Aucun acte d'accusation n'a été préparé contre le journaliste Furkan Karabay depuis 67 jours
Soixante-sept jours après son arrestation, aucun acte d'accusation n'a été rédigé à l'encontre du journaliste Furkan Karabay.
12punto
Le journaliste Furkan Karabay a été arrêté et incarcéré le 15 mai 2025. Malgré les 67 jours écoulés, aucun acte d'accusation n'a encore été préparé à son encontre. Le parquet ne fait avancer le dossier sous prétexte que le rapport d'examen des supports numériques saisis lors de la garde à vue de Karabay n'est pas encore parvenu de la part de la police. Avec le début des vacances judiciaires, il est prévu que le processus s'étire davantage.
Karabay est détenu sous deux chefs d'accusation distincts : le premier est « désignation de personnes ayant participé à la lutte antiterroriste comme cibles » et le second est « insulte au président ». Cependant, il est souligné que les déclarations servant de base à ces deux accusations sont des commentaires et des publications sur les réseaux sociaux effectués par Karabay dans le cadre de ses activités journalistiques.
L'ACTIVITÉ JOURNALISTIQUE CONSIDÉRÉE COMME UN CRIME
Les évaluations de Furkan Karabay concernant la période des procès Ergenekon et Balyoz, ainsi que ses critiques à l'égard des responsables politiques de l'époque, ont été qualifiées de crime d'« insulte au président ». Le fait que Karabay ait imputé au président Recep Tayyip Erdoğan la responsabilité du décès de personnalités telles que Kuddusi Okkır, Türkan Saylan et Ali Tatar durant ces procès constitue l'un des fondements de l'accusation.
D'autre part, le fait qu'il ait mentionné dans son article le nom du procureur général de la République d'Istanbul et de son adjoint, qui étaient en fonction lors des enquêtes menées contre le maire de la municipalité métropolitaine d'Istanbul, Ekrem İmamoğlu, a conduit à l'accusation de « désignation de personnes ayant participé à la lutte antiterroriste comme cibles ».
Les avocats et les confrères de Furkan Karabay affirment qu'il n'existe aucun soupçon de crime, que Karabay ne faisait qu'exercer son métier de journaliste et qu'il exprimait ses opinions. Le fait que l'acte d'accusation ne soit pas rédigé depuis 67 jours dans un dossier où les preuves sont largement rassemblées et où les déclarations de Karabay sont publiques suscite des critiques quant à la gestion arbitraire du processus judiciaire.