Morale et loyauté en politique : des valeurs oubliées
Une tribune de Çetin Sağsöz... La boussole de la politique s'est déréglée ; des valeurs fondamentales comme la morale et la loyauté sont, hélas, ignorées depuis bien longtemps.
12punto
La politique…
Pour certains, une cause ; pour d'autres, un simple gagne-pain.
Mais aujourd'hui, elle se transforme de plus en plus en un outil visant uniquement à garantir l'avenir de ses propres enfants.
Pourtant, les véritables propriétaires de ce pays ;
Ces héros anonymes qui tiennent debout par leur sang, leur vie et leur labeur... C'est-à-dire le peuple !
Mais il est douloureux de constater que leurs noms ne sont même plus évoqués.
Dans certaines régions, les pauvres sont devenus invisibles, ignorés.
Les armes se vendent, l'argent se gagne...
Et ce système se nourrit de la sueur, des larmes et de l'espoir de la majorité silencieuse.
Mais il ne faut pas oublier :
Ceux qui se nourrissent de ces larmes finiront un jour par se noyer dans chacune d'elles !
Alors que les gens ordinaires paient le prix fort ;
Si, du pouvoir à l'opposition, le seul souci de chacun est le siège,
La politique perd sa morale et s'aliène le peuple qu'elle représente.
Il faut s'arrêter ici et se poser la question :
L'ambition politique doit-elle vraiment être l'unique préoccupation de chacun ?
Bien sûr que non !
Ce dont ce pays a besoin, c'est d'une posture en faveur du peuple et de la justice.
Une politique morale, consciente et loyale est désormais une nécessité qui ne peut plus être reportée.
On ne bâtit pas un avenir propre avec des mains sales.
La politique ne doit pas se faire par l'intérêt, la corruption et la calomnie,
Mais par la morale, la transparence et la conscience du peuple.
Car sans une politique propre, il n'y a pas de société propre.
Et le peuple a désormais une aspiration claire :
Des gens honorables, des dirigeants honnêtes, une Turquie immaculée !
Tout comme il existe le principe de « l'égalité des armes » en droit,
Le principe de « l'égalité des moyens financiers » est indispensable en politique !
Car quelqu'un élu grâce à des campagnes à plusieurs millions de dollars,
Peut-il vraiment partager les soucis des pauvres ?
Aujourd'hui, le Parlement est composé d'avocats, de médecins, d'universitaires.
Mais combien de ces députés titrés peuvent réellement entrer en contact avec le peuple, et surtout avec les plus démunis ?
Il ne faut pas oublier que :
Le député de la nation est celui qui porte le fardeau de la nation.
Et ce fardeau n'est pas celui d'une seule classe, mais celui de 85 millions de personnes.
Il est temps d'ouvrir une nouvelle page en politique :
Une page écrite avec morale, tenue avec loyauté et menée avec le peuple.
ÇETİN SAĞSÖZ Politologue-Ingénieur agronome