Réponse d'Ertuğrul Özkök à Kılıçdaroğlu sur le « sondage Metropoll » : « Cette colère que vous ne parvenez pas à réprimer... »
Le chroniqueur de T24, Ertuğrul Özkök, réagissant aux signaux de candidature lancés par l'ancien président du CHP, Kemal Kılıçdaroğlu, a rappelé que selon le dernier sondage de Metropoll, le CHP devance désormais l'AKP de 5 points, déclarant : « De plus, cette colère que vous ne parvenez pas à réprimer, cet état d'incapacité à digérer la situation, vous pousse à commettre de graves erreurs. »
12punto
L'ancien président du CHP, Kemal Kılıçdaroğlu, avait laissé entendre qu'il pourrait être candidat lors d'une émission télévisée, déclarant : « Si les délégués me désignent comme candidat à la présidence du parti, alors nous dirons aux plus courageux de faire un pas en avant. »
Le chroniqueur de T24, Ertuğrul Özkök, a réagi aux déclarations de Kılıçdaroğlu dans sa chronique d'aujourd'hui.
« UN PRÉSIDENT QUI A PERDU L'ÉLECTION »
Voici la partie pertinente de la chronique d'Özkök :
« Dans ce discours, il continue d'accuser Özgür Özel et Ekrem İmamoğlu, sans les nommer, en évoquant encore le fait d'avoir été “poignardé dans le dos”.
Qui plus est, il dit tout cela en déformant les événements qui se sont déroulés sous nos yeux au cours de cette dernière année et demie.
Le président qui a perdu l'élection nous dit que...
(*) Oui... il dit que ;
Je ne voulais pas être candidat à la présidence, mon entourage m'y a forcé...
Et nous, nous disons que ;
Personne ne vous a forcé, vous vous êtes forcé vous-même.
« DANS LES SONDAGES, CE N'EST PAS VOUS, MAIS YAVAŞ ET İMAMOĞLU QUI ÉTAIENT EN TÊTE »
(*) Il dit que ;
La question de la candidature n'a pas été discutée à la Table des Six ?
Nous savons tous que ce n'est pas qu'elle n'a pas été discutée, c'est qu'on a empêché qu'elle le soit, elle n'a pas été abordée délibérément et a été laissée pour la dernière séance, où un fait accompli a été créé.
Nous savons tous que Meral Akşener avait raison sur au moins un point.
Dans ses interventions à l'extérieur, elle a toujours dit : “Nous devons trouver un candidat éligible”.
(*) Monsieur Kemal dit que ;
Tous les sondages disaient que j'avais mes chances.
Nous savons tous que dans tous les sondages, Mansur Yavaş et Ekrem İmamoğlu apparaissaient comme obtenant plus de voix que lui.
« VOUS AVEZ PERDU L'ÉLECTION FAITE AVEC LES DÉLÉGUÉS »
(*) Il dit que ;
La question du “changement” a été lancée soudainement en dehors du parti pour me poignarder.
Nous disons tous que ;
Monsieur, où aurait-elle dû être lancée ?
La plateforme la plus légitime pour discuter d'un tel sujet n'est-elle pas le grand congrès ?
Par qui cette discussion a-t-elle été lancée lors de l'entrée au congrès électif ?
N'est-ce pas par les membres du parti et les maires...
Qu'est-ce qu'il y a de faux là-dedans ?
« CEUX QUI ONT GAGNÉ AU CONGRÈS ONT AUSSI GAGNÉ L'ÉLECTION »
En fin de compte, vous avez perdu l'élection lors d'un congrès où les délégués élus sous votre présidence ont voté.
C'est une situation dont le CHP peut être fier, pas de quoi s'en plaindre.
Alors que dans d'autres partis, il est question de la gestion despotique de leaders absolus, au CHP, la présidence a changé par le biais d'une élection...
D'ailleurs, le “changement” a commencé par le fait que le parti a créé cette différence dans la politique turque.
La colère en vous vous rend terriblement laid et injuste.
Ceux qui ont gagné au congrès que vous avez perdu ont également gagné l'élection du 31 mars et le pouvoir local.
Cela signifie que ceux qui ne l'aiment pas l'ont forcé à être candidat.
À tout le moins, ceux qui l'aiment devraient lui rappeler les résultats des élections du 31 mars.
Monsieur Kılıçdaroğlu, la nouvelle direction qui a gagné au congrès que vous avez perdu a fait subir à l'AKP sa première défaite électorale depuis 22 ans, le jour du 31 mars.
Plus important encore, elle a fait du CHP le premier parti.
Plus important encore, en opposant un pouvoir local très fort au pouvoir central, elle a donné aux personnes à qui l'on faisait sentir depuis 22 ans qu'elles étaient une “minorité blanche” la confiance de dire : “Nous sommes aussi des citoyens de ce pays...”
SONDAGE METROPOLL
De plus, ce n'est pas fini...
Le sondage du mois de mai de Metropoll, l'une des sociétés de recherche ayant le mieux prédit la dernière élection, montre que “si des élections législatives avaient lieu aujourd'hui”, les voix du CHP dépasseraient les 35 %, et que le CHP devancerait l'AKP de 5 points.
De plus, cette colère que vous ne parvenez pas à réprimer, cet état d'incapacité à digérer la situation, vous pousse à commettre de graves erreurs.
Que voulez-vous faire en disant “On ne négocie pas avec ce pouvoir, on le combat” ?
En disant “On ne négocie pas avec ce pouvoir, on le combat”, vous essayez de torpiller la politique d'apaisement.
Pourtant, les sondages révèlent que 64 % de la population soutient la politique d'“apaisement” de la nouvelle direction du CHP.
Le taux de ceux qui, comme vous, disent “Ne négocions pas, battons-nous” est de 12 %...
Et une grande partie de ceux-ci sont des islamistes radicaux et des membres radicaux du MHP mécontents.
Mais vous, à peine deux mois après le succès du 31 mars, vous vous êtes lancé dans une entreprise destructrice.
Allez-y...
Il n'y a aucun inconvénient.
De toute façon, vous ne réussirez rien. »