Déclaration d'Ali Babacan sur l'affaire 'Ege Akersoy' : 'J'espère que tu retrouveras ta liberté au plus vite ; nous nous assoirons, toi, Ismail que tu as frappé, et moi, pour boire un thé'

Le leader du DEVA, Ali Babacan, s'est exprimé au sujet d'Ege Akersoy, arrêté pour avoir frappé Ismail Aydemir, qui arborait un 'drapeau du Tawhid' après la marche 'Miséricorde pour nos martyrs, soutien à la Palestine, malédiction sur Israël' : 'J'espère que tu retrouveras ta liberté au plus vite. Et une fois libre, nous nous assoirons, toi, Ismail que tu as frappé, et moi, pour boire un thé'.

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Le président du parti DEVA, Ali Babacan, l'une des composantes de l'Alliance de la Nation, a fait des déclarations lors d'une réunion à Gaziantep.

Babacan s'est exprimé au sujet d'Ege Akersoy, qui a été arrêté après avoir frappé Ismail Aydemir, porteur d'un 'drapeau du Tawhid' à l'issue de la marche intitulée 'Miséricorde pour nos martyrs, soutien à la Palestine, malédiction sur Israël'.

"NOUS NOUS ASSOIRONS, TOI, ISMAIL QUE TU AS FRAPPÉ, ET MOI, POUR BOIRE UN THÉ"

Babacan a déclaré : "Mon frère Ege, nous n'avons aucune intention de te livrer, toi ou nos autres jeunes amis, à des idéologies discriminatoires. J'espère que tu retrouveras ta liberté au plus vite. Et une fois libre, nous nous assoirons, toi, Ismail que tu as frappé, et moi, pour boire un thé".

Voici les déclarations d'Ali Babacan :

“Il y a une réalité qui devient chaque jour plus évidente. Notre pays est à nouveau pris en otage par une politique polarisante et clivante. Je ne parle pas seulement du gouvernement, l'opposition le fait aussi… Ceux qui dirigent le pays divisent la population entre 'ceux d'ici' et 'les autres'. Ils pratiquent une discrimination majeure en demandant 'es-tu des nôtres ou non ?'. Nous constatons que certains partis d'opposition imitent cette attitude ; ils commencent à pratiquer la même discrimination. Ils tendent la société. Ce langage de haine, de colère et de ressentiment nuit gravement au tissu social de la Turquie en ce moment.

"ILS N'ONT MÊME PAS EU UN MOT DE SOUTIEN POUR NOTRE CONCITOYEN FRAPPÉ"

Nous l'avons vécu. Nous avons tous vu M. Ismail, victime d'une agression physique alors qu'il revenait du rassemblement pour Gaza. Je mets de côté notre jeune frère qui a perpétré l'agression. Les jeunes font des erreurs. Notre devoir est de leur montrer le droit chemin sans pour autant justifier leurs erreurs. Notre combat n'est pas contre les jeunes. Notre combat est contre la mentalité qui remplit les jeunes de colère et les rend hostiles à leurs propres concitoyens… Qu'a dit notre concitoyen frappé, M. Ismail ? 'Notre jeune frère a fait une erreur', a-t-il dit. 'J'ai moi-même des enfants', a-t-il ajouté, 'qu'il vienne, je lui pardonne'. Même notre frère qui a porté le coup n'a pas défendu son acte. Il a dit : 'Je regrette'. Qu'ont fait certains politiciens ? Ils n'ont même pas eu un mot de soutien pour notre concitoyen frappé. Je crois être le seul, parmi les principaux responsables politiques, à avoir souhaité un prompt rétablissement, je ne sais pas s'il y en a d'autres. Ceux qui ont fait du bruit ont défendu le coup de poing et la violence. Ceux qui ne cessent de parler de liberté d'expression ont suspendu la liberté d'expression. Les élections approchent, n'est-ce pas…

"NOUS NE LIVRERONS AUCUN DE NOS JEUNES À CETTE POLITIQUE DISCRIMINATOIRE"

Nous dénoncerons cette politique à double visage. Je souhaite à nouveau un prompt rétablissement à M. Ismail. Je m'adresse également au jeune frère auteur de l'agression : mon frère Ege, nous n'avons aucune intention de te livrer, toi ou nos autres jeunes amis, à des idéologies discriminatoires. J'espère que tu retrouveras ta liberté au plus vite et que nous nous assoirons tous ensemble, toi, M. Ismail que tu as frappé, et moi, pour boire un thé ; j'espère que nous montrerons à tout le pays l'unité et la solidarité qui sont déjà inscrites dans l'ADN de cette société. Nous nous assoirons et nous parlerons de l'avenir de notre pays. Et voyez-vous, je fais ici une promesse à mon frère Ege : nous ne te livrerons pas, pas plus qu'aucun de nos jeunes, à cette politique discriminatoire.”