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Les dogmes libéraux qui ont fait s'effondrer l'économie et la Turquie

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Publié: 13.01.2024 06:00

La pauvreté croissante dans notre pays et dans le monde, le fossé social qui se creuse et l'écart qui s'élargit entre riches et pauvres ont brisé les dogmes liés au libéralisme. Cela a permis une remise en question plus vigoureuse de la mondialisation. Cependant, à ce stade, aucun mouvement politique puissant, favorable au travail, à l'égalité, à l'indépendance, éclairé et anti-impérialiste n'a émergé. Aucune alternative de pouvoir n'a pu être créée. La gauche, incapable de se libérer de l'influence du libéralisme et de renoncer à la politique identitaire, tout comme en Turquie, n'a pas réussi à susciter l'enthousiasme chez les travailleurs, les pauvres et les larges masses populaires. 

Pourtant, si l'on avait commencé par défendre des politiques populaires et étatistes dans les services publics fondamentaux, notamment l'éducation et la santé, sans se soucier de ce que « les autres pourraient dire », et en les exprimant haut et fort, on aurait fait beaucoup de chemin. Cela n'a pas été fait. 

Alors qu'il fallait s'opposer aux privatisations, et surtout s'opposer sur le fond et sur la forme à la privatisation d'entreprises créatrices d'emplois, génératrices de profits élevés, productrices de valeur ajoutée et d'importance stratégique, produire des politiques du type « nous ferons les privatisations mieux, nous les ferons de manière plus transparente, nous ne les vendrons pas au rabais mais à leur juste prix » n'a pas donné les résultats escomptés. 

En somme, bien que la politique de « réduction de l'État », qui ne quittait pas les lèvres de Turgut Özal et qui a profondément influencé un large spectre dans notre pays, des islamistes aux nationalistes, du centre-droit aux sociaux-démocrates, ait fait faillite, personne n'a osé le dire ouvertement en politique. 

C'est pourquoi notre pays, depuis le 24 janvier 1980, suit, selon la définition de nos professeurs Bilsay Kuruç et Korkut Boratav, un programme économique unique, quel que soit le parti au pouvoir. 

Pourtant, il n'est pas nécessaire d'aller bien loin : si l'on étudiait attentivement les causes de l'effondrement économique de l'Empire ottoman, on comprendrait très bien ce qu'il ne faut pas faire, et en lisant attentivement les succès économiques de la période de la jeune République, on comprendrait ce qu'il faut faire. 

Par exemple, comme on le sait, le secteur du tabac et des cigarettes dans l'Empire ottoman était aux mains des Français. Les voies maritimes étaient exploitées par les Italiens, les Britanniques et les Grecs. Dans les chemins de fer, les entreprises britanniques, allemandes et françaises étaient au premier plan. 

Nous connaissons par l'histoire le Décret de Mouharrem de 1881 (établi sous le règne du Sultan Abdülhamid II, conformément aux demandes des créanciers, pour réguler le remboursement de la dette suite à l'incapacité de l'État à honorer ses dettes intérieures et extérieures), ainsi que l'Administration de la Dette Publique Ottomane (Düyun-u Umumiye) créée en vertu de ce décret. Nous savons que les impôts collectés étaient saisis. Nous savons que cette administration s'est imposée comme un véritable État dans l'État. Le plus douloureux est de savoir que l'Italie a financé la guerre de Tripoli grâce à un emprunt contracté auprès de l'Administration de la Dette Publique, c'est-à-dire que l'État ottoman a financé l'Italie, avec ses propres revenus, dans la guerre qu'elle lui a déclarée. 

Le traité commercial anglo-ottoman de 1838 (Traité de Baltalimanı) est l'une des dates importantes de l'effondrement économique et politique de l'Empire ottoman. L'année suivante, l'Édit de Tanzimat est promulgué. Pendant la guerre de Crimée (1853 – 1856), l'Empire ottoman contracte son premier emprunt extérieur en 1854. En 1856, l'Édit de réforme (Islahat Fermanı) est proclamé. Nous connaissons la suite… 

C'est pourquoi, lorsque l'on parle d'économie libérale, d'économie de marché libre, de marché ouvert ou de suppression des douanes, nous pensons à la dépendance extérieure, au statut de semi-colonie, à l'appauvrissement du peuple et au pillage des ressources publiques.

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