Le courage de la normalisation : Sortir de la dystopie
L'avocat Onur Şahin a écrit pour 12punto. « Lorsque l'épidémie d'adoration et de haine, qui se nourrissent mutuellement de manière symbiotique, commence à détruire non seulement les individus raisonnables, mais aussi les camps de la folie, l'infection criminelle finit tôt ou tard par évoluer vers le terrorisme, et le terrorisme vers l'anarchie ».
12punto
Dans un pays, si la personne la plus admirée jusqu'à l'adoration et la plus détestée jusqu'à la mort est la même, il s'agit d'une situation extrêmement dangereuse.
L'allégeance pathologique comme la colère pathologique envers toute personne vivante ou envers les autorités au pouvoir détachent ceux qui sont en proie à ces émotions de la réalité. Un tel pays se transforme alors en dystopie. Et la construction de cette dystopie n'a jamais été possible à cause d'une seule personne, d'une seule structure ou d'une seule tradition.
En effet, lorsque ceux qui placent au centre de leurs émotions excessivement positives ou négatives une personne considérée par les uns comme un « méchant chaotique » et par les autres comme un « super-héros », perdant ainsi toute capacité d'analyse de cause à effet, créent une majorité de folie collective, le sens de l'orientation se perd pour l'ensemble de la société. Même pour les éléments les plus équipés des deux pôles responsables de cette désorientation, les analyses sociologiques, politiques, culturelles, historiques, scientifiques et fondées sur le bon sens deviennent impossibles.
Et dans une société composée de personnes ayant perdu cette capacité de réflexion raisonnable, les pauvres « normaux » qui restent en minorité ne peuvent même plus respirer, coincés entre la haine aveugle des uns et l'adoration des autres...
D'autant plus que lorsque l'épidémie d'adoration et de haine, qui se nourrissent mutuellement de manière symbiotique, commence à détruire non seulement les individus raisonnables, mais aussi les camps de la folie, l'infection criminelle finit tôt ou tard par évoluer vers le terrorisme, et le terrorisme vers l'anarchie.
Maudits soient ceux qui, bien que voyant la situation, ne résistent pas au confort de faire semblant d'être fous, et ceux qui, pour leurs propres intérêts, alimentent la perte de raison de la médiocrité.
Si un pays perd conscience dans de telles conditions, tout le monde doit comprendre que les éloges, l'ambition et les massacres psychologiques ne serviront plus à rien.
Dans de telles dystopies, il est nécessaire de créer courageusement une stratégie de normalisation. Tant pour ceux qui, en réalité, ne sont pas satisfaits de la situation mais, contraints, persistent violemment dans leurs méthodes en faillite... que pour ceux qui, incapables de résoudre le moindre problème, ne savent rien faire d'autre que d'accuser ceux qui ne pensent pas comme eux, espérant désespérément des soutiens invalides.