Un journaliste de Reuters tué par des tirs israéliens
Il a été établi que le journaliste de Reuters, Issam Abdallah, qui filmait au Liban le 13 octobre, a été tué par les tirs d'un char israélien.
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Selon les conclusions d'une enquête menée par l'agence de presse Reuters, il a été établi que l'attaque du 13 octobre au Liban, qui a entraîné la mort du journaliste de Reuters Issam Abdallah et blessé six autres journalistes, a été causée par les tirs d'un équipage de char israélien.
ATTAQUE À LA FRONTIÈRE
Les deux frappes ont causé la mort du photojournaliste de Reuters Issam Abdallah et ont grièvement blessé la photojournaliste de l'Agence France-Presse (AFP) Christina Assi, dans la ville d'Alma al-Chaab, située à environ 1 km de la frontière libanaise avec Israël.
Reuters a interrogé plus de 30 responsables gouvernementaux et de sécurité, experts militaires, enquêteurs judiciaires, avocats, secouristes et témoins pour recueillir les détails de l'incident. L'agence a examiné des images satellites haute résolution, des heures d'enregistrements vidéo provenant de huit institutions médiatiques, ainsi que des centaines de photos prises avant et après l'attaque.
Dans le cadre de son enquête, Reuters a également collecté des preuves sur les lieux et dans un véhicule appartenant à l'agence, notamment des éclats d'obus, trois gilets pare-balles, une caméra, un trépied et un gros morceau de métal.
L'Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée (TNO), un institut de recherche indépendant qui effectue des analyses d'armements et de munitions pour des institutions telles que le ministère néerlandais de la Défense, a examiné les matériaux collectés pour Reuters dans ses laboratoires de La Haye.
Selon les principales conclusions de TNO, le gros morceau de métal récupéré sur les lieux était l'empennage d'un obus de char de 120 mm, tiré par un canon à âme lisse d'un char positionné au-delà de la frontière libanaise, à 1,34 km des journalistes.
Nick Reynolds, chercheur au Royal United Services Institute (RUSI) à Londres, a indiqué que les brigades blindées déployées par les Forces de défense israéliennes (FDI) dans le nord d'Israël sont équipées de chars de combat Merkava dotés de canons à âme lisse de 120 mm.
LA RÉPONSE D'ISRAËL
Reuters a transmis aux FDI les conclusions selon lesquelles les tirs de char provenaient de l'intérieur du territoire israélien, ainsi que des questions détaillées supplémentaires, notamment pour savoir si les soldats israéliens savaient qu'ils tiraient sur des journalistes.
Le porte-parole international des FDI, le lieutenant-colonel Richard Hecht, a déclaré : « Nous ne visons pas les journalistes », sans fournir d'autres explications.
Le porte-parole du gouvernement israélien, Eylon Levy, a déclaré qu'il n'était pas au courant des résultats de l'enquête menée par Reuters et que les forces israéliennes ne ciblaient pas les civils.
Dans une déclaration télévisée, interrogé sur les conclusions des rapports de Reuters, de l'AFP, d'Amnesty International et de Human Rights Watch, M. Levy a affirmé : « Nous ne visons pas les civils ».
« ISRAËL DOIT S'EXPLIQUER »
La rédactrice en chef de Reuters, Alessandra Galloni, a déclaré : « Les preuves dont nous disposons actuellement et que nous publions aujourd'hui montrent qu'un équipage de char israélien a tué notre collègue Issam Abdallah », ajoutant :
« Nous condamnons le meurtre d'Issam. Nous appelons Israël à expliquer comment cet incident a pu se produire et comment les responsables de la mort d'Issam, ainsi que des blessures infligées à la journaliste de l'AFP Christina Assi et à nos collègues Thaier Al-Sudani, Maher Nazeh et trois autres journalistes, rendront des comptes. Issam était un journaliste brillant et passionné qui aimait profondément Reuters. »
DES TIRS ESPACÉS DE 37 SECONDES
Reuters a commencé à diffuser des images en direct aux téléspectateurs à 18h16 (heure turque) après avoir terminé son installation sur les lieux. L'équipe de Reuters a filmé pendant 45 minutes alors que des drones et un hélicoptère israélien patrouillaient au-dessus d'eux, avant de diriger leurs caméras vers un poste militaire israélien situé à Hanita, à deux kilomètres de là. Ils y ont filmé un char tirant des obus vers le sud du Liban.
En moins de 90 secondes, le premier de deux obus tirés par un char situé dans une autre direction a frappé Abdallah et le muret sur lequel il était appuyé, causant sa mort. Seulement 37 secondes après la première frappe, un second obus a touché le véhicule appartenant à Al Jazeera, provoquant son explosion.
« INACCEPTABLE »
L'agence de presse AFP a déclaré que les preuves présentées par Reuters corroboraient sa propre analyse de l'incident.
Le directeur de l'information mondiale de l'AFP, Phil Chetwynd, a déclaré : « Israël doit fournir une explication claire sur ce qui s'est passé. Cibler un groupe de journalistes clairement identifiés comme membres de la presse est inexplicable et inacceptable. »
Le directeur de la communication internationale d'Al Jazeera, Ihtisham Hibatullah, a quant à lui affirmé : « L'enquête de Reuters sur l'attaque du 13 octobre montre qu'Israël a délibérément ciblé des journalistes pour faire taire l'information. »