Rencontre critique entre Poutine et Ahmed al-Chara
Le président syrien par intérim, Ahmed al-Chara, et le président russe Vladimir Poutine se rencontrent à Moscou pour discuter de l'avenir des relations entre les deux pays et de la présence militaire russe en Syrie.
12punto
Ahmed al-Chara, nommé à la présidence de la Syrie après l'éviction de Bachar el-Assad, effectue sa deuxième visite officielle en Russie. Cette rencontre à Moscou se distingue comme un entretien majeur à une période où les équilibres politiques et militaires en Syrie sont en pleine reconfiguration.
Issu des groupes qui ont lutté pendant des années contre les frappes aériennes russes, M. al-Chara mène aujourd'hui des pourparlers dans la capitale russe dans le but de renforcer la coopération avec Moscou. Les principaux points à l'ordre du jour de la réunion incluent la présence des bases militaires russes sur le territoire syrien ainsi que l'approfondissement de la coopération économique et stratégique entre les deux nations.
Dans un communiqué, le Kremlin a indiqué que l'avenir de la présence militaire russe en Syrie serait abordé lors du sommet. Actuellement, la Russie dispose de deux bases navales importantes en Syrie et maintient son infrastructure militaire dans la région. Toutefois, il a été rapporté la semaine dernière que certains soldats russes en poste dans la région de Qamichli, en Syrie, avaient commencé à quitter le pays.
Au début de la rencontre, Ahmed al-Chara a souligné que les priorités de la politique étrangère syrienne avaient changé dans les conditions actuelles, déclarant : "La Syrie n'est plus en mesure de mener des hostilités avec les puissances mondiales, et c'est pourquoi nous demandons à la Russie de nous soutenir sincèrement dans le processus de reconstruction de notre pays."
UNE NOUVELLE ÈRE DANS LES RELATIONS RUSSO-SYRIENNES ?
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri S. Peskov, a souligné que les relations entre les deux pays se développaient de manière stable depuis la fin de l'ancien régime en Syrie. Cependant, M. Peskov n'a fait aucune évaluation concernant la question d'une éventuelle extradition de Bachar el-Assad.
Après la réduction progressive du soutien américain, l'administration al-Chara, qui a accru son contrôle sur les zones sous l'autorité des Forces démocratiques syriennes, a commencé à être perçue par l'Occident comme un partenaire prioritaire et fiable face à la menace de l'EI.
Il est attendu que l'administration provisoire syrienne demande à Moscou un soutien accru, notamment en matière de lutte contre le terrorisme et pour la reconstruction du pays. Dans ce contexte, en référence à l'attaque perpétrée par l'EI l'année dernière au Crocus City Hall de Moscou, la détermination du Kremlin à contribuer activement à la lutte contre le terrorisme en Syrie est mise en avant.