Nouvelles interdictions des Taliban : les femmes ne pourront plus parler dans la rue
En Afghanistan, le régime des Taliban restreint la vie sociale par l'intermédiaire de la police des mœurs, appelée « Mohtasib ». Avec cette nouvelle loi, les agents de la police des mœurs pourront intervenir sur la manière dont les Afghans apparaissent dans les espaces publics, et même sur ce qu'ils mangent ou boivent.
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Le régime des Taliban a approuvé une nouvelle série d'interdictions, incluant l'interdiction pour les femmes de laisser entendre leur voix en public.
Selon les nouvelles règles, il est désormais totalement interdit aux femmes de montrer leur visage en dehors de leur domicile.
Le régime prétend que ces dernières lois sur les règles sociales visent à « promouvoir la vertu et à éliminer le vice ».
L'Organisation des Nations unies (ONU) a condamné ces dernières interdictions relatives à la « moralité et à la vertu ».
L'institution chargée de superviser l'application de la loi, officiellement nommée ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, a souligné que personne dans le pays n'était exempté de ces lois.
QUE PRÉVOIT LA LOI ?
Selon les informations rapportées par BBC Türkçe, la nouvelle loi définit le fait que la voix d'une femme soit entendue en public comme un « vice ». L'article en question stipule : « Lorsqu'une femme adulte quitte nécessairement son domicile, elle est tenue de dissimuler sa voix, son visage et son corps ».
Ces règles sociales extrémistes étaient appliquées par décret dans le pays depuis 2022, mais elles ont acquis un caractère officiel avec cette nouvelle loi.
Les Taliban déclarent avoir arrêté plus de 10 000 personnes jusqu'à présent pour non-respect des lois sur la moralité publique.
INTERDICTIONS IMPOSÉES AUX FEMMES
La loi définit également comment les femmes doivent couvrir entièrement leur visage et leur corps, « afin de ne pas entraîner les hommes dans le péché et le mal » :
Une femme doit couvrir entièrement son corps.
Une femme doit couvrir son visage pour « ne pas entraîner dans le péché ».
La voix d'une femme est considérée comme faisant partie de l'« awrah » et ne doit pas être entendue en public. (Le mot arabe « awrah » désigne les parties du corps qui doivent être couvertes. L'« awrah » inclut, tant pour les hommes que pour les femmes, les parties du corps qui ne doivent pas être vues par la société.)
Les femmes ne doivent pas non plus être entendues lorsqu'elles chantent ou lisent des livres à voix haute, même à l'intérieur de leur domicile.
Les vêtements des femmes ne doivent être ni fins, ni courts, ni moulants.
Les femmes doivent dissimuler leur corps et leur visage aux hommes avec lesquels elles n'ont pas de lien de sang ou de mariage.
Il est également interdit aux hommes de regarder le corps et le visage des femmes, et il en va de même pour les femmes adultes regardant les hommes.
INTERDICTIONS IMPOSÉES AUX HOMMES
Les barbiers ont également l'interdiction de raser ou de tailler la barbe.
Les hommes doivent également couvrir leur corps, du nombril jusqu'en dessous des genoux, lorsqu'ils sont à l'extérieur de leur domicile. Ces parties du corps sont considérées comme « awrah ».
Il est également interdit aux hommes de se coiffer d'une manière contraire aux lois de la charia. Les Taliban ont également interdit aux barbiers de raser ou de tailler la barbe.
Avec les nouvelles règles, il est obligatoire pour les hommes de laisser pousser leur barbe à la longueur d'un poing, et le port de la cravate est interdit.
La loi interdit également aux femmes de prendre un taxi seules et de s'asseoir à côté d'hommes dans un véhicule.
Une autre interdiction concerne les dessins. Selon celle-ci, il est interdit de dessiner un oiseau, un animal ou un membre de la famille.
De même, l'achat et la vente de statues représentant un être vivant ont été interdits.
Ceux qui agissent en violation de ces règles pourront encourir des peines allant de l'amende à trois jours de prison.
La loi, approuvée par le chef des Taliban, Haibatullah Akhundzada, n'est pas encore entrée en vigueur.