La Ligue arabe adopte le « Plan égyptien » pour la reconstruction de Gaza

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a annoncé, lors du sommet de la Ligue arabe, l'adoption du plan égyptien pour la reconstruction de Gaza, déclarant : « Ce plan garantira que les Palestiniens restent sur leurs terres ».

İHA

Les chefs d'État et dirigeants des pays arabes, ainsi que des représentants de l'Union européenne et des Nations unies, se sont réunis au Caire, capitale de l'Égypte, lors d'un sommet extraordinaire de la Ligue arabe consacré à l'avenir de la bande de Gaza. Le discours d'ouverture a été prononcé par le roi Hamad ben Issa al-Khalifa de Bahreïn, qui assure la présidence tournante de la Ligue arabe. « Nous rejetons toute tentative de déplacement forcé des Palestiniens, nous soutenons la solution à deux États et nous appelons à soutenir le plan de reconstruction égyptien », a déclaré Al-Khalifa, ajoutant qu'« une paix juste et durable est l'élément fondamental pour que le peuple palestinien puisse recouvrer son droit historiquement légitime à l'autodétermination ».

« GARANTIR LE MAINTIEN SUR LEURS TERRES »

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, hôte du sommet, a affirmé que les attaques contre Gaza laissaient une tache indélébile sur l'humanité. Soulignant que la guerre visait à anéantir la population de la bande de Gaza, M. Sissi a déclaré : « Nous sommes réunis ici aujourd'hui face à une réalité douloureuse. Notre région est confrontée à des défis pénibles. »

Insistant sur le fait que le plan égyptien de reconstruction de Gaza garantirait que les Palestiniens restent sur leurs terres, M. Sissi a ajouté : « Ceux qui ont perdu leurs proches à Gaza, les veuves et les orphelins, ont les yeux tournés vers vous dans l'espoir de voir leurs espoirs renaître et de parvenir à une paix durable. »

M. Sissi a également ajouté que le président américain Donald Trump avait la capacité d'instaurer la paix au Moyen-Orient.

L'APPEL DE GUTERRES

Le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a appelé dans son discours à une reprise sérieuse des négociations de cessez-le-feu à Gaza, à la libération des otages et des détenus, ainsi qu'à la levée de tous les obstacles à l'acheminement de l'aide humanitaire vers Gaza. « L'aide humanitaire ne peut faire l'objet de négociations. Elle doit pouvoir circuler sans entrave », a-t-il déclaré.

Soulignant la nécessité d'un cadre politique fondé sur les principes du droit international pour la reconstruction et la stabilité durable de Gaza, M. Guterres a affirmé : « Les préoccupations sécuritaires d'Israël doivent être prises en compte, mais elles ne doivent pas être assurées par une présence à long terme de l'armée israélienne. Gaza doit rester une partie intégrante d'un État palestinien indépendant, démocratique et souverain, et il ne saurait être question de réduire ses frontières ou de forcer sa population à l'exil. »

M. Guterres a également exprimé son inquiétude face à la situation en Cisjordanie, où Israël mène des raids meurtriers : « Plus de 40 000 Palestiniens ont été déplacés de force ces derniers mois. Il s'agit du déplacement le plus massif observé depuis des décennies. »

« Alors que les destructions, les évacuations et l'expansion des colonies se poursuivent, la violence des colons s'y ajoute. Tout cela affaiblit davantage l'Autorité palestinienne à un moment où son rôle est plus crucial que jamais », a ajouté M. Guterres.

Appelant à une désescalade urgente, M. Guterres a invité Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international.

« L'UE S'OPPOSE À TOUTE TENTATIVE DE CHANGEMENT DÉMOGRAPHIQUE »

Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a réitéré l'attachement de l'UE à la solution à deux États, où Palestiniens et Israéliens pourraient vivre côte à côte dans la paix et la sécurité. « Le respect de la Charte des Nations unies, de l'ordre international fondé sur des règles et du droit international n'a jamais été aussi menacé qu'aujourd'hui. Je serai clair : l'Union européenne s'oppose à toute tentative de changement démographique ou de modification des frontières à Gaza. Il en va de même pour le reste du monde », a-t-il déclaré.

Exprimant le soutien de l'UE à la reconstruction de Gaza, M. Costa a affirmé que l'Union était prête à apporter un soutien concret au plan proposé par l'Égypte.

SOUTIEN DE LA JORDANIE

Lors du sommet, le roi Abdallah II de Jordanie a déclaré que son pays s'opposait totalement au déplacement forcé des Palestiniens et soutenait la reconstruction de Gaza.

« Déplacer par la force le peuple palestinien de Gaza est une tache sur le visage de l'humanité. »

Le président syrien Ahmed al-Shara a affirmé que son pays restait l'un des soutiens indéfectibles de la cause palestinienne et qu'il ferait tout son possible pour favoriser la paix et la sécurité dans la région. Rejetant le plan de Gaza du président américain Trump, M. Shara a déclaré : « L'appel à déplacer par la force le peuple palestinien de Gaza est, à tous égards, une tache sur le visage de l'humanité. »

Le président palestinien Mahmoud Abbas a exprimé sa ferme opposition aux appels visant à transférer la population de Gaza ailleurs et s'est déclaré prêt à organiser des élections présidentielles et législatives si les conditions le permettent.

LE PLAN ÉGYPTIEN ADOPTÉ

Dans son discours de clôture, le président égyptien Sissi a annoncé que les dirigeants des pays arabes avaient adopté le plan égyptien pour la reconstruction de Gaza. M. Sissi a invité les autres pays à soutenir ce plan et à participer à la conférence sur la reconstruction de Gaza qui sera organisée par l'Égypte en avril.

Le plan de reconstruction, qui n'a pas encore été officiellement dévoilé, devrait coûter 53 milliards de dollars, un montant quasi identique à celui estimé par les Nations unies. Selon des sources ayant eu accès au projet, la phase de redressement rapide et de logement temporaire, d'une durée de six mois, coûterait 3 milliards de dollars ; le processus s'étendant jusqu'en 2027, axé sur les infrastructures de base et la construction de logements permanents, nécessiterait 20 milliards de dollars ; et la phase finale, prévue jusqu'en 2030 et visant la construction de logements supplémentaires, d'infrastructures, ainsi que d'installations commerciales et industrielles, coûterait 30 milliards de dollars.

Développée comme une alternative à la proposition du président américain Donald Trump — qui prévoyait le transfert des quelque 2 millions de Palestiniens vivant à Gaza et la transformation de la bande de Gaza en centre touristique —, la proposition connue sous le nom de « Plan égyptien » garantit que la population de Gaza reste sur ses lieux de vie pendant la reconstruction.

Selon la presse égyptienne, les articles du plan précisent que la mise en œuvre de la reconstruction nécessite « des dispositions pour une administration de transition et l'établissement de la sécurité de manière à préserver l'espoir d'une solution à deux États ».

Ainsi, le plan, qui qualifie Gaza de partie intégrante des territoires palestiniens, prévoit la création d'un comité indépendant d'« Administration de Gaza » pour gérer la bande de Gaza durant la période de transition de 6 mois, composé de technocrates travaillant sous l'égide du gouvernement palestinien et n'étant affiliés à aucune faction politique.

Les rapports indiquent également que le plan souligne la nécessité de décider du déploiement d'une force de maintien de la paix internationale sur les territoires palestiniens en vue de la création d'un État palestinien, et prévoit la création d'une zone tampon après le déblaiement des décombres à Gaza, ainsi que la construction de 20 zones de logements temporaires avec la participation de l'Égypte et d'entreprises étrangères.