Nouvelle crise entre les États-Unis et l'Iran
Alors que des avancées significatives sont réalisées dans les pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran, il a été précisé que Téhéran serait le seul à décider de l'utilisation des avoirs iraniens qui seront débloqués.
12punto
Ali Bahreini, représentant permanent de l'Iran auprès des Nations Unies à Genève, a déclaré que les négociations de conciliation avec les États-Unis progressaient de manière positive. M. Bahreini a fait état de progrès notables lors des contacts au niveau technique et a annoncé la création, dans les prochains jours, de deux groupes d'experts distincts. L'ordre du jour principal de ces groupes portera sur la levée des sanctions économiques imposées à l'Iran et sur la portée des activités nucléaires du pays.
Lors de la rencontre qui s'est tenue la semaine dernière à Bürgenstock, en Suisse, il a été indiqué que les deux parties étaient parvenues à un accord sur une feuille de route pour une paix durable, après un accord provisoire. Dans le cadre des négociations menées avec la médiation du Qatar et du Pakistan, l'objectif est de parvenir à un traité final dans un délai de 60 jours. De son côté, l'administration américaine a annoncé qu'à la suite du premier cycle de pourparlers, certaines sanctions contre l'Iran seraient temporairement suspendues pour une période de 60 jours à compter de lundi.
Par ailleurs, les propos du vice-président américain JD Vance, selon lesquels « les fonds iraniens débloqués seraient contrôlés par les États-Unis et le Qatar et cet argent pourrait être utilisé pour l'achat de produits agricoles américains », ont été rejetés par l'Iran. M. Vance avait précisé que cette proposition avait été avancée par Jared Kushner, gendre de l'ancien président Donald Trump.
Lors d'une conférence de presse à Genève, Ali Bahreini a clairement rejeté ces allégations en déclarant : « Le seul pays qui décidera de ce qu'il fera de ses avoirs débloqués est l'Iran ». M. Bahreini a également souligné qu'ils n'acceptaient pas que d'autres pays s'immiscent dans les processus de décision financière de l'Iran.
Il est de notoriété publique que l'origine des fonds gelés provient en grande partie des revenus pétroliers détenus à l'étranger et des réserves de la Banque centrale. Dans le cadre du premier accord, environ 12 milliards de dollars devraient être restitués à l'Iran. Il a été indiqué qu'une partie de ces avoirs se trouve toujours au Qatar et qu'une coopération avec Washington et Doha pourrait être envisagée dans le cadre de dispositions techniques. Cependant, le représentant iranien a souligné que cette coopération ne signifierait pas une ingérence étrangère dans l'utilisation des fonds, et que les dépenses et les importations seraient déterminées entièrement par la volonté de l'Iran.
Dans sa déclaration, M. Bahreini a affirmé : « Le processus d'achat de matières premières et d'importation est une question sur laquelle l'Iran, et seulement l'Iran, décidera ». Le gouvernement de Téhéran a réitéré qu'il était la seule autorité à décider des domaines vers lesquels orienter ces ressources si les milliards de dollars d'avoirs bloqués à l'étranger à la suite d'années de sanctions venaient à être libérés.
Les groupes de travail qui seront formés dans la période à venir devraient jouer un rôle critique tant dans la levée des obstacles liés aux sanctions que dans la définition détaillée des attentes mutuelles concernant le programme nucléaire. Le cours des négociations est suivi avec attention, non seulement pour la région, mais aussi pour la diplomatie mondiale et les marchés de l'énergie.