Macron : L'avenir de l'Europe ne peut être décidé à Washington ou à Moscou

Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé à la suite des déclarations du président américain Donald Trump.

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Emmanuel Macron s'est adressé à la nation concernant la guerre en Ukraine et ses répercussions sur l'Europe.

Soulignant que les développements géopolitiques mondiaux rendent la sécurité et la prospérité plus incertaines, M. Macron a déclaré : "Vous êtes légitimement inquiets face aux événements historiques qui se déroulent aujourd'hui. Les États-Unis ont changé leur position sur la guerre en Ukraine. Ces mêmes États-Unis s'apprêtent à imposer des droits de douane à l'Europe."

"QUI PEUT CROIRE QUE LA RUSSIE SE CONTENTERA DE L'UKRAINE ?"

M. Macron a rappelé que depuis le début de la guerre en Ukraine, la France continue de soutenir les Ukrainiens et d'appliquer des sanctions contre la Russie, avant de poursuivre :

"Au-delà de l'Ukraine, la menace russe est bien réelle et affecte les pays européens, elle nous affecte aussi. La Russie a déjà transformé la guerre en Ukraine en un conflit mondial. Elle a mobilisé des soldats nord-coréens et des équipements de fabrication iranienne sur notre continent, tout en aidant ces pays à s'armer davantage."

Le président a affirmé que la guerre en Ukraine confirme une fois de plus la réalité de la menace russe pour la sécurité européenne, ajoutant que la Russie poursuit ses cyberattaques et tente d'influencer l'opinion publique en Europe "en diffusant de fausses informations sur les réseaux sociaux".

M. Macron a souligné que la Russie prévoit d'agrandir son armée d'ici 2030 avec 3 000 chars et 300 avions de combat, pour un investissement de plus de 40 milliards d'euros, et que ce pays continue de représenter une menace pour la sécurité de l'Europe : "Qui peut croire que la Russie se contentera de l'Ukraine ?", a-t-il interrogé.

"LA PAIX NE PEUT ÊTRE OBTENUE À N'IMPORTE QUEL PRIX"

"Le chemin vers la paix ne passe pas par l'abandon de l'Ukraine. Au contraire, la paix ne peut être obtenue à n'importe quel prix ni par les diktats d'un régime autoritaire. La paix ne signifie pas la reddition ou l'effondrement de l'Ukraine", a-t-il déclaré.

Indiquant qu'il élabore avec ses partenaires européens un "plan de paix solide, durable et vérifiable", qu'il a défendu lors de sa visite aux États-Unis il y a deux semaines, M. Macron a ajouté concernant les États-Unis : "Je veux croire que les États-Unis resteront à nos côtés, mais nous devons également être prêts à toute éventualité."

M. Macron a souligné une fois de plus la nécessité d'accroître les capacités de défense et de dissuasion de l'Europe, indépendamment de la réalisation de la paix en Ukraine : "Dans ce cadre, nous restons attachés à l'OTAN et à notre partenariat avec les États-Unis, mais nous devons faire davantage. Nous devons renforcer notre indépendance en matière de défense et de sécurité. L'avenir de l'Europe doit être décidé en Europe, et non à Washington ou à Moscou."

LA DISSUASION NUCLÉAIRE À L'ORDRE DU JOUR

Affirmant que la France possède un "statut particulier" dans la sécurité européenne, disposant de "l'armée la plus efficace" d'Europe et d'une capacité de dissuasion nucléaire, M. Macron a annoncé que le budget alloué à l'armée serait doublé au cours des 10 prochaines années.

Précisant que des mesures importantes seraient prises demain à Bruxelles lors du sommet réunissant 27 chefs d'État et de gouvernement ainsi que des représentants de l'UE, M. Macron a annoncé qu'un "financement commun" serait décidé pour l'achat d'équipements de défense tels que des chars et des avions de combat en Europe.

"Au nom de la préservation de la paix et de la sécurité en Europe, et en réponse à l'appel historique du futur chancelier allemand, j'ai décidé d'ouvrir le débat stratégique sur la protection des alliés du continent européen par la dissuasion nucléaire française", a déclaré M. Macron.

LA DISPUTE A PLACÉ L'UKRAINE EN TÊTE DE L'AGENDA

À la suite de la dispute dans le Bureau ovale entre le président américain Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, les États-Unis avaient temporairement suspendu leur soutien en renseignement et leurs livraisons militaires à ce pays.

M. Trump et M. Zelensky s'étaient disputés devant les caméras lors de leur rencontre dans le Bureau ovale le 28 février. La conférence de presse commune annoncée avait été annulée, M. Zelensky avait quitté la Maison Blanche seul et aucun accord sur les terres rares n'avait été signé.

M. Trump avait soutenu que M. Zelensky avait "manqué de respect au peuple américain", tandis que M. Zelensky avait affirmé n'avoir rien fait de mal pour lequel il devrait s'excuser.

Avec cette controverse, les négociations de paix en Ukraine sont devenues la priorité des dirigeants européens, qui s'étaient réunis à Londres, capitale du Royaume-Uni, lors d'un sommet sur la sécurité consacré à l'Ukraine.

À l'issue du sommet, la France et le Royaume-Uni avaient annoncé avoir convenu avec l'Ukraine de travailler sur un plan de cessez-le-feu, qu'ils prévoyaient de négocier et de faire avancer ultérieurement avec les États-Unis.

Un sommet sur l'Ukraine réunissant les dirigeants de 27 pays est prévu demain à Bruxelles, en Belgique.