Mehmet Uçum, conseiller principal du président et vice-président du Conseil des politiques juridiques de la présidence, a fait des évaluations concernant les débats sur une nouvelle Constitution. Dans son article intitulé « L'agenda de la nouvelle Constitution de la Turquie », M. Uçum a soutenu qu'à ce stade, une nouvelle Constitution était « désormais inévitable » pour la République de Turquie.
M. Uçum a cité la transition vers le système gouvernemental présidentiel et le deuxième processus d'ouverture, baptisé « Une Turquie sans terrorisme », comme des étapes importantes franchies conformément aux objectifs de la Turquie. Affirmant que la nouvelle Constitution est l'un des principaux objectifs de la vision du « Siècle de la Turquie », M. Uçum a souligné que la décision finale appartient au leadership politique démocratique et à la TBMM.
M. Uçum a exprimé que la possibilité d'élaborer une nouvelle Constitution au cours de la 28e législature ne pouvait être exclue, mais qu'il considérait la 29e législature de la TBMM comme un objectif plus réaliste en raison de la gestion du temps et du besoin de préparation.
« LA RÈGLE DES 50+1 NE PEUT ÊTRE MODIFIÉE CONTRE LA VOLONTÉ DU PEUPLE »
M. Uçum a également fait des évaluations concernant la règle des 50+1 % appliquée lors des élections présidentielles.
« Le droit de vote effectif et la règle des 50+1 %, qui ont renforcé la volonté du peuple dans le fonctionnement du système, ne peuvent être modifiés contre la volonté du peuple » a déclaré M. Uçum, ajoutant : « Le peuple ne permettra pas non plus de telles contre-manœuvres qui affaibliraient sa volonté. »
IL AVAIT INDIQUÉ LA DATE DE 2028 POUR ERDOĞAN
Mehmet Uçum avait précédemment évoqué l'année 2028 pour l'élection présidentielle.
Dans sa déclaration concernant les débats sur des élections anticipées, M. Uçum avait affirmé : « Je prévois que les élections auront lieu le 16 avril 2028. Cette date est celle du référendum sur notre transition vers le système présidentiel. Elle a une signification symbolique. M. Recep Tayyip Erdoğan sera candidat pour la dernière fois. »
Voici l'article de M. Uçum :
« Notre pays possède un héritage unique avec une tradition étatique ancienne de plus de 2 200 ans. En profitant des acquis sages et puissants légués par notre civilisation, nous avançons avec détermination vers nos objectifs au cours du deuxième siècle de notre République, en renforçant notre puissance grâce aux mesures historiques que nous avons prises.
La transition vers le système gouvernemental présidentiel et le processus d'une Turquie sans terrorisme comptent parmi les étapes les plus importantes de cette détermination. À ce stade, une nouvelle Constitution est désormais inévitable pour la République de Turquie.
Dans cette optique, l'un des plus grands objectifs de notre vision du Siècle de la Turquie, mise en œuvre avec la perspective de notre dirigeant national et président Recep Tayyip Erdoğan, est de doter notre pays d'une nouvelle Constitution. L'époque est désormais celle du Siècle de la Turquie, le moment est venu pour une nouvelle Constitution. L'Alliance populaire, devenue la locomotive du Siècle de la Turquie et de la stabilité, y parviendra sans aucun doute.
Bien entendu, la nouvelle Constitution est toujours un sujet d'actualité en tant qu'agenda ordinaire de la Turquie. La possibilité d'élaborer une nouvelle Constitution au cours de la 28e législature de la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMM) est également une question que notre Assemblée évaluera. Cette possibilité ne peut jamais être exclue. Cependant, tant la gestion du temps que le besoin de travail intellectuel sur les questions à mûrir au cours du processus de nouvelle Constitution font de la 29e législature de la TBMM un objectif plus réaliste. Bien sûr, la décision finale appartient au leadership politique démocratique et à notre Assemblée. »
UNE PIÈCE RAPPIÉCÉE : LA CONSTITUTION DE 1982
« Notre pays possède une expérience et une pratique solides dans les processus d'élaboration et de modification de la Constitution. Cependant, aujourd'hui, la Constitution de 1982, produit d'un coup d'État, est encore très loin d'être une Constitution civile, démocratique, libertaire et inclusive digne de notre pays, malgré tous les changements apportés.
La Constitution de 1982 compte 154 articles en vigueur. Sur ces articles, 58 n'ont jamais été modifiés, tandis que 45 ont fait l'objet de modifications mineures. En d'autres termes, les deux tiers de la Constitution actuelle conservent leur caractère de produit d'un coup d'État malgré les 44 années écoulées. Étant donné que les principes des quatre premiers articles (y compris le principe de continuité) seront préservés, et une fois les articles sur l'exécution et l'entrée en vigueur retirés, il est essentiel de revoir les 97 articles restants, d'apporter des modifications substantielles à certains, d'en mettre à jour d'autres et d'en supprimer certains. Pour les 51 articles ayant fait l'objet de modifications, il existe bien sûr un besoin d'amélioration et de renouvellement.
