Trouvez les actualités publiées dans la plage de dates ci-dessous
et et
et et
et et
Effacer
Euro
Arrow
55,9917
Dollar
Arrow
48,2574
Livre sterling
Arrow
65,3511
Or
Arrow
6983,9736
BIST 100
Arrow
14.359

L'accord de défense commune de La Mecque : pour qui et contre qui ?

Ne laisse pas l'algorithme choisir tes actualités, décide toi-même ce que tu lis. Ajoute 12punto à tes sources préférées !

L'Iran a annoncé ne pas avoir reçu d'invitation à rejoindre l'accord de défense commune de La Mecque, signé entre la Turquie, l'Arabie saoudite et le Pakistan. Téhéran a démenti les informations selon lesquelles il aurait été invité à adhérer au pacte. Toutefois, l'Iran a souligné l'existence de propositions visant à mener des discussions avec les trois États signataires sur des questions touchant à la sécurité collective régionale. 

L'Iran affirme d'une part ne pas avoir été invité à participer à l'accord, tout en déclarant d'autre part ne pas considérer ce pacte comme une initiative anti-iranienne. En un sens, il maintient ouverte la porte du dialogue et les canaux de communication, tout en soulignant l'importance de la sécurité régionale. 

Cependant, même si l'Iran exprime ces positions dans son discours officiel, il est clair que l'accord porte en réalité un contenu anti-iranien et repose manifestement sur une base anti-chiite. En effet, les trois États parties à l'accord de La Mecque sont sunnites. Il existe une rivalité historique et équilibrée entre la Turquie et l'Iran, deux des pays signataires. Bien que ces deux États soient en concurrence vive dans de nombreux domaines, et connaissent parfois des tensions, ils possèdent tous deux une expérience étatique, une mémoire historique et un bagage diplomatique solides. C'est un élément important qui empêche la rivalité et les tensions de se transformer en conflit ouvert. D'ailleurs, la frontière turco-iranienne est la plus ancienne de notre pays. Elle n'a pas changé depuis le traité de Qasr-i Shirin signé en 1639, à l'exception de quelques ajustements mineurs. 

Les relations entre le Pakistan et l'Iran sont également, en fin de compte, équilibrées, malgré les tensions sporadiques et même les échanges de tirs de missiles survenus en 2024. Les deux États, qui partagent 909 kilomètres de frontière commune, s'efforcent de développer leur commerce et de résoudre leurs problèmes par la négociation, même lorsqu'ils rencontrent des difficultés. Ils ne se considèrent pas mutuellement comme des ennemis, des menaces prioritaires ou des problèmes de survie nationale. 

L'Arabie saoudite, en revanche, perçoit l'Iran comme une menace majeure. Les deux États déploient des forces par procuration les uns contre les autres dans différentes zones géographiques et différents pays. L'Arabie saoudite souhaite que les États-Unis et Israël l'emportent face à l'Iran. L'Iran considère l'Arabie saoudite comme un collaborateur et un soutien des États-Unis et d'Israël. Entre ces deux États exportateurs de pétrole, outre la concurrence économique, géopolitique et stratégique, il existe également une rivalité arabo-persane et sunnite-chiite. 

Outre le fait d'être l'un des deux États les plus influents du monde arabe avec l'Égypte, l'Arabie saoudite, leader des pays arabes du Golfe, connaît également des tensions ces dernières années avec le Qatar et les Émirats arabes unis. Ni la Ligue arabe, ni l'Organisation de la coopération islamique, ni le Conseil de coopération du Golfe ne parviennent à résoudre ces développements entre les pays arabes du Golfe. Car aucune de ces trois organisations n'a d'efficacité, de prestige ou de pouvoir de dissuasion, non seulement dans le monde, mais même parmi ses propres membres. 

Les pays du Golfe, sous l'impulsion de l'Arabie saoudite, sont organisés au sein du Conseil de coopération du Golfe. Le Conseil a été fondé en 1981 par les Émirats arabes unis, Bahreïn, l'Arabie saoudite, Oman, le Qatar et le Koweït ; il compte 6 membres. En raison de la proximité géographique, des relations politiques, des conditions similaires, des régimes, de la culture, de la religion, de la langue et de la confession, certains, espérant que les relations, la coopération et l'intégration des 6 États pourraient aller plus loin, ont souhaité que le Conseil de coopération du Golfe aide à former la nation arabe que l'on cherche à créer. Mais jusqu'à présent, cela ne s'est pas produit. 

Si l'on considère les tensions que les pays membres du Conseil de coopération du Golfe vivent entre eux (comme la tension entre l'Arabie saoudite et le Qatar, celle entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ou l'embargo imposé au Qatar en 2017 par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis en raison de ses relations avec l'Iran et de son soutien au Hamas), on constate que le Conseil est loin de constituer une base pour une nation arabe ou d'évoluer vers une structure supranationale similaire à l'Union européenne ; il est même en deçà de ses objectifs initiaux. Le caractère autoritaire et répressif des régimes des pays membres contredit également les attentes de ceux qui fondent leurs espoirs sur cette organisation. Il est impossible que les pays membres soient des États-nations, des États démocratiques ou des États de droit tels que nous les comprenons. Dans leurs structures actuelles, il n'y a pas de place pour la souveraineté nationale, la volonté nationale, la conscience citoyenne ou l'appartenance nationale. Bien que les relations des gouvernements des 6 pays membres du Conseil avec les États-Unis et Israël suscitent des réactions de la part de la population, ces réactions ne se reflètent pas politiquement sur la gestion des pays. 

Enfin, il ne faut jamais oublier que les familles, les dynasties et les cadres qui dirigent les pays arabes du Golfe entretiennent, outre des relations avec les États-Unis, des liens étroits avec le Royaume-Uni depuis le passé jusqu'à aujourd'hui.