La même mentalité, juste une nuance différente !
En réalité, nous ne sommes pas si différents les uns des autres...
Le blanc et le noir, le bien et le mal, le riche et le pauvre, le rural et l'urbain, l'instruit et l'illettré...
Le pouvoir et l'opposition...
On se dit « comment est-ce possible ? » et on se tourne vers l'autre camp, pour constater que l'autre fait quelque chose d'encore plus absurde que ce que l'on reprochait au premier.
Comme un ballon dont on a lâché l'embout, nous nous dégonflons et volons en zigzaguant dans tous les sens.
Mais si vous leur demandez, tout le monde prétend tout savoir mieux que quiconque.
Cela fait trois jours que je suis à Bodrum, la station balnéaire touristique de la Turquie.
Je passe outre la cherté de la vie. Après avoir vu les scandales qui s'y déroulent, j'ai mieux compris pourquoi les touristes locaux se tournent vers les îles grecques et pourquoi les touristes étrangers ont déserté les lieux.
Dans la plus grande station balnéaire de Turquie, Bodrum, il n'y a pas d'eau !
Ne venez pas me raconter des mensonges sur le réchauffement climatique, la pénurie d'eau ou la sécheresse. Il n'y a pas d'eau pour se doucher, de l'eau tout court...
D'ailleurs, le problème d'eau existait déjà l'année dernière et l'année précédente à Bodrum.
Bien sûr, dans les hôtels de luxe de Bodrum et dans les quartiers où vivent les riches, un tel problème n'existe pas !
Hier, en voyageant d'Akyarlar vers Karaincir, j'ai été témoin de l'explosion d'une canalisation d'égout devant un hôtel. Les clients de l'hôtel tentaient de sauver leurs voitures des eaux usées qui s'échappaient de la canalisation. Dans une zone où l'odeur était insoutenable, trois ou quatre gendarmes tentaient de diriger la circulation.

Mais il n'y avait aucune équipe sur place pour effectuer des travaux.
Quatre heures plus tard, en revenant, la route était fermée et la circulation était déviée par un autre quartier, la voie où se trouvait l'hôtel étant bloquée.
Pas d'eau, une station balnéaire aux infrastructures jamais terminées et qui pue les égouts...
Les routes sont en mauvais état.
Tout le monde se rejette la faute. La municipalité accuse le gouvernement, le gouvernement accuse l'administration locale. Mais la population de Bodrum et les touristes sont plongés dans la saleté...
Dans ce contexte, Ahmet Aras, qui a été maire de Bodrum lors du mandat précédent et qui a été élu maire de la municipalité métropolitaine de Muğla lors de ces élections, a fait une proposition incroyable.
Un projet digne de « Zihni Sinir » (Géo Trouvetou) !
Le maire de la municipalité métropolitaine de Muğla, Ahmet Aras, a suggéré : « Que le touriste qui vient ici paie une redevance en tant que frais d'utilisation pour les dommages qu'il cause à la ville ».
Il a même ajouté : « Nous travaillons là-dessus et nous le présenterons bientôt à notre ministère de l'Environnement, de l'Urbanisation et du Changement climatique ou à notre ministère du Trésor et des Finances ».
J'applaudis. Être incapable de faire ce qu'il faut dans un district qui a tant de problèmes, pour ensuite proposer d'instaurer une taxe touristique, c'est tout à fait dans notre manière de faire...