Des femmes descendent dans la rue pour Ummuhan, assassinée parce qu'elle « n'avait pas fait à manger » !

À Köyceğiz, dans la province de Muğla, des femmes sont descendues dans la rue pour rendre hommage à Ummuhan Korkut, 25 ans, assassinée par son mari, Yunus Korkut, sous prétexte qu'elle « n'avait pas fait à manger ». Lors de la manifestation organisée à l'appel des Comités de solidarité des femmes (KDK), il a été déclaré : « Le combat d'Ummuhan est le combat de toutes les femmes. »

12punto

type="video/mp4" />

This browser does not support the video element.

À Muğla, des femmes ont manifesté à Köyceğiz à l'appel des Comités de solidarité des femmes pour rendre hommage à Ummuhan Korkut, décédée après avoir été battue par son mari.

Le mardi 21 janvier 2025, Ummuhan Korkut (25 ans), mère de deux enfants résidant dans le quartier de Beyobası à Köyceğiz, a été violemment frappée par son mari, Yunus Korkut, sous prétexte qu'elle « n'avait pas fait à manger ».

Souffrant de graves blessures, notamment à la tête, suite aux violences subies, l'état de santé de Mme Korkut s'est dégradé. Elle a été transférée à l'hôpital public de Köyceğiz, puis au centre hospitalier universitaire de recherche et de formation Muğla Sıtkı Koçman, et enfin à l'hôpital Yücelen d'Ortaca. Admise en soins intensifs, elle a succombé à ses blessures le 28 janvier.

« À BAS VOTRE SYSTÈME »

Après les funérailles d'Ummuhan Korkut, qui ont eu lieu mercredi au cimetière de Beyobası, des femmes de Köyceğiz, accompagnées par le Comité de solidarité des femmes de Köyceğiz et les proches de la victime, ont défilé jusqu'au centre du district. Tout au long de la marche, les manifestantes ont scandé des slogans tels que : « Qu'Ummuhan vive. À bas votre système », « Femmes, levez-vous. Pour renverser ce système ».

Lors de la conférence de presse tenue après la marche, Çiğdem Ünal, représentante du KDK à Köyceğiz, a exprimé sa tristesse et sa colère : « Le système qui légitime la violence faite aux femmes et impose aux femmes le fardeau du travail domestique et de l'obéissance a arraché une femme de plus à nos vies. »

« C'EST LE COMBAT DE TOUTES LES FEMMES »

Soulignant que les cas de violence faite aux femmes et les décès qui en découlent continuent d'augmenter dans ce système, Mme Ünal a insisté sur le fait que la violence n'est ni une fatalité ni un événement isolé, déclarant :

« La pression et la violence exercées sur les femmes constituent aujourd'hui un problème social majeur en Turquie. Cela ne peut être expliqué par des traditions ou des habitudes archaïques. Cela ne peut être réduit à des incidents isolés ni coupé de son terreau social. Le combat d'Ummuhan est le combat de toutes les femmes. »

Affirmant qu'elles ne resteraient pas silencieuses face aux politiques qui, sous couvert d'une « année de la famille », tentent de condamner les femmes au foyer, à l'homme et à la violence, Mme Ünal a conclu sa déclaration en ces termes :

« Nous poursuivrons notre lutte pour vivre et construire un monde égalitaire. Nous construirons ensemble le pays des femmes qui ne restent pas sous les décombres lors d'un séisme, qui ne brûlent pas lors de leurs vacances, sur qui tout le travail domestique ne repose pas et qui ne sont pas assassinées parce qu'elles n'ont pas fait à manger. Encore une fois, toutes nos condoléances. »