Coup de force des administrateurs judiciaires au CHP : le blocus policier fait la une de la presse mondiale !
L'entrée de Gürsel Tekin au siège de la fédération d'Istanbul du CHP sous escorte policière a tourné à la crise. Alors que l'intervention policière visait les membres du parti, la presse internationale a qualifié ces événements de « répression » et de « coup de force ». Les marchés, quant à eux, ont été secoués par de fortes baisses.
12punto
La politique et l'économie turques sont confrontées à une nouvelle crise. La décision du 45e tribunal de première instance d'Istanbul de démettre de ses fonctions la direction du CHP à Istanbul et de nommer Gürsel Tekin et la délégation qui l'accompagne en tant qu'administrateurs judiciaires a provoqué une onde de choc tant sur la scène politique que sur les marchés.
BLOCUS POLICIER ET GAZ LACRYMOGÈNE
Suite à la nomination des administrateurs, le siège de la fédération d'Istanbul du CHP a d'abord été placé sous blocus policier. Les membres du parti présents dans le bâtiment ont fait l'objet d'une intervention musclée. Des députés ont également été affectés par les gaz lacrymogènes.
Gürsel Tekin, nommé administrateur, avait déclaré avant de se rendre sur place : « Je ne laisserai pas les membres du CHP se retrouver face à la police ». Cependant, quelques heures plus tard, il est entré dans le bâtiment sous escorte policière.
SÉISME SUR LES MARCHÉS
La décision de nommer des administrateurs au CHP a également eu des répercussions sur le front économique. L'incertitude politique et la crise de gouvernance ont ébranlé la confiance des investisseurs.
Depuis le 2 septembre, date de l'annonce de la décision, la Bourse d'Istanbul a enregistré de fortes baisses.
L'indice BIST 100 a perdu environ 10 % de sa valeur.
Les pertes dans le secteur bancaire ont dépassé les 12 %.
Hier, au moment où Gürsel Tekin s'apprêtait à entrer dans le siège de la fédération, l'indice BIST 100 s'échangeait à 10 543 points, en baisse de 1,73 %. Les experts soulignent que les incertitudes politiques et les débats autour des administrateurs continueront de peser sur les marchés à court terme.
CRITIQUES SUR UNE JUSTICE DEVENUE LE « BÂTON » DU POUVOIR
Après les enquêtes visant les municipalités du CHP et les nominations d'administrateurs, les critiques selon lesquelles « la justice est devenue le bâton de la politique » — qui avaient atteint leur paroxysme avec l'arrestation d'Ekrem İmamoğlu le 19 mars — sont de nouveau au centre des débats.
Selon les experts, ce tableau porte un coup dur tant au bilan démocratique de la Turquie qu'à sa réputation internationale.
LA RÉPUTATION DE LA TURQUIE EN RUINES
La crise a également eu un large écho dans la presse mondiale. De nombreux médias étrangers ont fait leur une sur la nomination d'administrateurs au CHP et sur l'intervention policière.
STERN (Allemagne) : « Le président turc est accusé d'utiliser des méthodes autoritaires pour combattre ses opposants politiques. »
TAGESSCHAU (Allemagne) : « Le CHP est sous pression depuis des mois. L'objectif est d'empêcher la candidature d'İmamoğlu et de créer une opposition contrôlée. »
DER SPIEGEL : « Le plus grand parti d'opposition de Turquie, le CHP, a appelé la population à manifester après l'installation de barricades policières. »
REUTERS : « La principale opposition turque a appelé à un rassemblement après que la police a bouclé son bureau d'Istanbul. »
BLOOMBERG : « Le "siège" policier du quartier général de l'opposition accroît les tensions. »
FINANCIAL TIMES : « Le chef de l'opposition turque accuse Erdoğan de mener un "coup de force" légal. »