar, partenaire minoritaire de la coalition gouvernementale de gauche, Inigo Errejon, a déclaré sur son compte X : "L'embargo sur les ventes d'armes doit être total et permanent. Nous devons mettre fin au génocide à Gaza."

"PAS UNE SEULE BALLE, PAS UNE SEULE ARME PRODUITE EN ESPAGNE NE PEUT ALLER EN ISRAËL"

Le ministre de la Culture, Ernest Urtasun, membre du parti Sumar, a également déclaré à la presse que toutes les licences relatives aux ventes d'armes et de munitions militaires à Israël postérieures au 7 octobre 2023 devaient être annulées, affirmant : "Pas une seule balle, pas une seule arme produite en Espagne ne peut aller en Israël. Nous insistons pour qu'un embargo total soit appliqué sur les ventes d'armes à Israël."

Le parti Sumar a également souligné sur son compte X que "le gouvernement le plus extrémiste de l'histoire d'Israël est au pouvoir et que l'achat d'armes doit être suspendu de manière efficace et urgente", ajoutant : "Il n'y a pas d'excuses. Nous devons passer des paroles aux actes."

"CE DOCUMENT DÉMONTRE LE MENSONGE ET L'HYPOCRISIE DU PSOE"

Pablo Fernandez, secrétaire du parti Podemos, qui soutient le gouvernement de l'extérieur après avoir quitté la coalition Sumar faute d'avoir obtenu suffisamment de poids dans la politique palestinienne, a accusé le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), partenaire majoritaire du gouvernement.

Fernandez a déclaré : "Ce document révélé démontre le mensonge et l'hypocrisie du PSOE. Le gouvernement espagnol finance le génocide perpétré par Israël en Palestine. En tant que Podemos, nous exigeons qu'il impose un embargo sur les ventes d'armes, qu'il applique des sanctions au gouvernement israélien et qu'il rompe les relations diplomatiques avec ce pays."

Par ailleurs, une manifestation a été organisée devant le ministère des Affaires étrangères à Madrid à l'initiative de certaines organisations de la société civile, exprimant leur colère à la fois contre le gouvernement espagnol pour avoir continué à autoriser les ventes d'armes et contre Israël pour ses attaques sur Gaza.