Crise de la loi martiale en Corée du Sud : le nom de Yoon Suk-Yeol figure sur la liste des personnes à arrêter

L'Assemblée nationale de Corée du Sud a adopté une motion exigeant l'arrestation du président Yoon Suk-Yeol et de huit autres responsables. Suite à la proclamation de la loi martiale, une vive tension politique règne dans tout le pays, le nom de Yoon ayant été ajouté à la liste des personnes visées par une mesure d'arrestation.

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L'Assemblée nationale de Corée du Sud a adopté aujourd'hui, lors d'un vote, une motion exigeant l'arrestation de huit responsables, dont le président Yoon Suk-Yeol, qui avait proclamé la loi martiale dans le pays. Le Parlement a également approuvé la nomination d'un procureur spécial chargé d'enquêter sur les allégations de «rébellion» portées contre Yoon à la suite de cette proclamation.

LA MOTION D'ENQUÊTE ADOPTÉE PAR 210 VOIX

Selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, la motion adoptée par l'Assemblée nationale prévoit d'accorder des pouvoirs spéciaux à un procureur pour enquêter sur les accusations visant le président Yoon Suk-Yeol. La motion, qui appelle à une enquête sur Yoon, l'ancien ministre de la Défense Kim Yong-hyun, le chef d'état-major des armées Park An-su et d'autres responsables, a été adoptée par 210 voix contre 63 «non» et 14 «abstentions».


Lors du vote sur la destitution de Yoon, les députés du Parti du pouvoir au peuple (PPP), au pouvoir, présents dans l'hémicycle, ont pris part au scrutin. Le parti avait précédemment décidé de ne pas imposer de ligne de conduite officielle concernant l'acceptation ou le rejet de la motion. La motion adoptée demande également l'ouverture d'une enquête sur le Premier ministre Han Duck-soo, le commandant du contre-espionnage Yeo In-hyung et le chef du groupe parlementaire du PPP, Choo Kyung-ho. 

L'OPPOSITION AJOUTE LE NOM DE YOON À LA LISTE DES PERSONNES À ARRÊTER

Contrairement à d'autres enquêtes menées par des procureurs spéciaux, le président Yoon n'a pas le droit de rejeter cette motion, bien qu'il puisse retarder la nomination du procureur. 


Lors du vote tenu aujourd'hui à l'Assemblée, une motion exigeant «l'arrestation immédiate» de huit responsables, dont Yoon, a également été adoptée par 191 voix contre 94. Trois abstentions ont été enregistrées lors de ce scrutin. Cette motion, portée par l'opposition, avait été acceptée lors d'une réunion de commission jeudi dernier. Le Parti démocrate (DP), principale force d'opposition, avait ensuite ajouté le nom de Yoon à la motion avant de la soumettre à l'Assemblée. 


Le député du DP, Park Sung-joon, a déclaré à l'Assemblée nationale que le nom de Yoon avait été ajouté à la liste, affirmant que le président avait dirigé un «crime de rébellion» visant à renverser l'Assemblée nationale sud-coréenne. Au cours de la séance, le DP a également déposé des motions de destitution contre le ministre de la Justice Park Sung-jae et le commissaire général de la police nationale Cho Ji-ho. Le DP devrait soumettre ces motions de destitution au vote lors de la session de l'Assemblée nationale prévue jeudi. 

QUE S'EST-IL PASSÉ ?

Le président sud-coréen Yoon avait proclamé la loi martiale dans la nuit du 3 décembre lors d'une allocution télévisée, invoquant des «activités anti-étatiques de l'opposition», avant de faire marche arrière après que le Parlement a voté pour lever cette mesure, décision confirmée par le Conseil des ministres. Yoon avait accusé l'opposition d'«empêcher le gouvernement de remplir ses fonctions», affirmant que la loi martiale visait à «éliminer les forces pro-nord-coréennes et à protéger l'ordre constitutionnel et les libertés».

Après la proclamation de la loi martiale, le ministère de la Défense avait ordonné aux commandants militaires de se réunir et de rester en état d'alerte. Par ailleurs, il a été rapporté que des soldats désignés comme «unités de la loi martiale» étaient entrés dans l'Assemblée nationale. Lors d'une session d'urgence, l'Assemblée nationale avait adopté par 190 voix une motion exigeant la levée de la loi martiale. Le bureau de la présidence de l'Assemblée nationale avait alors déclaré que la loi martiale était devenue «nulle et non avenue» suite à ce vote.

Réunissant ensuite le Conseil des ministres, Yoon avait annoncé la fin de la loi martiale après approbation du cabinet. Le Parti démocrate, principale force d'opposition, et cinq petits partis d'opposition avaient soumis une motion de destitution au Parlement, arguant que la proclamation de la loi martiale par Yoon était inconstitutionnelle et illégale.

La motion, qui nécessitait l'approbation de 200 députés pour être adoptée, n'avait pas atteint le quorum requis. Il a été rapporté qu'une interdiction de voyager avait été imposée au président Yoon Suk-Yeol dans le cadre de l'enquête ouverte pour «haute trahison».