La manœuvre de la « ligne jaune » d'Israël suscite de nouvelles inquiétudes à la frontière libanaise

La « ligne jaune » annoncée unilatéralement par l'armée israélienne dans le sud du Liban attise les tensions frontalières et soulève des interrogations au Liban.

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Les forces de sécurité israéliennes ont annoncé hier la mise en place d'une nouvelle mesure, instaurant une ligne frontalière appelée « ligne jaune » dans le sud du Liban. Cette pratique, qui rappelle un modèle déjà utilisé à Gaza, vise à réorganiser administrativement les zones sous contrôle israélien.

Cependant, les responsables militaires libanais affirment qu'une telle ligne n'existe pas sur le terrain et que cette mesure résulte entièrement d'une décision unilatérale d'Israël. Face à cette initiative israélienne, les débats et les inquiétudes s'intensifient rapidement au Liban.

La « ligne jaune » englobe environ 55 villages et localités libanais passés sous le contrôle des forces israéliennes depuis le 2 mars. Les analyses dans les médias israéliens soulignent la ressemblance entre cette ligne et celle séparant les zones contrôlées par le Hamas en Palestine.

Selon des informations recueillies auprès de sources dans la région, les zones situées entre la « ligne jaune » et la « Ligne bleue » reconnue sous supervision de l'ONU seraient déclarées « zone de tir libre » par Israël. Dans cette zone, l'armée israélienne intervient directement dès qu'elle perçoit une menace potentielle. Un responsable militaire israélien a indiqué que des « opérations de nettoyage et de ratissage » étaient menées dans la zone et que le feu était ouvert en cas de mouvement suspect.

Cette approche repose sur le modèle de la zone de sécurité similaire créée dans la bande de Gaza. Immédiatement après le cessez-le-feu annoncé le 10 octobre, Israël avait mis en place une vaste zone de sécurité à Gaza et avait utilisé ce mécanisme de manière rigoureuse. Toutefois, l'application d'un système similaire au Liban s'accompagne de calculs politiques et militaires différents.

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que Tel-Aviv était déterminé à maintenir une présence permanente dans les zones du sud du Liban passées sous son contrôle. Selon des sources libanaises, l'armée israélienne a mené d'intenses bombardements dès le premier jour du cessez-le-feu, tout juste entré en vigueur, ce qui a été considéré comme une violation de la trêve.

Le président américain Donald Trump avait annoncé récemment l'instauration d'un cessez-le-feu de dix jours après des entretiens avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Cependant, les développements sur le terrain et la controverse autour de la « ligne jaune » ont mis en lumière la fragilité de cette trêve.

Cette nouvelle frontière, déclarée unilatéralement par Israël, est perçue comme le signe que le pays cherche à créer une zone de sécurité permanente au Liban. Les experts estiment que cette mesure pourrait entraîner des risques de conflits plus importants dans la région.