Déclaration du président de la Grande Assemblée nationale de Turquie, Numan Kurtulmuş, sur l'article 3 de la Constitution : « L'État n'a pas de territoire ni de nation »
Le président de la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMM), Numan Kurtulmuş, a fait des déclarations concernant les travaux sur la nouvelle Constitution. Soulignant que la plus grande force de la Turquie réside dans l'harmonie entre l'État et le peuple, M. Kurtulmuş a déclaré : « L'un des éléments fondamentaux assurant cette harmonie est sans aucun doute le système juridique et la Constitution, qui est le régulateur suprême de ce système. » Les propos les plus remarqués de M. Kurtulmuş, qui participait à ce programme il y a deux jours, ont porté sur l'article 3 de la Constitution.
Le discours prononcé par Numan Kurtulmuş à l'Université Gazi a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux. Insistant sur le fait que la Turquie a besoin d'une nouvelle Constitution, M. Kurtulmuş a ouvert le débat sur l'article de la Constitution dont la modification est interdite. M. Kurtulmuş a déclaré : « L'expression figurant dans la Constitution, selon laquelle "l'État turc est un tout indivisible avec son territoire et sa nation", doit être modifiée. »
« NOUS EXPOSERONS L'AVIS DE CHACUN »
Évoquant le processus d'élaboration de la nouvelle Constitution, M. Kurtulmuş a déclaré : « Il faut d'abord définir la méthode à suivre pour pouvoir ensuite discuter correctement des principes. Il est impératif de mener un processus transparent où chacun pourra exprimer son opinion et de diriger les négociations de manière authentique. Le rôle de la présidence de la Grande Assemblée nationale est de gérer ce processus de négociation transparent. »
NUMAN KURTULMUŞ : L'ARTICLE 3 DE LA CONSTITUTION DOIT ÊTRE MODIFIÉ
Les propos tenus par Numan Kurtulmuş, dans lesquels il évoque la modification de l'article 3 de la Constitution, ont fait polémique sur les réseaux sociaux. M. Kurtulmuş a déclaré : « L'essence de cet État est la nation. L'État existe pour bien gérer les affaires de la nation. Par exemple, l'expression "l'État turc est un tout indivisible avec son territoire et sa nation", qui semble banale, doit être modifiée si l'on adopte cette perspective. Car l'État n'a pas de territoire, l'État n'a pas de nation. Je pense qu'il est important de reconsidérer ce texte avec une "conception de l'État qui s'élève sur la force de la nation". »
QU'EST-CE QUE L'ARTICLE 3 DE LA CONSTITUTION ?
L'article 3 de la Constitution, remis au centre des débats par les propos de M. Kurtulmuş, est protégé par l'article 4 et définit l'intégrité de l'État, sa langue officielle, son drapeau, son hymne national et sa capitale. Cet article se lit comme suit :
III. Intégrité de l'État, langue officielle, drapeau, hymne national et capitale
ARTICLE 3- L'État turc est un tout indivisible avec son territoire et sa nation. Sa langue est le turc. Son drapeau, dont la forme est précisée par la loi, est le drapeau rouge à croissant et étoile blancs. Son hymne national est l'« İstiklal Marşı » (Hymne de l'Indépendance). Sa capitale est Ankara.
ENGİNYURT, ÖZDAĞ ET DERVİŞOĞLU ONT RÉAGI
Le vice-président du Parti démocrate, Cemal Enginyurt, a réagi aux propos de M. Kurtulmuş en ces termes :
« Tu as vu ça ! Il y aurait une faute d'orthographe dans l'article 3 de la Constitution et il faudrait le changer. Article 3 : "L'État turc est un tout indivisible avec son territoire et sa nation", dit-il. Monsieur Numan ! Qu'est-ce qui vous dérange là-dedans ? Il n'y a pas de faute d'orthographe, il y a une instruction venant du Palais. Les 4 premiers articles ne peuvent pas être modifiés. »
ÜMİT ÖZDAĞ : « SI CET ÉTAT S'EFFONDRE, NOUS SERONS TOUS ENSEVELIS SOUS SES DÉCOMBRES »
Le président du Parti de la Victoire (Zafer Partisi), Ümit Özdağ, a déclaré pour sa part :
« Il semble qu'ils vont procéder par étapes pour diviser le pays. Numan Kurtulmuş joue sur les mots. Pourtant, la formulation correcte est "L'État turc est un tout indivisible avec son territoire et sa nation".
L'État est composé d'une autorité supérieure, d'une nation et d'un territoire. C'est ainsi que tous les manuels de droit constitutionnel l'expliquent. Ceux qui ont écrit cela ont donc bien fait. Bien sûr, l'objectif est de proposer des modifications innocentes aux 3 premiers articles pour ensuite en vider totalement le contenu. Si cet État s'effondre, nous serons tous ensevelis sous ses décombres. Mais ce sont ceux qui dirigent et qui détruisent qui en pâtiront le plus. »
MÜSAVAT DERVİŞOĞLU : NOUS NE TOMBERONS PAS DANS CE PIÈGE
La tradition politique dont ils sont issus n'a aucune définition de l'État, de la nation ou de la patrie.
Ils sont hostiles à toutes les valeurs et institutions de la République de Turquie, qu'ils détestent et avec lesquelles ils n'ont jamais pu se réconcilier malgré leurs années au pouvoir.
Par les débats qu'ils cherchent à lancer sur la Constitution, ils veulent à la fois se créer une marge de manœuvre, donner de l'audace et du courage aux ennemis de l'État et de la nation, et s'en nourrir politiquement.
Nous ne tomberons pas dans ce piège !
« L'État turc est un tout indivisible avec son territoire et sa nation. »
POINT FINAL !..
Source de l'actualité : 12punto
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