Erdoğan recadre son parti : « Vous m'avez menti »
Le malaise croissant au sein de l'AKP est revenu sur le devant de la scène suite aux allégations selon lesquelles le président Erdoğan aurait exprimé sa colère en raison d'informations erronées concernant la réforme des retraites (EYT). Par ailleurs, la réforme des administrations locales est également devenue un sujet de débat parmi les membres du parti.
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L'agitation persiste dans les coulisses d'Ankara. Les récentes tensions internes au sein de l'AKP ont fait surface suite aux vives critiques formulées par le président Erdoğan à l'encontre de certains membres de son parti.
Selon les informations recueillies par la journaliste Nuray Babacan, les dernières réunions de l'AKP ont été marquées par de sérieuses critiques concernant la réforme des retraites (EYT) et les politiques relatives aux administrations locales.
LA SORTIE D'ERDOĞAN : « VOUS M'AVEZ MENTI »
Lors des réunions à huis clos de l'AKP, il aurait été affirmé que le président Erdoğan aurait réagi avec une grande fermeté après avoir été mal orienté sur le dossier de la réforme des retraites.
D'après les propos rapportés par Babacan, un membre du parti ayant pris la parole lors de la réunion a souligné que le coût de la réforme des retraites était bien plus élevé que prévu, et que des avertissements préalables à ce sujet n'avaient pas été pris en compte. « On nous a dit que le coût annuel de la réforme des retraites serait de 25 milliards de livres, mais il s'est avéré qu'il s'élevait à 300 milliards de livres. Le président Erdoğan a réagi vivement en déclarant : "Vous m'avez trompé" », a-t-il été rapporté.
L'INQUIÉTUDE GRANDIT
Les critiques concernant la trajectoire de l'AKP se font de plus en plus acerbes. Il est indiqué que certains membres du parti auraient fait des commentaires tels que : « Personne ne regarde les panneaux de signalisation parce que nous pensons rouler sur une route droite, mais nous allons vite et, à cette vitesse, nous allons droit dans le mur. »
Suite au manque de compétence, à la désintégration et aux décisions erronées, les inquiétudes des figures expérimentées du parti se sont intensifiées. Il est suggéré que même les médias proches du gouvernement ne peuvent plus ignorer ces problèmes.
Outre la réforme des retraites, les administrations locales ont également suscité des débats au sein de l'AKP. Selon les coulisses rapportées par Babacan, le « Paquet de réforme des administrations locales », préparé par le passé mais jamais mis en œuvre, a également été critiqué au sein du parti.
Le contenu de ce paquet de réforme portait sur l'équilibre entre des administrations locales fortes et une structure centralisée. Cependant, des personnalités importantes de l'époque, notamment Melih Gökçek et Kadir Topbaş, auraient fait pression contre ce paquet de réforme, provoquant l'abandon de certaines de ses sections.
Des exemples concernant le blocage du Paquet de réforme des administrations locales ont également été évoqués. Il a été allégué que Melih Gökçek et Kadir Topbaş ne souhaitaient pas voir les pouvoirs de leurs municipalités réduits et ont, pour cette raison, entravé le contenu de la réforme. Il est précisé que ces blocages ont été le résultat d'objections émanant de l'intérieur même du parti.
Selon les évaluations faites dans les coulisses de l'AKP, les conséquences de ces décisions erronées deviennent aujourd'hui plus manifestes. Le retrait des pouvoirs des municipalités métropolitaines au profit du centre a engendré de nouveaux problèmes.
Il est affirmé que la réduction des pouvoirs détenus par les grandes métropoles, notamment Ankara et Istanbul, a eu des conséquences négatives sur le fonctionnement de l'administration centrale.
Des personnalités importantes de l'AKP évoqueraient fréquemment, à huis clos, des problèmes tels que la désintégration et le manque de compétence, ce qui engendrerait une inquiétude croissante. Le malaise au sein de l'opinion publique et du parti est devenu encore plus visible suite à la réaction d'Erdoğan envers son propre camp.