Macron a nommé le nouveau Premier ministre français

Le président français Emmanuel Macron a nommé le nouveau Premier ministre du pays.

İHA

Le président français Emmanuel Macron a nommé Michel Barnier, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien négociateur en chef de l'Union européenne (UE) pour le Brexit issu du centre-droit, au poste de Premier ministre, refusant ainsi de nommer le candidat commun de la gauche après les élections législatives anticipées remportées par l'alliance de gauche du Nouveau Front populaire (NFP).

Dans un communiqué publié par l'Élysée, il est indiqué que M. Macron a chargé Michel Barnier de "constituer un gouvernement de rassemblement au service du pays".

Le communiqué précise que la nomination de M. Barnier en tant que Premier ministre intervient après une série de consultations menées par M. Macron, conformément à ses responsabilités constitutionnelles, afin de trouver un Premier ministre et un gouvernement "le plus stable possible" et "disposant des chances de rassembler le plus large soutien".

Âgé de 73 ans et issu de la tradition républicaine de centre-droit, M. Barnier a occupé diverses fonctions ministérielles par le passé. Il a été ministre des Affaires étrangères entre 2004 et 2005, puis a exercé les fonctions de négociateur en chef de l'Union européenne (UE) pour le Brexit entre 2016 et 2021.

- Réaction virulente de l'alliance de gauche face à Macron

L'alliance de gauche NFP, qui a obtenu le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée nationale lors des élections législatives anticipées en France, a réagi à la décision de M. Macron de nommer Michel Barnier, issu du centre-droit, plutôt que le candidat commun de la gauche.

Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise (LFI), principal parti de l'alliance NFP, et ancien candidat à la présidence, a déclaré dans une vidéo publiée sur son compte X que M. Macron, en nommant M. Barnier, "a nié le résultat des élections législatives qu'il avait lui-même provoquées".

Soutenant que les élections ont été volées, M. Mélenchon a appelé les Français à se mobiliser "avec la plus grande force contre cette attaque à la souveraineté populaire" menée par M. Macron.

- Appel à manifester le 7 septembre

Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée, a exprimé dans une publication sur X que M. Macron "refuse de respecter la souveraineté populaire et le choix exprimé dans les urnes". Mme Panot a appelé les Français à descendre dans la rue le 7 septembre.

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), deuxième force de l'alliance NFP, a également accusé M. Macron de "déni de démocratie". M. Faure a critiqué le fait que M. Macron nomme un Premier ministre issu d'un parti arrivé en quatrième position lors des élections.

De son côté, Marine Le Pen, figure de l'extrême droite, a déclaré sur la chaîne LCI qu'ils ne participeraient pas au gouvernement de Michel Barnier. La dirigeante du Rassemblement national (RN) a affirmé à propos de M. Barnier : "Il ne reflète pas nos idées."

- Le processus électoral et de nomination du Premier ministre en France

M. Macron a nommé le Premier ministre deux mois après les élections législatives anticipées qui se sont tenues les 30 juin et 7 juillet.

Lors de ces élections, où le NFP de gauche a obtenu le plus grand nombre de députés, aucun parti ou alliance n'a atteint la majorité absolue de 289 sièges, ce qui a conduit à l'Assemblée la plus fragmentée de l'histoire de France.

M. Macron avait annoncé qu'il ne nommerait pas de nouveau Premier ministre pendant les Jeux olympiques de Paris 2024, dont le pays était l'hôte, et avait demandé au gouvernement de Gabriel Attal, qui avait présenté sa démission, de rester en fonction pendant un certain temps.

Ayant entamé le 23 août les négociations qu'il avait suspendues pendant les Jeux olympiques, M. Macron avait refusé de nommer Lucie Castets, candidate commune de l'alliance de gauche victorieuse, et avait fait savoir qu'il poursuivrait les consultations.

À l'issue des élections législatives anticipées en France, le NFP et ses alliés constituent le plus grand groupe politique à l'Assemblée nationale avec 193 députés, suivis par la coalition présidentielle de M. Macron avec 166 députés, et le RN d'extrême droite et ses alliés avec 142 députés.

Selon la Constitution française, le président a le pouvoir de nommer la personne de son choix au poste de Premier ministre, mais selon la tradition politique, le Premier ministre est choisi au sein du parti ou de l'alliance ayant obtenu le plus grand nombre de voix.