Comment s'est déroulée l'année 2023 dans le monde ?
L'année 2023, au cours de laquelle nous avons célébré le centenaire de notre République, a été témoin de changements rapides dans la politique mondiale. La guerre entre la Russie et l'Ukraine se poursuit. La brutalité d'Israël envers le peuple palestinien à Gaza continue. Les États-Unis et l'Europe soutiennent l'Ukraine et Israël.
2023 a également été une année importante pour montrer les limites de la puissance américaine. L'Arabie saoudite, malgré les États-Unis, a poursuivi son rapprochement avec la Russie et la Chine. De plus, elle a normalisé ses relations avec l'Iran. Et c'est la Chine qui a orchestré cette opération. Les États-Unis n'ont pas obtenu ce qu'ils espéraient en Syrie et en Iran. Ils n'ont pas pu empêcher l'élargissement des BRICS et de l'OCS. Bien qu'ils aient poursuivi leurs manœuvres visant à encercler la Chine depuis son voisinage immédiat avec des alliances comme l'AUKUS et le QUAD, ils n'ont pas obtenu les résultats escomptés. Ils n'ont pas non plus obtenu les résultats souhaités face à la Russie et à la Chine.
Les États-Unis, qui ont réussi à maintenir leur influence sur l'Europe, ont fait de la Finlande un membre de l'OTAN. L'adhésion de la Suède est également en cours. L'amélioration des relations de la Turquie avec l'Égypte, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis a également satisfait les États-Unis. Alors que les relations entre la Turquie et Israël s'amélioraient également, la brutalité exercée par Israël à Gaza a mis fin à ce processus. Les États-Unis ont également soutenu la normalisation entre la Grèce, qu'ils ont transformée en une grande base militaire, et la Turquie.
Malgré la puissance économique, technologique et industrielle de l'Union européenne, notamment celle de l'Allemagne, il est apparu une fois de plus qu'elle est très faible sur le plan militaire, politique et diplomatique, tant en Ukraine qu'à Gaza. L'Europe s'est alignée sur les États-Unis sur les deux fronts. Alors qu'elle attendait les directives des États-Unis et de l'OTAN, il est devenu évident que le projet d'« Armée européenne », parfois évoqué par l'Allemagne et la France, ne pourrait pas se concrétiser, du moins dans un avenir prévisible. L'Europe, restée silencieuse face aux froncements de sourcils des États-Unis demandant « Pourquoi avoir besoin d'une armée européenne alors que l'OTAN existe ? », a en outre reçu ce reproche des États-Unis : « Si vous avez beaucoup d'argent, commencez par augmenter vos paiements à l'OTAN ».
L'OTAN, au moment où la guerre froide touchait à sa fin, cherchait un nouvel ennemi et, dans ce cadre, énumérait les droits de l'homme, le désarmement, les courants radicaux, le terrorisme nucléaire, le trafic de drogue et la criminalité transfrontalière comme nouveaux domaines de mission. À cette époque, son existence était remise en question car elle ne trouvait pas d'ennemis de grande envergure pour remplacer le communisme et l'URSS. Mais cette situation n'a pas duré. L'OTAN, qui est l'instrument d'attaque et d'occupation des États-Unis, considère la Russie et la Chine comme des ennemis depuis des années. Cette situation est devenue encore plus certaine et claire en 2023.
L'année 2023 a également été une année qui a montré, peut-être pour la millième fois, que la Turquie ne pourra jamais être membre de l'Union européenne. Qu'avait dit l'Union européenne à la Turquie en 2004 ? Premièrement, le processus de négociation de la Turquie ne contient aucune garantie d'adhésion pleine et entière. Deuxièmement, même si les gouvernements et les parlements membres de l'UE acceptaient l'adhésion pleine et entière de la Turquie, tout pays souhaitant le faire peut soumettre l'adhésion de la Turquie à un référendum. Troisièmement, l'adhésion pleine et entière de la Turquie est étroitement liée à la capacité d'absorption de l'UE. Même si la Turquie devenait membre à part entière, la libre circulation des citoyens turcs pourrait ne pas être à l'ordre du jour immédiatement. Quatrièmement, même si la Turquie n'est pas admise comme membre à part entière, elle doit être étroitement liée aux institutions de l'UE. D'ailleurs, les négociations entre la Turquie et l'UE, qui sont au point mort, étant de toute façon symboliques même si elles reprenaient, personne n'est optimiste quant à l'adhésion.
En résumé, 2023 a été une année où le chaos, la violence et la tension ont prévalu dans la politique étrangère. S'attendre à ce que le tableau change pour 2024 serait faire preuve d'un optimisme excessif. La concurrence acharnée entre les grandes puissances, notamment les guerres par procuration, se poursuivra en 2024.