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L'exil du savoir prendra-t-il fin ?

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« Une génération grandit en apprenant que le savoir est puni et que l'ignorance est le bonheur. La génération suivante ne saura même pas qu'elle est ignorante, car elle ne saura pas ce qu'est le savoir. »

Je rencontre souvent ces mots d'Ursula K. (Kroeber) Le Guin ces derniers temps. Ils résument en réalité le processus de manière simple. Nous vivons une époque que l'on qualifie d'« ère de l'information » ou de « société de la connaissance », mais où le savoir est envoyé en exil.

Nous sommes témoins du fait que l'individu, synthèse des relations sociales, culturelles et économiques, nourrit de la rancœur envers ceux qui font l'effort de vivre selon leurs propres pensées, dans un environnement où dominent largement ceux qui pensent comme ils vivent. Les valeurs, les priorités, les principes et les refus sont également en exil !

N'est-il pas légitime de poser la question maintenant ? Quel nom donner à une époque où l'accès à l'information est devenu si facile, mais où les infrastructures pour accéder à la connaissance réelle et l'interpréter se sont affaiblies ?

Les priorités du jour et leur caractère déterminant peuvent-ils à ce point nous couper de la réalité selon laquelle l'être humain est bien plus qu'un simple ensemble de besoins biologiques et de plaisirs ?

Et comment situer cet état où, avec les réseaux sociaux, et particulièrement Twitter, chacun s'imagine être l'égal de tous et de tout, ainsi que cet effort constant pour vouloir donner des leçons aux autres ?

La décomposition économique affecte tout à la base, certes, mais comment réparer la décomposition sociale ?

Après cette introduction, faisons une pause pour poursuivre ce sujet plus tard...

C'est toi le « Türkiyeli » !

Ce débat surgissait périodiquement ; il était lancé avec des termes comme « littérature de Turquie », « littérature turque », etc. Cette absurdité provient du complexe et de l'hostilité de certains de nos intellectuels qui ne peuvent pas dire « Turc » et qui considèrent celui qui le fait comme « raciste » ou « fasciste ». Plus encore, comme le disait Attila İlhan, « la Turquie a un quota de traîtres ».

Ces jours-ci, le mot « Türkiyeli » (originaire de Turquie) revient sans cesse. On essaie de transformer le mot « Turc » en un objet de peur. Tu peux être « Français », « Allemand », « Italien », mais tu ne peux jamais être « Turc », tu peux être « Türkiyeli » ; quoi que cela puisse vouloir dire !

Existe-t-il ailleurs dans le monde une communauté de personnes se revendiquant intellectuelles qui soit aussi hostile à sa propre identité nationale et à sa conscience citoyenne ?

La définition de Gazi Mustafa Kemal Atatürk est claire : « Le peuple de Turquie qui a fondé la République de Turquie est appelé la nation turque. »

La Turquie est un État-nation. Comme l'a souligné mon estimé professeur, le Prof. Dr. Barış Doster, « les Turcs ont une langue ; le turc. Ils ont un État ; la République de Turquie. Ils ont un pays ; la Turquie. Dans le processus historique, le terme Turc est à la fois le nom de la race et le nom de l'identité nationale, de l'identité supérieure, de l'identité commune. »

Il est absurde que ceux qui considèrent la défense de l'ethnicisme, du confessionnalisme, des chefs de tribus féodales et des chefs de confréries comme du progressisme, qualifient le fait d'être Turc de racisme ou de fascisme.

La République laïque et l'identité turque, confrontées aux politiques du pouvoir islamiste politique, à l'ingénierie migratoire via les clandestins et les demandeurs d'asile, et à l'occupation démographique, sont aujourd'hui sous siège et sous attaque.

Dans ce pays que l'on cherche à diviser, à fragmenter et à diriger plus facilement par des projets impérialistes — qu'ils s'appellent BOP (Grand Moyen-Orient), GOKAP, etc. — et par des politiques d'« oummaïsme », c'est précisément cette identité et la République laïque de Turquie qui se dressent comme une forteresse face à ces plans et projets !

Une partie du nationalisme, entraînée vers l'oummaïsme par la synthèse turco-islamique du régime du 12 septembre, ainsi que certains gauchistes coupés de leur propre nation et de leur terre, ne peuvent malheureusement pas voir cela, ne veulent pas le voir, ou en sont délibérément complices.

Soulignons-le une fois de plus : nous qui vivons sur ces terres sommes citoyens de la République de Turquie. Nous sommes liés par le lien de la citoyenneté. Nous ne sommes pas des « Türkiyeli », nous sommes Turcs !