La Chine va imposer des sanctions à 9 entreprises américaines en raison de ventes d'armes à Taïwan
Le gouvernement chinois a annoncé qu'il imposerait des sanctions à neuf entreprises de l'industrie de défense américaine, les accusant d'avoir facilité des ventes d'armes à Taïwan, territoire avec lequel Pékin entretient un différend de souveraineté.
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Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a souligné lors d'une conférence de presse tenue à Pékin que les ventes d'armes des États-Unis à Taïwan contreviennent au principe d'une « seule Chine » et aux trois communiqués conjoints qui constituent le fondement des relations entre les deux pays.
Déclarant que ces ventes menacent la sécurité et la souveraineté de la Chine, nuisent à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taïwan et envoient un message erroné aux séparatistes prônant l'indépendance de Taïwan, le porte-parole Lin a indiqué que la Chine condamnait et protestait contre l'attitude des États-Unis.
Dans un communiqué publié par le ministère, il a été noté que des sanctions seraient imposées aux entreprises de l'industrie de défense américaine Sierra Nevada Corporation, Stick Rudder Enterprises LLC, Cubic Corporation, S3 AeroDefense, TCOM, TextOre, Planate Management Group, ACT1 Federal et Exovera.
Dans le cadre de ces sanctions, les avoirs de ces entreprises en Chine seront gelés et il leur sera interdit d'effectuer des transactions avec des personnes et des institutions présentes dans le pays.
Le département d'État américain avait annoncé pour la dernière fois, le 17 septembre, l'approbation d'une vente militaire de 228 millions de dollars incluant des produits et services liés à l'aéronautique à Taïwan. Il s'agissait de la 16e vente militaire approuvée par le gouvernement dirigé par le président américain Joe Biden en faveur de Taïwan.
SANCTIONS CONTRE LES ENTREPRISES DE DÉFENSE AMÉRICAINES
En septembre 2022, la Chine avait décidé d'imposer des sanctions aux dirigeants des entreprises Boeing Defense et Raytheon, Ted Colbert et Greg Hayes, en raison de leur implication dans une vente d'armes de 1,1 milliard de dollars à Taïwan.
Après que Washington a approuvé en août 2023 la vente à Taïwan d'un système de recherche et de suivi infrarouge pour F-16 et d'équipements connexes pour un montant de 500 millions de dollars, le gouvernement de Pékin avait annoncé qu'il sanctionnerait les entreprises de défense américaines Lockheed Martin et Northrop Grumman, fournisseurs de ces équipements.
Suite à l'annonce par l'Agence de coopération pour la sécurité de la défense (DSCA) des États-Unis, en décembre 2023, de la fourniture d'un soutien logistique et matériel d'une valeur de 300 millions de dollars pour maintenir les capacités de commandement, de contrôle, de communication et d'informatique (C4) de Taïwan, une décision de sanction a été prise contre 5 entreprises de défense américaines fournissant ces équipements : BAE Systems Land and Armament, Alliant Techsystems Operation, AeroVironment, ViaSat et Data Link Solutions.
Par ailleurs, il avait été indiqué qu'en mai 2023, l'unité spatiale et de défense de Boeing Defense, ainsi que les entreprises General Atomics Aeronautical Systems et General Dynamics Land Systems, avaient été placées sur la liste des « entités peu fiables » pour les mêmes motifs. Il a été interdit à ces entreprises de réaliser de nouveaux investissements en Chine, et leurs hauts dirigeants se sont vu interdire l'entrée sur le territoire chinois.
Taïwan, que la Chine considère comme une partie de son territoire, jouit d'une indépendance de fait depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949. La séparation survenue après la guerre civile entre la Chine continentale et Taïwan persiste encore aujourd'hui. Pékin, en insistant sur le principe d'une « seule Chine », s'oppose à ce que les pays qui le reconnaissent établissent des relations officielles avec Taïwan et vendent des armes à l'île.