Déclaration de l'avocat Ersöz sur la garde à vue de l'animateur et de l'invité de « Soğuk Savaş » : « Flou et imprévisible »
L'avocat Hüseyin Ersöz, évaluant la pression judiciaire croissante sur la liberté d'expression, particulièrement ces dernières années, a déclaré : « Abandonner ces pratiques judiciaires ouvrirait la voie à la protection des principes démocratiques et au développement de la liberté d'opinion. Une approche contraire sert à renforcer une structure totalitaire. »
Une décision de garde à vue a été prise à l'encontre de Boğaç Soydemir, animateur de l'émission intitulée « Soğuk Savaş » diffusée sur YouTube, et de son invité, Enes Akgündüz.
Le parquet général d'Istanbul est intervenu en raison de propos tenus dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux sous le nom de « Soğuk Savaş ». Le parquet a ouvert une enquête d'office, estimant que les propos contenus dans ce contenu pourraient constituer le délit d'« incitation à la haine et à l'hostilité envers le public ou dénigrement ».
« ADOPTE UNE APPROCHE RESTRICTIVE »
L'avocat Hüseyin Ersöz, dans une évaluation publiée sur son compte de réseau social, a déclaré que si de telles décisions d'enquête et d'arrestation sont devenues fréquentes ces dernières années, cette situation découle du fait que les juristes adoptent une approche « restrictive des libertés ».
« Depuis deux ans, nous sommes très souvent confrontés à ce type de décisions d'enquête, de garde à vue et d'arrestation. Cette situation découle du fait que les juristes adoptent une approche non pas « d'élargissement des libertés », mais « restrictive des libertés ».
Pourtant, la critique préserve les liens sociaux, renforce le respect entre les individus et construit une structure étatique solide. De telles interventions, en particulier dans le domaine des humoristes, constituent une ingérence disproportionnée dans la liberté d'expression.
Malheureusement, le délit d'incitation à la haine et à l'hostilité envers le public crée un domaine flou et imprévisible. Les autorités judiciaires interprètent souvent ce délit de manière « très large », l'appliquant de façon à inclure les critiques sévères, les propos grossiers, les déclarations dérangeantes et l'humour.
En intervenant même dans des domaines humoristiques qui devraient simplement faire sourire, les autorités judiciaires, par la « répercussion publique » de l'affaire, provoquent une diffusion encore plus large d'événements dont personne (comme moi) n'avait connaissance. Abandonner ces pratiques judiciaires ouvrirait la voie à la protection des principes démocratiques et au développement de la liberté d'opinion. Une approche contraire sert à renforcer une structure totalitaire.
Le système judiciaire doit toujours être en faveur de l'élargissement des libertés et avoir pour objectif de protéger l'individu contre les pratiques totalitaires de l'État. Sinon, il continue de donner une image contradictoire avec sa raison d'être. »
Source de l'actualité: 12punto
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