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Accueil > Auteurs > Taner Bildik > Les Syriens sont-ils partis pour de bon ?

Les Syriens sont-ils partis pour de bon ?

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Publié: 11.12.2024 06:00

Le régime baasiste, vieux de 61 ans, s'est effondré en seulement un week-end…

En un clin d'œil, la capitale Damas est tombée en Syrie et Bachar el-Assad a fui vers la Russie avec des fonds.

Les journaux et les télévisions ont diffusé des images du retour des Syriens de Turquie vers Damas. Il y avait des images de ceux qui prenaient la route en convoi pendant la journée. Les photos de nuit sont encore plus intrigantes. Un flot de lumières formé par les voitures…

Tous les véhicules sont immatriculés en Turquie… Beaucoup sont des voitures de luxe…

Les réfugiés syriens, arrivés autrefois pieds nus, repartent dans des voitures de luxe.

Mais il n'y a ni valise ni remorque dans les voitures, rien du tout ; comme s'il ne s'agissait pas d'un retour définitif !

Espérons qu'ils ne ramènent pas leurs cousins en revenant en Turquie… Car abandonneraient-ils du jour au lendemain un pays où ils vivent depuis des années, où ils ont construit une vie, ouvert des commerces, s'y sont installés et gagnent même mieux leur vie que dans leur propre pays ?

En d'autres termes, la probabilité qu'ils reviennent chercher les proches ou les biens qu'ils ont laissés derrière eux semble plus plausible qu'un retour définitif.

Même ceux qui ne sont pas partis avec leurs voitures personnelles sont partis avec un simple sac à dos. De plus, on observe que ce sont davantage des hommes seuls, et non des familles, qui traversent la frontière vers la Syrie. Le retour est donc certain, mais la manière dont ils reviendront reste une inconnue.

Pour aborder un autre aspect de la question, la véritable guerre civile en Syrie ne fait que commencer.

On ne sait pas en combien de parties la Syrie sera divisée. Il est indéniable que cette partition entraînera de nouvelles vagues migratoires.

La Syrie est actuellement à un tel tournant que personne ne peut prédire ce qui se passera le long de nos 911 kilomètres de frontière.

Avec la chute de Damas, les forces israéliennes ont déjà franchi la zone tampon située sur le plateau du Golan et sont entrées sur le territoire syrien. Il a même été prétendu aujourd'hui qu'elles progressaient vers Damas. Israël a démenti, mais le Royaume-Uni et l'Allemagne, en tête, ont publié des condamnations, qualifiant cette avancée d'inacceptable.

Israël, les États-Unis, la Russie et même l'Iran… Ils ont tous leurs propres calculs. Mais quel est le nôtre ?

Est-ce, comme le dit Devlet Bahçeli, de distribuer des plaques d'immatriculation ou de se frotter les mains en espérant obtenir des contrats de construction ?

L'objectif prioritaire doit bien sûr être la sécurité de nos frontières. Car il est nécessaire de prévenir à la fois une nouvelle vague migratoire et l'implantation de groupes terroristes dans la région. Mais au-delà de cela, les contacts diplomatiques seront également cruciaux.

L'entrée d'Israël en Syrie quelques heures seulement après les événements, les plans de l'Iran et des groupes radicaux en Syrie, les bases russes en Syrie, les groupes soutenus par les États-Unis et la question de l'État kurde sur la table…

Ce ne sont pas des problèmes que l'on peut simplement regarder de loin. Ou qui sont moins importants que la peur qui règne dans l'opinion publique : « Si les travailleurs syriens partent, qui ferons-nous travailler à bas prix ? »

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré que « le peuple syrien est confronté à une opportunité historique ». C'est un constat juste. Le peuple syrien, qu'il soit turkmène, kurde, sunnite ou alaouite, doit prendre son pays en main et s'unir. Bien que cela semble très difficile, ils n'ont pas d'autre alternative s'ils veulent laisser un pays sur la carte aux générations futures. Car dans la fosse aux loups, les assiettes ont déjà été distribuées… Les loups frappent sur la table avec leurs couverts.

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