Dans ces conditions, l'opinion selon laquelle "presque tous les articles de la Constitution de 1982, à l'exception des quatre premiers, ont été modifiés, donc l'objectif d'une nouvelle Constitution est inutile" est un pur slogan vide, voire une déformation délibérée.
Cette Constitution, pire qu'une pièce rappiécée, ne convient en rien à notre nation noble et héroïque, qui a dit stop à chaque fois aux structures de tutelle créées par la Constitution du coup d'État de 1982 et qui a adopté la paix et la fraternité avec le processus d'une Turquie sans terrorisme malgré tous les obstacles. Il est important de souligner que la nouvelle Constitution n'est pas seulement un besoin, mais aussi une nécessité. »
UNE NOUVELLE CONSTITUTION COMME DEVOIR NATIONAL
« Couronner notre République avec une Constitution nouvelle et civile est le devoir de nous tous. Ce n'est l'affaire personnelle de personne, c'est notre affaire nationale à tous.
Il existe une Turquie qui, grâce aux mesures prises au cours du dernier quart de siècle, se développe chaque jour davantage vers une direction civile et démocratique, renforce sa capacité institutionnelle et devient une puissance mondiale avec ses initiatives dans l'industrie de défense nationale et locale.
En ces jours où le processus d'une Turquie sans terrorisme, qui place la nation au centre et protège et renforce le climat de paix et de fraternité de notre peuple, est sur le point d'atteindre son objectif, les fondations de la nouvelle Constitution seront certainement posées.
Il faut savoir que dans la nouvelle Constitution, qui sera préparée avec l'esprit de 2023 et conformément aux visions de 2053 et 2071, les lignes rouges sont : la nation turque, la citoyenneté turque, le turc comme langue officielle et seule langue d'enseignement obligatoire, la République, la structure unitaire, la laïcité et l'État de droit démocratique, en tant qu'acquis de notre lutte pour la libération nationale et l'indépendance ainsi que de notre expérience constitutionnelle. Il ne sera jamais permis de mener une politique d'exploitation sur ces sujets, ni de faire des déformations conscientes visant à jeter une ombre sur le processus. Une discussion sur une réglementation différente à ce sujet est de toute façon inacceptable.
De plus, les acquis de la démocratie et le système gouvernemental présidentiel sont des valeurs qui doivent être protégées. Le droit de vote effectif et la règle des 50+1 %, qui ont renforcé la volonté du peuple dans le fonctionnement du système, ne peuvent être modifiés contre la volonté du peuple. Le peuple ne permettra pas non plus de telles contre-manœuvres qui affaibliraient sa volonté.
La Constitution n'est pas une réglementation produisant directement des résultats exécutifs, mais essentiellement un système de garanties. Offrir cette garantie à nos enfants et à nos jeunes, qui sont l'avenir de notre pays, est notre devoir absolu. Il faut souligner qu'une Constitution dotée d'une perspective nationale, qui offre des garanties plus larges dans le cadre des droits et libertés adaptés à l'époque et qui prend des mesures contre les conceptions juridiques qui détruisent les valeurs fondamentales et contre les agressions néolibérales, est le besoin le plus important de notre nation. D'autre part, il ne faut jamais tomber dans le piège du « fétichisme de la liberté » dans la nouvelle Constitution qui portera encore plus loin le drapeau de la démocratie.
Avec la nouvelle Constitution, le besoin de renouveler le Règlement intérieur de la TBMM, la Loi sur les partis politiques et les lois électorales est également évident. Je tiens à préciser qu'en tant que Conseil des politiques juridiques, nous continuerons à apporter tout le soutien intellectuel nécessaire sur toutes ces questions.
Il faut souligner que les travaux effectués en ces jours où notre unité sociale se manifeste de la manière la plus forte ont une importance particulière. Il est du droit de chacun et en même temps un devoir national de contribuer aux travaux d'élaboration de la politique juridique visant une Constitution inclusive dans laquelle chaque membre de la Turquie se considère comme un élément essentiel. »
LA GRANDE MARCHE DE LA TURQUIE
« En cette période où il ne reste même plus de référence de règle et d'institution dans le monde, la force brute et l'absence de règles ont dominé la structure mondiale chaotique. Dans ces conditions, un système de règles fort et plus juste à développer avec la nouvelle Constitution offrira à la Turquie de nombreuses opportunités pour s'élever au sein du droit et avec le soutien du droit. En résumé, la Turquie entame sa grande marche. La nouvelle Constitution sera la force motrice de cette grande marche.
Nous sommes certains que tous les éléments de la nation turque, toutes les couches de la société turque et tous les groupes du peuple turc atteindront l'objectif en utilisant leur droit d'élaborer une nouvelle Constitution avec le pouvoir de la volonté constituante originelle. Et il apparaît encore une fois que lorsque la TBMM, qui est la volonté constituante représentative, élaborera la nouvelle Constitution au plus tard lors de la 29e législature, celle-ci sera acceptée avec un taux de vote très élevé lors du référendum auquel il sera obligatoirement fait appel. »
Source de l'actualité: 12punto