Appel à la « liberté » de Selahattin Demirtaş ! « Les élus doivent être libérés »

L'ancien coprésident du HDP, Selahattin Demirtaş, détenu à la prison d'Edirne, a fait une déclaration remarquée sur les conflits entre l'Iran et Israël et sur la paix intérieure en Turquie. Demirtaş a appelé à l'achèvement du processus de désarmement du PKK, tout en suggérant la libération des maires élus et l'organisation d'une « réunion de travail » entre les responsables politiques.

12punto

L'ancien coprésident du HDP, Selahattin Demirtaş, détenu depuis près de 9 ans à la prison d'Edirne, a publié une déclaration écrite sur son compte de réseau social. Évoquant les conflits ayant éclaté entre l'Iran et Israël ainsi que les développements au Moyen-Orient, Demirtaş a déclaré : « Le régime iranien, en restant totalement fermé à la démocratie et aux droits de l'homme depuis de nombreuses années, commet avant tout une grande injustice envers ses propres citoyens. Cependant, aucune justification ne peut légitimer une intervention impériale. Nous devons privilégier l'arrêt de l'opération militaire contre l'Iran et le retour à la table des négociations ».

Soulignant que l'importance du processus de désarmement du PKK s'est accrue dans la situation actuelle, Demirtaş a exprimé que ce processus devait aboutir rapidement sans être entravé.


L'intégralité du message de Demirtaş est la suivante :

« Le régime iranien, en restant totalement fermé à la démocratie et aux droits de l'homme depuis de nombreuses années, commet avant tout une grande injustice envers ses propres citoyens. Cependant, aucune justification ne peut légitimer une intervention impériale. Nous devons privilégier l'arrêt de l'opération militaire contre l'Iran et le retour à la table des négociations. Mais il semble que les interventions impériales au Moyen-Orient ne s'arrêteront pas tant qu'elles n'auront pas atteint leurs objectifs. En plus de défendre par principe la paix régionale et d'y consacrer des efforts intenses, nous devons agir plus rapidement et plus courageusement pour assurer l'unité et la paix à l'intérieur du pays.

Dans ce cadre :

1- Avec l'appel d'Abdullah Öcalan du 27 février et la décision de dissolution du PKK, toutes les parties doivent faire preuve d'efforts, de courage et de sagesse à un niveau attentif pour que le processus de désarmement s'achève de manière équilibrée et rapide, sans subir de provocations ou d'incitations.

2- Il faut mettre fin définitivement aux harcèlements judiciaires à caractère politique, qui ne servent manifestement ni l'objectif de renforcer le front intérieur ni le développement du sens de la justice. Si une accusation est portée, les mesures nécessaires doivent être prises pour qu'elle soit traitée par des procureurs généraux, des procureurs et des juges dont l'impartialité et l'indépendance ne peuvent être remises en question.

Le jugement sans détention des maires et des bureaucrates élus est également une exigence de notre droit interne ; des progrès concrets doivent désormais être réalisés à ce sujet, des libérations doivent être assurées et les procès doivent être conclus le plus rapidement possible par un processus judiciaire équitable. Alors que le feu au Moyen-Orient se transforme en un incendie gigantesque, il ne faut pas persister dans de telles attitudes qui excluent la société.

3- Dans une telle période, personne ne doit même envisager des manœuvres aventureuses, risquées et aux conséquences désastreuses en faisant de petits calculs. Il ne faut pas oublier que l'impérialisme est une ruine plutôt qu'un gain. Nous, la société turque, resterons unis en cette période ; en tant que caravane de citoyens libres, laïcs, égalitaires et justes, nous résisterons si nécessaire en tant que peuple de 85 millions d'habitants, d'Edirne à Hakkari ; nous défendrons notre patrie commune au péril de notre vie.

Nous résoudrons nos problèmes internes entre nous, dans un cadre de confiance mutuelle et avec un "esprit de fraternité". Toute autre recherche ne mènera qu'au désastre. À cet égard, nous ne donnerons aucun crédit aux approches stéréotypées, colériques, vindicatives ou rancunières ; nous serons courageux et sincères.

4- Prédisant que l'incendie du Moyen-Orient ne s'éteindra pas de sitôt, il serait utile qu'une réunion de travail soit organisée dans les plus brefs délais à la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMM), à l'invitation du Président, avec tous les présidents des partis politiques, afin de définir une ligne politique commune intérieure et extérieure à court, moyen et long terme, et pour que chaque groupe politique puisse défendre cette ligne en toute sérénité.

Aucun des points que j'ai mentionnés ne constitue un obstacle à une opposition démocratique fondée sur la courtoisie dans la politique intérieure, ni au contrôle et à la critique du pouvoir. Le véritable danger est de blanchir des orientations antidémocratiques sous couvert d'un discours d'unité et de solidarité.

La Turquie est née opprimée, la Turquie est née juste, la Turquie a germé dans la paix, et pour cela, nous aurons des mots à dire, du courage à montrer et une volonté de solidarité à exprimer.

Cette tempête finira bien sûr par se calmer un jour, et nous, en tant que peuples ancestraux de ces terres, vivrons ici, ensemble, libres et égaux. »